La Tapisserie de l’Apocalypse d’Angers, chef-d’œuvre du XIVe siècle classé au patrimoine mondial de l’Unesco, demeure l’un des ensembles médiévaux les plus impressionnants conservés en Europe. Par son ampleur, par la densité de son iconographie, par la force symbolique de ses scènes, elle continue de nourrir la réflexion sur la représentation du chaos, de la chute et de la révélation.
C’est de cette fascination initiale qu’est née l’exposition « Apocalypse 1-14-21 », présentée du 25 avril au 11 octobre 2026 au prieuré de Vivoin. L’artiste peintre Burgart y dévoile l’intégralité d’une série réalisée sur quatre années de travail, directement inspirée par la Tapisserie de l’Apocalypse d’Angers. L’exposition rassemble un ensemble de peintures et de sculptures de très grand format, conçues pour dialoguer avec des architectures historiques et interroger la persistance d’un imaginaire médiéval dans la création contemporaine.
Une source médiévale à l’origine d’une recherche engagée sur quatre ans
Après une visite à la Tapisserie de l’Apocalypse d’Angers, Burgart évoque une fascination pour cette iconographie et pour la force de son dispositif narratif.
Depuis quatre ans, l’artiste développe une série de grandes peintures ayant pour thème l’Apocalypse, en écho direct à cette œuvre médiévale.
Ce travail s’inscrit dans la continuité d’un parcours déjà marqué par des expositions en France et à l’étranger, en galerie et en centres d’art. Avec « Apocalypse 1-14-21 », l’artiste ne présente pas une sélection d’œuvres isolées, mais un cycle cohérent, conçu comme un ensemble structuré et pensé pour être montré dans sa totalité.
Le titre de l’exposition renvoie à cette organisation interne : il souligne la construction sérielle du projet et suggère un découpage, une progression, un système de correspondances entre les œuvres.
L’exposition au prieuré de Vivoin constitue ainsi un moment de synthèse, où l’intégralité de la série est rendue visible.
Une exposition de très grande ampleur : formats, échelle et immersion
L’un des éléments les plus marquants du projet réside dans ses dimensions.
En effet, la série comprend :
– quatorze toiles de 2 mètres sur 2 mètres ;
– quatre toiles de 3 mètres sur 2 mètres ;
– une toile de 2 mètres sur 7,5 mètres ;
– vingt-deux toiles de 1,5 mètre sur 0,5 mètre ;
– quatre sculptures de 2 mètres de haut.
Ces données ne relèvent pas de l’anecdote. Elles structurent la perception même de l’exposition. La toile de 2 mètres sur 7,5 mètres impose une horizontalité qui n’est pas sans rappeler la logique de déploiement de la tapisserie médiévale. Les quatorze grands carrés de 2 mètres sur 2 mètres instaurent une frontalité massive.
Les formats de 3 mètres sur 2 mètres introduisent des variations d’échelle, tandis que les vingt-deux toiles plus étroites créent un rythme séquentiel, proche d’un déroulé narratif.
Les quatre sculptures de 2 mètres de haut prolongent cette réflexion dans le volume. Elles inscrivent la thématique apocalyptique dans l’espace tridimensionnel et renforcent la dimension immersive de l’ensemble.
Le choix du grand format constitue ici un enjeu central : il ne s’agit pas simplement de représenter l’Apocalypse, mais d’en restituer l’intensité et la portée spatiale.
L’échelle des œuvres engage le corps du visiteur et modifie le rapport au lieu.
Le prieuré de Vivoin : un cadre historique comme espace de confrontation
L’exposition se tient dans un lieu chargé d’histoire : le prieuré de Vivoin. Ce choix n’est pas neutre. Il participe à une volonté affirmée de faire dialoguer peinture contemporaine et architecture patrimoniale.
Installer une série inspirée d’une œuvre médiévale dans un site historique revient à créer une tension entre différentes temporalités. Les murs anciens accueillent des formes actuelles qui, elles-mêmes, renvoient à l’imaginaire.
Cette superposition de strates historiques constitue l’un des axes de lecture possibles de l’exposition.
Le lieu n’est donc pas un simple contenant : il devient un élément actif du projet.
La monumentalité des œuvres trouve dans l’architecture du prieuré un espace à sa mesure, capable d’accueillir des formats hors norme et de soutenir un parcours immersif.
Une ambition de circulation dans les lieux patrimoniaux en France
Au-delà de cette présentation au prieuré de Vivoin, le projet porte une ambition précise : faire vivre l’exposition dans des lieux historiques, partout en France.
La série « Apocalypse 1-14-21 » a été pensée pour s’inscrire dans des architectures patrimoniales et pour dialoguer avec des sites à forte identité.
Cette perspective intéresse directement les collectionneurs d’art, les galeries, les directions régionales des affaires culturelles (DRAC), les fonds régionaux d’art contemporain (FRAC) ainsi que les élus en charge de la culture. L’exposition se présente comme un projet structuré, adaptable à différents contextes historiques, et susceptible de nourrir une réflexion sur le rapport entre patrimoine et création contemporaine.
En réunissant des peintures de très grand format et des sculptures monumentales autour d’un thème aussi chargé que l’Apocalypse, Burgart propose un dispositif artistique capable d’investir durablement des lieux marqués par l’histoire.
Une actualité structurante dans le parcours de l’artiste
« Apocalypse 1-14-21 » constitue une étape importante dans le parcours de Burgart. Après quatre années consacrées à ce cycle, l’exposition du 25 avril au 11 octobre 2026 en offre la première présentation d’envergure dans un lieu patrimonial. Le commissariat de l’exposition est assuré par la galerie Artistic Red Dot.
Le projet ne repose pas sur un effet d’annonce, mais sur la cohérence d’un travail au long cours. L’inspiration puisée dans la Tapisserie de l’Apocalypse d’Angers ne se limite pas à une citation formelle : elle a servi de point de départ à une recherche approfondie sur la représentation, la narration visuelle et l’échelle monumentale.
En réunissant ces toiles et sculptures, l’artiste affirme une volonté de donner à voir un ensemble complet, pensé comme un cycle et non comme une juxtaposition d’œuvres.
En savoir plus
Site web : https://www.danielle-burgart.com
Exposition : « Apocalypse 1-14-21 »
Lieu : Prieuré de Vivoin, 72170 Vivoin
Dates : du 25 avril au 11 octobre 2026




