Il y a des familles où l’on transmet des recettes, des maisons, des photos jaunies. Et puis il y a celles où l’on transmet aussi ce qui n’a jamais été dit : une peur, une blessure, une loyauté invisible, une manière d’aimer ou de se taire.
Quand la maladie s’invite, ces héritages enfouis remontent souvent à la surface.
Le parent que l’on croyait connaître devient un être à redécouvrir.
Les enfants deviennent aidants.
Les sœurs doivent apprendre à porter ensemble ce que chacune a vécu séparément.
Avec Ne pas me regretter, publié chez Librinova le 3 avril 2025, Fanny Diallo signe un premier roman qui explore cette matière intime avec une rare délicatesse : la famille comme lieu d’amour, de mémoire, de secrets et de possible réparation.
À travers Cyntia, quadragénaire, mariée et mère de trois enfants, l’autrice raconte l’accompagnement d’un père atteint d’une maladie dégénérative, mais aussi la grande enquête intérieure d’une femme qui comprend que l’on ne construit pas son avenir sans regarder ce que l’on a reçu.
Un père qui décline, deux sœurs qui tiennent, une mémoire qui se rouvre
Au départ, il y a une situation concrète, presque ordinaire tant elle concerne de nombreuses familles : Jean-Claude, père de Cyntia et Lucie, perd peu à peu son autonomie. Atteint d’une maladie dégénérative, il a longtemps refusé l’aide de ses filles. Désormais, le réel ne lui laisse plus cette possibilité.
Cyntia et Lucie doivent alors faire face. Organiser, accompagner, décider, supporter. Mais Ne pas me regretter ne s’arrête pas à la mécanique du soin. Le roman montre ce qui se joue derrière les gestes : les crispations anciennes, les souvenirs qui reviennent, les places de chacune dans la fratrie, les blessures que l’on croyait digérées parce qu’elles n’étaient plus nommées.
La maladie devient le point d’entrée d’un récit plus vaste. Elle ne détruit pas seulement les repères du présent ; elle éclaire ce qui était déjà là, sous la surface. En accompagnant son père, Cyntia remonte le fil d’une histoire familiale où les silences ont parfois parlé plus fort que les mots.
Une fresque intime, de Paris à Lyon, avec l’Auvergne pour racine
Le roman déploie son récit de Paris à Lyon, en passant par l’Auvergne, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours. Cette traversée donne à Ne pas me regretter une dimension de fresque familiale, sans jamais perdre son ancrage émotionnel.
Chaque génération porte son lot de joies, de peines, de choix et de renoncements. Rien n’est figé, rien n’est simplifié. Fanny Diallo observe la famille comme une matière vivante : parfois tendre, parfois rugueuse, toujours traversée par ce que les précédents ont laissé aux suivants.
C’est l’un des grands intérêts du livre : il ne raconte pas seulement “une famille”. Il interroge ce que toute lignée dépose en chacun de nous. Le sang, les souvenirs, les récits, les manques, les colères, les fidélités. Ce que l’on reçoit sans l’avoir demandé. Ce que l’on répète sans le savoir. Ce que l’on peut, peut-être, transformer.
Cyntia comprend peu à peu l’importance de ses racines. Non pour s’y enfermer, mais pour ne plus avancer à l’aveugle. Le roman pose alors une question simple et puissante : ne sommes-nous pas tous les maillons d’une chaîne infinie ?
Cyntia, une héroïne du quotidien face à l’héritage invisible
Cyntia n’est pas une héroïne spectaculaire. C’est précisément ce qui la rend forte. Elle est une femme prise dans plusieurs vies à la fois : fille d’un père malade, sœur de Lucie, épouse, mère de trois enfants, adulte confrontée à sa propre mémoire.
À travers elle, Fanny Diallo donne une voix à toutes celles qui tiennent, qui organisent, qui rassurent, qui absorbent, parfois au risque de s’oublier. Le livre s’adresse particulièrement aux femmes de plus de 30 ans, mais aussi aux malades, aux aidants, aux familles et aux associations d’aidants, car il met en récit une réalité souvent vécue dans le silence : la charge émotionnelle de l’accompagnement.
Ce roman parle de maladie, mais il parle aussi de lien. De ces liens qui fatiguent autant qu’ils soutiennent. De ces liens que l’on voudrait parfois fuir, mais qui continuent de nous définir. De ces liens que l’on peut réinventer lorsque l’on accepte enfin de les regarder en face.
Là où le roman se distingue : la maladie n’est pas le sujet, elle est la porte
Ne pas me regretter se différencie par son approche. La maladie dégénérative de Jean-Claude n’est pas traitée comme un simple ressort dramatique. Elle est une porte d’entrée vers ce qui se transmet dans les familles : les silences, les blessures, les secrets, mais aussi l’amour et le désir de transmettre le meilleur aux enfants.
Le roman avance sur plusieurs lignes sensibles :
- L’accompagnement d’un parent qui perd son autonomie ;
- La relation entre deux sœurs face à une responsabilité commune ;
- La mémoire familiale, de la Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui ;
- La manière dont les blessures anciennes ressurgissent dans le présent ;
- La liberté de réécrire son histoire sans renier ceux qui l’ont précédée.
Inspiré de certains faits réels, le livre trouve sa force dans cette proximité avec l’expérience vécue. Il parle aux familles parce qu’il ne les idéalise pas. Il les montre dans leur vérité mouvante : les tensions, les attachements, les maladresses, les trahisons, les élans, les réparations possibles.
Fanny Diallo, une autrice qui écrit depuis l’endroit même où elle accompagne
Fanny Diallo est écrivaine, poète, travailleuse sociale, relaxologue et mère de trois enfants. Son premier roman est indissociable de ce parcours. Elle écrit comme elle accompagne : avec douceur, justesse et attention aux fragilités humaines.
Depuis l’enfance, l’écriture est pour elle une évidence. Elle écrit pour déposer, comprendre, transformer. Des mots griffonnés sur un bout de papier, une serviette récupérée au détour d’un dîner, une note dans son téléphone ou dans ses carnets : l’écriture l’accompagne depuis toujours, comme une manière de digérer les expériences de la vie et d’en chercher le sens.
La quarantaine passée, elle s’offre une année sabbatique pour écrire ce roman enfoui en elle depuis vingt ans. Ce geste donne à Ne pas me regretter une densité particulière : le livre n’est pas né d’une opportunité éditoriale, mais d’une nécessité intérieure. Il prolonge une démarche déjà présente dans son métier de travailleuse sociale : écouter les histoires de famille, percevoir ce qui se joue derrière les mots, reconnaître les blessures sans réduire les personnes à leurs failles.
Ses connaissances en relaxation, en naturopathie et son cheminement personnel nourrissent également son écriture. Le roman devient alors une invitation à métamorphoser les difficultés en potentialités, à regarder ce que l’on porte, à semer en soi des graines pour se retrouver.
Un premier roman pour celles et ceux qui veulent comprendre d’où ils viennent
Avec Ne pas me regretter, Fanny Diallo souhaite faire connaître son premier roman et rassembler une communauté de lecteurs qui pourra la suivre dans ses futurs projets d’écriture. Cette première publication installe déjà un territoire littéraire identifiable : la famille, l’émotion, la transmission, les blessures invisibles et la reconstruction.
Le livre ne cherche pas à donner de leçon. Il invite plutôt à entrer dans une histoire, à vibrer avec ses personnages, à reconnaître quelque chose de soi dans leurs doutes, leurs peurs, leur amour, leurs contradictions. Il rappelle que l’on ne choisit pas toujours ce dont on hérite, mais que l’on peut choisir ce que l’on en fait.
Ne pas me regretter est ainsi un roman sur la maladie, mais aussi sur la vie qui circule malgré elle. Un roman sur ce qui pèse, mais aussi sur ce qui relie. Un roman sur la famille, non comme refuge parfait, mais comme matière première de toute construction de soi.
Informations pratiques
Ne pas me regretter, de Fanny Diallo
- Éditeur : Librinova ;
- Date de publication : 3 avril 2025 ;
- Langue : français ;
- Nombre de pages de l’édition imprimée : 488 pages ;
- ASIN : B0F42M1C2N ;
- ISBN-13 : 979-1040574484.
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