Le luxe s’est longtemps construit sur la visibilité : reconnaître une maison, identifier un objet, afficher une appartenance.
OSZI prend le contre-pied de cette logique. Maison parisienne de haute maroquinerie, indépendante et familiale, elle ne montre pas ses créations en ligne, n’est présente dans aucune boutique et ne propose pas d’accès direct à ses pièces.
Elles se découvrent dans des expériences privées, souvent au sein de palaces, dans un cadre personnalisé et confidentiel.
Avec Being Rather Than Appearing, premier court-métrage de la Maison réalisé par Valentin Ecochard, OSZI met en scène sa vision : un luxe qui ne cherche pas à être vu partout, mais à être rencontré au bon moment, par les bonnes personnes.
Un film manifeste pour une Maison qui refuse l’exposition permanente
Being Rather Than Appearing est né dès les premières heures d’OSZI.
Le film traduit une idée simple et pourtant fondamentale : chez OSZI, l’objet ne s’impose pas à la vision. Il doit se mériter, se découvrir par une relation. Cette conviction irrigue le film.
À l’heure où le luxe multiplie les points de contact, accélère sa visibilité et cherche à être vu par le plus grand nombre, la Maison emprunte une direction opposée. Elle maîtrise qui peut découvrir ses créations, qui peut les approcher et qui peut les ressentir.
OSZI ne cherche pas à multiplier les points de contact. Elle maîtrise au contraire les conditions de la découverte : qui peut voir, approcher, ressentir ses créations.
Une femme aveugle face à un sac qui se dérobe
Le court-métrage suit une femme aveugle dans un décor difficile à situer. Le spectateur ne sait ni où il se trouve, ni à quelle époque. Quelques éléments construisent l’atmosphère : une voiture blanche, un château isolé, une canne d’aveugle, quelques mots en hongrois.
La protagoniste s’approche d’une voiture immobile. À l’intérieur, une création OSZI semble protégée comme un trésor dans un coffre. La voiture devient la métaphore du présentoir emblématique de la Maison.
Commence alors un jeu de poursuite. Le sac apparaît puis disparaît. Il se rapproche avant de se dérober. Il joue avec elle comme un amant joue avec le désir. Il n’est pas présenté frontalement. La femme ne peut pas le voir ; elle contourne le véhicule, effleure sa carrosserie, en explore chaque détail. Son rapport à l’objet devient instinctif, tactile, presque charnel. Elle sent sa présence sans parvenir à le saisir pleinement.
Ce choix donne au film sa force : le spectateur ne découvre pas l’objet. Il découvre une relation.
Retirer la vue pour parler plus justement du désir
Le choix d’une héroïne aveugle est au cœur du projet. Dans un secteur où la désirabilité passe presque toujours par l’image, OSZI pose une question directe : que reste-t-il du luxe lorsque l’on retire la vue ?
Le film répond en déplaçant l’attention vers d’autres perceptions : : le toucher, l’intuition, le son, la mémoire et l’imaginaire.
Le handicap devient un langage de mise en scène, qui permet questionner notre rapport à la visibilité, à la désirabilité et à la possession.
Cette démarche se retrouve aussi dans la fabrication du film : la direction sonore a été confiée à un collaborateur malentendant, dont la sensibilité aux vibrations et aux textures sonores a nourri l’univers auditif de l’œuvre.
ROSZI, la création derrière le film
Being Rather Than Appearing mythifie ROSZI, première création de la Maison. Ce sac porte un nom chargé d’histoire : il rend hommage à la grand-mère de la figure fondatrice « OSZI ».
ROSZI est conçu comme un manifeste. Chaque détail est poussé au plus haut degré d’exigence, de l’architecture de son coffre jusqu’au dernier maillon de sa chaîne.
Comme toutes les pièces OSZI, ROSZI s’inscrit dans un rythme volontairement lent. Chaque création est réalisée à Paris, entièrement à la main, par un seul artisan, et nécessite plusieurs semaines de travail. La Maison en produit un nombre très limité par mois
OSZI — La maison familiale de haute maroquinerie
L’histoire d’OSZI commence en 2023, lorsque Félix Tamas découvre une photographie de son arrière-grand-père hongrois, Oszkàr Engelmann, surnommé OSZI*¹. Un détail retient son attention : ses chaussures, parfaitement glacées. En se plongeant dans les archives, Félix comprend l’histoire d’un homme qui a choisi la liberté au prix de tout abandonner. Les femmes qui l’entouraient possédaient cette même force.
De cette découverte naît une obsession pour le cuir et l’envie d’honorer cette histoire familiale.
Chaque création OSZI est fabriquée à la main à Paris, par un seul artisan, sur plusieurs semaines. Elle arrive dans un véritable coffre-fort, lui-même une œuvre. OSZI grandit par les liens. Son logo dit tout : artisans, équipe, clients et partenaires forment un seul et même cercle de confiance.
Le hongrois entendu dans le court-métrage rappelle discrètement cette origine familiale. Rien n’est expliqué de manière appuyée. Comme les créations OSZI, le film laisse une part de silence et d’interprétation.
*¹ OSZI signifie “automne” en hongrois.
Une œuvre ouverte à l’interprétation
Réalisé par une équipe indépendante de passionnés, Being Rather Than Appearing a demandé plus d’une année de réflexion.
Le film emprunte parfois à la poésie, parfois au conte, parfois à la comédie. Cette tonalité apporte une légèreté rare dans les films de luxe. Elle permet à OSZI de rester fidèle à son principe : ne pas tout expliquer, ne pas tout montrer, ne pas réduire l’objet à une image.
Lorsque la rencontre entre la femme et le sac a enfin lieu, une phrase résume l’ensemble du récit : « Quand est-ce que je vais te revoir ? »
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