« Je sais ! La naissance sous X ou sous le secret ? C’est fini ! : Une réalité en 2027 ? »
Le livre Née sous X replace le droit aux origines au cœur du débat

La prise de conscience d’être né sous X peut survenir dès l’enfance ou bien plus tard. Pour Cathy Parry, elle a commencé très tôt, mais la quête des origines peut accompagner une personne toute sa vie. Avec Née sous X, elle invite à repenser la naissance sous le secret à travers le parcours de l’enfant et les réponses que la société peut lui apporter.

Publié aux Éditions Baudelaire, “Née sous X” retrace le parcours de Cathy Parry, née sous le secret, son combat pendant 50 ans pour retrouver ses origines et construire son identité. Aujourd’hui, l’autrice prolonge cette réflexion en plaçant au centre l’être en devenir et la responsabilité de la loi.

Son objectif : interpeller les médias, les institutions et les responsables politiques afin que le droit aux origines trouve enfin une place durable dans le débat public.

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L’être en devenir : regarder l’enfant avant l’adulte

Pour Cathy Parry, tout commence bien avant les démarches administratives. Elle s’est intéressée aux travaux consacrés à la vie intra-utérine afin de mieux comprendre et d’apaiser la souffrance qu’elle a elle-même vécue. Cette démarche lui a inspiré un texte récompensé par le prix de la jeunesse au Salon d’Ault en octobre 2025, une distinction d’autant plus chère à Cathy Parry qu’elle lui a été décernée par les élèves du village où elle a vécu.

Elle y imagine y décrit les pensées et le vécu d’un bébé, elle-même, confronté à un environnement chargé de tensions :

“La tension s’accentue au fil des jours, mon environnement est de plus en plus perturbé, confus, chaotique ; j’absorbe son questionnement, sa colère, son rejet…”

Puis :

“Je suis née !!! Je ne voulais pas, je crois ; mais je suis là ! Plus tôt que prévu !”.

(L’innocence d’un bébé, à la fois fort et fragile, qui se livre sans discernement, habité par une soif d’amour et de reconnaissance, par cette envie d’être aimé et désiré.)

A travers ces mots, Cathy Parry souhaite aborder un sujet peu connu, les études scientifiques sur la vie et le développement du fœtus qui sont en pleine accélération notamment en terme de perception in utero, du stress et les émotions et de l’interaction biologique entre la mère et l’enfant avec l’incidence du microchimerisme maternel, transfert des cellules . Elle a pu en bénéficier dans un programme médical.

Elle pose une question humaine : comment un enfant construit-il son identité lorsque son histoire commence par un déni, un rejet, une séparation sans contact humain et un transfert brutal dans un monde totalement inconnu, tout en étant privé de la possibilité de connaître ses origines ?

Naître sans nom de famille lié à son histoire biologique, sans antécédents médicaux accessibles, sans récit familial à transmettre, sans livret de famille correspondant à sa filiation ou sans carnet de santé complet, revient, selon elle, à commencer sa vie avec des repères différents.

L’enfant peut grandir auprès de personnes bienveillantes qui ne partagent pas cette expérience et peuvent en minimiser la portée. Il demeure également dépendant d’une adoption dont personne ne peut garantir la réussite. À l’école et dans la vie sociale, les quolibets, les questions sur les parents ou les ressemblances physiques, les difficultés de concentration, de confiance en soi ou de projection dans l’avenir peuvent renforcer le sentiment d’être différent.

Cette difficulté peut être accrue lorsque l’enfant est d’origine étrangère, non français ou confronté au racisme en raison de sa couleur de peau. Cathy Parry évoque alors la honte, le mal-être, la peur de ne pas être digne d’être aimé ou heureux, ainsi que le combat souvent solitaire pour retrouver ses origines.

On n’existe pas sans lien… Le retrouver permet d’exister…

Elle rappelle aussi que la Commission nationale consultative des droits de l’homme a relevé, chez les personnes concernées, des sentiments de manque, de souffrance, de trahison et de traumatisme durable.

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Connaître ses origines n’est pas être reconnu

L’un des messages essentiels de Née sous X consiste à distinguer deux notions souvent confondues.

Connaître ses origines ne signifie pas demander une filiation. Il s’agit d’accéder à son histoire personnelle, à des informations médicales, à son identité biologique et aux éléments nécessaires à la construction de soi, notamment les informations sur les circonstances de la fécondation, l’environnement familial, social, la région d’origine.

Cathy Parry constate également combien peu de personnes concernées osent spontanément parler de leur histoire. Lorsque le sujet est abordé, certaines expriment une souffrance longtemps cachée à leurs proches : le manque, le sentiment d’avoir été non désirées puis abandonnées, mais aussi ce besoin persistant de savoir d’où elles viennent.

Cathy Parry rappelle également que le père biologique ou la famille de la mère ne sont jamais informés, sauf rares exceptions, de l’existence de l’enfant et ne disposer d’aucune possibilité de faire valoir ce lien.

Une loi française toujours questionnée

À travers son livre, l’autrice interroge également les choix de la France.

Pourquoi les droits de l’enfant demeurent-ils répartis entre plusieurs ministères et plusieurs codes ? Pourquoi un dispositif issu d’une législation datant de 1941, sous le régime du maréchal Pétain, continue-t-il d’encadrer la naissance sous le secret ? Pourquoi les évolutions de la bioéthique permettent-elles désormais à certaines personnes de connaître l’identité d’un donneur sans offrir de réponse comparable aux personnes nées sous X ?

Cathy Parry estime que le Conseil national pour l’accès aux origines personnelles (CNAOP), créé en 2002, devrait évoluer. Elle plaide notamment pour que l’identité et les coordonnées de la mère soient systématiquement conservées afin que l’enfant puisse connaître ses origines, mais aussi disposer, lorsque cela est possible, d’éléments lui permettant de retrouver son environnement familial, notamment des informations sur sa famille d’origine, son histoire et l’existence éventuelle de frères et sœurs, comme cela se pratique plus largement dans différents pays européens.

Elle s’interroge aussi sur le recours aux tests ADN et sur le parcours imposé aux personnes nées sous X. Pourquoi un enfant devrait-il vivre pendant des années sans savoir d’où il vient, attendre sa majorité, puis engager des démarches spécifiques pour accéder à une information que d’autres possèdent naturellement dès leur naissance ? Pour Cathy Parry, cette différence de traitement revient à démarquer, cibler et fragiliser certains enfants dès leur entrée dans le monde.

Elle défend au contraire un accès automatique aux origines, avec la possibilité de connaître également l’existence éventuelle de frères et sœurs. Doit-on payer pour connaître son identité ? Et si la question était soumise directement aux Français, quelle serait leur réponse ?

Le recours aux tests génétiques soulève par ailleurs d’autres interrogations : le séquençage ADN est devenu un marché, avec les enjeux que cela implique en matière d’utilisation commerciale, de conservation et de sécurité des données personnelles.

Cathy Parry rappelle enfin que certaines études sociologiques et démographiques estiment qu’environ 10 % des enfants auraient un père biologique différent du père déclaré, une question qui alimente également les réticences entourant la généralisation des tests ADN.

Prévenir plutôt que réparer

Pour Cathy Parry, le débat ne peut se limiter à une réforme juridique.

Elle appelle à mettre en place une véritable campagne de sensibilisation, de prévention et d’information dans les établissements scolaires, les centres de planning familial, les structures de santé, la médecine du travail et, plus largement, dans tous les lieux susceptibles d’accompagner les personnes confrontées à une grossesse non désirée.

L’objectif serait de mieux faire connaître les solutions médicales, sociales et familiales existantes, mais aussi d’informer sur les conséquences possibles d’une naissance sous le secret.

Elle s’interroge également sur l’accompagnement des femmes étrangères venant accoucher sous X en France et sur les alternatives familiales ou sociales qui pourraient leur être proposées.

Cette démarche ne vise pas à juger les mères, mais à prévenir, informer et permettre des décisions pleinement éclairées, afin d’éviter que l’enfant devenu adulte ne doive porter seul, des années plus tard, les conséquences d’une histoire restée inaccessible.

Un débat à porter jusqu’en 2027

Cathy Parry rappelle que le droit de connaître ses origines est inscrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant et reconnu dans le droit de l’adoption, notamment à travers la jurisprudence européenne.

Elle considère que la France n’a pas réellement fait évoluer sa position sur la naissance sous le secret, contrairement à la majorité des pays européens, et regrette l’absence d’une volonté politique clairement affichée de changer cet état de fait. Sans opposer la souffrance des mères à celle des enfants, elle rappelle que, pour certaines personnes nées sous X, la blessure liée au manque d’origines peut rester présente toute une vie.

La naissance sous X concernerait entre 600 et 700 enfants chaque année, tandis qu’environ 400 000 personnes rechercheraient leurs origines. Pour l’autrice, ces chiffres montrent que le sujet ne peut être considéré comme marginal.

Après avoir sollicité plusieurs responsables politiques, organisations et institutions, dont l’UNICEF, et malgré des propositions et des échanges restés sans aboutissement, Cathy Parry espère que l’élection présidentielle de 2027 permettra enfin de faire émerger une volonté politique.

Elle cherche aujourd’hui un responsable politique, un journaliste, une personnalité, une fondation, une institution ou un média prêt à porter cette question.

Née sous X, un témoignage pour faire évoluer les regards

Fondé sur un vécu, un combat, une recherche de reconnaissance et une légitimité née de l’expérience, Née sous X dépasse le récit autobiographique.

L’ouvrage entend donner de l’espoir aux personnes concernées, les encourager à ne plus subir, à oser parler, à revendiquer leurs droits de citoyens et à croire qu’une évolution reste possible.

À travers cette nouvelle lecture de son livre, Cathy Parry souhaite que sa propre histoire contribue à davantage de justice et d’équité, afin que chacun puisse un jour comprendre d’où il vient.

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En savoir plus

Site web : https://www.editions-baudelaire.com/auteur/parry-cathy/nee-sous-x

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