Images inventées, des faux profils, médias trompés : Alexandre Moussier alerte sur la nouvelle fabrique de l’opinion publique

Une foule en colère. Un drapeau brandi. Une vidéo virale. Des comptes qui relaient massivement. Puis, parfois, des médias traditionnels qui reprennent l’image ou le récit.

Et si cette scène n’avait jamais existé ?

C’est cette question qu’explore Alexandre Moussier, consultant webmarketing freelance et fondateur de l’agence digitale NetSkipper.com, dans une analyse consacrée à la communication numérique autour de Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran.

À travers ce cas, il interroge un enjeu plus large : entre de mauvaises mains, l’IA, les bots et les réseaux sociaux peuvent-ils fabriquer une popularité, orienter l’opinion publique mondiale et tromper les circuits classiques de l’information ?

La propagande a changé de visage : elle ne crie plus, elle se partage

Pendant longtemps, influencer l’opinion supposait des moyens importants : chaînes de télévision, journaux, relais politiques, affichage, réseaux militants structurés. Aujourd’hui, quelques contenus visuels, des comptes automatisés et une stratégie de diffusion peuvent produire une impression de mobilisation massive.

Dans son analyse, Alexandre Moussier ne présente pas le cas Reza Pahlavi comme une simple controverse politique. Il y voit un signal d’alerte sur une transformation plus profonde de l’espace informationnel.

Le problème n’est plus seulement de savoir si une image est vraie ou fausse. Il est de comprendre comment une image, même suspecte, peut devenir crédible lorsqu’elle est relayée par une multitude de comptes, validée par l’engagement social, puis reprise dans des récits médiatiques.

Autrement dit, l’IA ne se contente pas de produire des contenus. Associée aux réseaux sociaux et aux bots, elle peut contribuer à fabriquer une atmosphère, une tendance, une impression de soutien populaire.

Reza Pahlavi : un cas d’étude pour comprendre la fabrique numérique d’une popularité

L’article publié sur NetSkipper s’appuie sur un cas précis : la montée en visibilité de Reza Pahlavi sur les réseaux sociaux.

Alexandre Moussier rappelle avoir travaillé entre 2014 et 2018 sur la communication social media de meetings de Maryam Rajavi à Villepinte. Il indique aussi avoir été sollicité, début 2026, pour un audit de communication portant sur Maryam Rajavi et plusieurs concurrents, dont Reza Pahlavi. Il précise que cette mission est terminée et que son analyse n’engage que lui.

Dans ce cadre, il dit avoir identifié plusieurs signaux inhabituels.

Le plus visible concerne Instagram : selon les données SocialBlade citées dans son article, le compte officiel de Reza Pahlavi aurait gagné 3,1 millions d’abonnés en douze jours, alors que sa progression sur Facebook serait restée inférieure à 10 000 nouveaux fans sur la même période.

Pour Alexandre Moussier, cet écart interroge : comment expliquer une telle croissance sans phénomène viral clairement identifiable ?

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La foule comme décor : quand l’IA fabrique les preuves visuelles de la mobilisation

La force de l’intelligence artificielle ne réside plus seulement dans sa capacité à produire une belle image. Elle tient désormais à sa capacité à simuler une preuve.

Alexandre Moussier estime qu’une partie des contenus relayés autour de Reza Pahlavi pourrait avoir été générée ou animée par IA. Il relève notamment des doigts incohérents, des écritures illisibles, des mouvements de foule étranges, des couleurs de drapeau instables ou encore des scènes déclinées sous plusieurs angles.

Dans son article, il pointe plusieurs détails :

  • Des doigts aux positions impossibles ;
  • Des mains incohérentes avec le geste représenté ;
  • Des écritures illisibles imitant l’alphabet persan ;
  • Des foules dont les mouvements semblent anormaux ;
  • Des couleurs de drapeau qui se déplacent ;
  • Des scènes similaires déclinées sous plusieurs angles ;
  • Des personnages dont la posture ou certains détails changent d’une version à l’autre.

Pour lui, ces détails montrent qu’une scène artificielle peut acquérir une valeur documentaire dès lors qu’elle est massivement diffusée.

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Le vrai danger : quand les médias traditionnels valident malgré eux une réalité artificielle

Le point le plus sensible de l’analyse concerne la circulation médiatique de ces contenus.

Lors des périodes de tension politique, l’accès aux images fiables peut être limité. La censure, la confusion, l’urgence journalistique et la pression du direct créent un terrain propice à la reprise de contenus difficiles à authentifier.

Dans ce vide visuel, une image spectaculaire peut aller très vite.

Alexandre Moussier affirme que certaines images ou vidéos qu’il juge suspectes auraient circulé via des comptes influents, puis été reprises ou intégrées à des récits médiatiques par plusieurs médias internationaux. Il cite notamment Tagesschau, France 24, Le Monde, la BBC, la RTBF, Le Point ou The Times.

L’enjeu n’est pas de désigner des coupables. Il est de montrer une vulnérabilité systémique : même les rédactions structurées peuvent être exposées à des contenus générés ou amplifiés artificiellement lorsque ceux-ci s’inscrivent dans une actualité chaude, une narration attendue et une pénurie d’images vérifiables.

C’est ici que l’alerte devient mondiale. Si une image artificielle peut franchir les réseaux sociaux, les comptes militants, les relais d’influence, puis les médias traditionnels, elle ne manipule plus seulement une audience numérique. Elle participe à la construction d’une perception collective.

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Couper le son, observer les détails : les nouveaux réflexes de vérification

Dans son article, Alexandre Moussier partage plusieurs réflexes d’observation pour identifier des contenus potentiellement générés par IA. L’un des plus simples consiste à couper le son d’une vidéo pour se concentrer uniquement sur les incohérences visuelles.

Les signaux à surveiller peuvent notamment concerner :

  • Les yeux, qui bougent ou changent de forme ;
  • Les doigts, souvent déformés ou mal alignés ;
  • Les textes, parfois illisibles ou instables ;
  • Les motifs, drapeaux ou vêtements qui se transforment ;
  • Les mouvements de foule incohérents ;
  • Les caméras trop stables dans des scènes supposément chaotiques ;
  • Les scènes de nuit ou les visages masqués, qui dissimulent les détails difficiles à générer.

Ces indices ne constituent pas toujours une preuve définitive. Mais ils permettent d’installer une vigilance indispensable : à l’ère des contenus génératifs, la vérification ne peut plus se limiter à l’origine apparente d’une image ou à son volume de diffusion.

NetSkipper : lire le web comme un territoire d’influence

Fondateur de NetSkipper, Alexandre Moussier accompagne les TPE, PME et indépendants dans leur visibilité en ligne : SEO, création de sites WordPress, webmarketing et réseaux sociaux. Consultant webmarketing freelance depuis 15 ans, titulaire d’un Master en webmarketing à l’ESSCA, il a commencé sa carrière en agence comme consultant SEO avant de devenir responsable social media. Il a également été formateur et enseignant à l’université de la Sorbonne Nouvelle.

Avec NetSkipper, il propose en partenariat avec 3 autres freelances d’accompagner les PME dans leur stratégie de communication digitale. Pour cela, il propose une prestation type : Créer la pierre angulaire de leur communication : le site Internet. (un site webperformant, avec un contenu optimisé pour ranker sur Google et une stratégie au service de la visibilité long terme de la société).

Son regard sur ce sujet repose sur une expertise concrète : comprendre comment un contenu gagne en visibilité, comment une audience se construit et comment certains signaux sociaux peuvent être manipulés.

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Ce que le cas Reza Pahlavi révèle de notre vulnérabilité collective

Le cas étudié par NetSkipper dépasse la question iranienne.

Il montre qu’une image peut convaincre avant d’être authentifiée. Qu’une popularité peut être perçue avant d’être vérifiée. Qu’un récit peut s’imposer avant même que son origine ne soit clairement établie.

Pour Alexandre Moussier, l’enjeu est désormais mondial : comprendre comment l’IA, les bots et les réseaux sociaux peuvent influencer l’opinion publique, jusqu’à tromper certains médias traditionnels.

Car demain, la question ne sera peut-être plus seulement : cette information est-elle vraie ?

Mais : qui a fabriqué l’image qui nous a fait y croire ?

En savoir plus

Site web : https://netskipper.com/

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