À Perpignan, écrire devient un acte de lucidité : Les Rencontres de la Création Littéraire Jeunesse s’imposent comme un laboratoire sensible de la pensée adolescente

Ils sont 160 lycéens à avoir choisi — ou accepté — de ralentir.

De s’extraire, pendant plusieurs mois, du flux continu des sollicitations, des réponses immédiates, des discours déjà prêts. Non pour produire davantage, mais pour produire autrement. Pour écrire à partir de ce qui résiste, de ce qui trouble, de ce qui ne se dit pas facilement.

Ce travail prend une résonance particulière dans un contexte où les fragilités adolescentes s’expriment de manière croissante.

Une étude Ipsos menée en 2022 indique qu’un adolescent français sur deux présente des symptômes d’anxiété ou de dépression, que 17 % évoquent des idées suicidaires, qu’un sur quatre n’a personne à qui parler, et que 31 % ont déjà été confrontés à des situations de cyberviolence.

Face à ces réalités, la question n’est plus seulement éducative : elle devient profondément humaine.

C’est dans cet espace, entre urgence silencieuse et nécessité de dire, que s’inscrit la deuxième édition des Rencontres de la Création Littéraire Jeunesse, qui se tiendra le 9 mai, de 14h à 17h, à l’Hôtel Pams à Perpignan.

Porté par Fantasy-Éditions et l’association Rêve de Fantasy, en partenariat avec la Ville de Perpignan et le C.M.L. (Centre Méditerranéen de Littérature) , l’événement propose une approche singulière : faire de l’écriture un acte structurant, à la fois personnel, intellectuel et social.

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Écrire pour ne pas se taire : quand la littérature devient un espace de mise en mots du réel adolescent

Les Rencontres de la Création Littéraire Jeunesse prennent appui sur une conviction simple mais exigeante : l’écriture peut constituer un levier de compréhension de soi et du monde. Elle ne se limite pas à une compétence scolaire, mais engage un rapport à la langue, à l’expérience, et à la pensée.

À rebours d’une approche descendante ou purement académique, le projet propose de partir de l’intérieur (de ce que les élèves ressentent, vivent, traversent) pour aller vers une forme construite. Ce déplacement n’est pas anodin : il redonne à l’écriture une fonction première, celle de dire ce qui ne trouve pas toujours sa place dans les cadres habituels.

Dans ce cadre, la littérature jeunesse n’est pas envisagée comme un genre mineur ou simplifié, mais comme un espace d’expression pleinement légitime, capable d’accueillir des récits complexes, des tensions sociales, des questionnements intimes.

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Ce que les élèves apprennent, ce n’est pas seulement à écrire, mais à transformer ce qu’ils vivent

Le dispositif repose sur un protocole structuré : le C.A.S. — Créer, Apprendre, Soigner. Une méthode pensée pour accompagner les élèves dans un processus progressif, où l’écriture devient un outil de transformation.

Ce processus s’organise en deux temps complémentaires :

Un premier temps d’expression sans filtre

Le Brouillon Immersif Complet (B.I.C.) constitue une phase d’écriture expressive, cadrée dans le temps, où les élèves sont invités à déposer leurs émotions, leurs tensions, leurs interrogations. Ce moment permet une mise en mots directe, souvent inédite.

Un second temps de construction narrative

À partir de cette matière, les élèves élaborent un texte structuré à travers le B.I.C. littéraire (Bâtir, Imaginer, Créer). Ils travaillent la cohérence, la vraisemblance, la nécessité narrative.

Ce passage du vécu à la fiction opère une transformation décisive : il permet d’intellectualiser l’expérience, de prendre de la distance, et d’inscrire ce qui était diffus dans une forme lisible et partageable.

Derrière cette méthode, des fondements scientifiques qui éclairent ses effets

Le protocole C.A.S. s’appuie sur des recherches reconnues dans les domaines de la psychologie et des sciences cognitives.

  • James W. Pennebaker a démontré que l’écriture expressive favorise la régulation émotionnelle et la restructuration cognitive ;
  • La méta-analyse de Joshua Frattaroli confirme ces effets à plus large échelle ;
  • Colette Daiute a montré que la mise en récit contribue à diminuer la violence chez les jeunes ;
  • Yaakov Stern souligne que les activités intellectuellement exigeantes renforcent la réserve cognitive.

Ainsi, le travail d’écriture proposé ne relève pas uniquement d’une démarche pédagogique : il s’inscrit dans une logique plus globale, où l’acte d’écrire participe à une structuration cognitive et émotionnelle.

Pendant plusieurs mois, un travail de fond s’installe avant de trouver une traduction publique

En 2026, 160 élèves de seconde du lycée Notre-Dame de Bon Secours ont été accompagnés pendant quatre à cinq mois, aux côtés de quatre professeurs de Lettres et d’Olivier Lusetti. Chaque classe a bénéficié de 8 à 12 heures d’intervention.

Ce temps long permet d’installer un véritable processus d’écriture, où les élèves expérimentent, affinent, structurent. À l’issue de ce travail, cinq textes par classe sont sélectionnés pour être publiés dans un recueil édité localement.

Ce passage à la publication transforme profondément la portée du travail réalisé. L’écriture quitte le cadre scolaire pour entrer dans l’espace public. Elle devient un objet partagé, reconnu.

Le 9 mai, à l’Hôtel Pams, cette transformation prendra corps. Les élèves présenteront leurs textes, participeront à des lectures publiques et incarneront leur travail face à un public. Ce moment marque le passage du texte intime à une reconnaissance collective.

Une journée qui articule restitution, réflexion et reconnaissance collective

La rencontre du 9 mai ne se limite pas à une restitution des textes. Elle propose une programmation qui inscrit l’écriture dans un dialogue plus large avec les enjeux contemporains.

Parmi les temps forts :

  • la présentation des jeunes auteurs et de leurs textes
  • des lectures publiques
  • la remise du Prix Littéraire Populaire de la Jeunesse, attribué par des comités réunissant écrivains, enseignants, professionnels du livre et jeunes lecteurs
  • une table ronde consacrée à l’intelligence artificielle et à ses implications pour l’éducation et la culture
  • des cartes blanches à des écrivains (J-C Ettori, Guy Bosschaerts), dont Olivier Lusetti autour de son ouvrage Le Prêt-à-penser. L’IA, dernier clou dans le cercueil de l’Éducation nationale

Ce croisement entre pratique, réflexion et reconnaissance confère à l’événement une densité particulière. Il ne s’agit pas seulement de montrer, mais de mettre en perspective.

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Une dynamique déjà éprouvée qui confirme la viabilité et la transférabilité du projet

La première édition des Rencontres, organisée en 2025, avait mobilisé 234 jeunes, cinq enseignants et l’éditeur et auteur Olivier Lusetti.

Elle avait permis :

  • La publication de 27 jeunes auteurs ;
  • La réalisation d’un recueil de 200 exemplaires, dont plus de 80 % ont été vendus lors de dédicaces ;
  • La participation de certains lauréats au festival Méditerranée polar & imaginaire de Port-Barcarès pendant trois jours.

La reconduction du projet qui chevauche 2025 & 2026 (année scolaire), avec 160 élèves et quatre enseignants, malgré les contraintes liées notamment au Pass Culture, témoigne de son appropriation par les équipes pédagogiques.

Elle atteste également de sa capacité à s’inscrire dans la durée et à être transposée dans d’autres contextes, avec l’ambition d’une diffusion nationale des textes primés.

À l’origine, une réaction face à une réalité préoccupante devenue un projet structuré

Le projet est né d’une indignation. Celle d’Olivier Lusetti, formateur littéraire et acteur culturel engagé, à la lecture de l’étude Ipsos publiée début 2023, indignation renouvelée avec l’entrée de l’IA à l’école en 2024.

Fondateur de Fantasy-Éditions.Rcl, spécialiste des littératures de l’imaginaire, il développe depuis plusieurs années des dispositifs pédagogiques visant à articuler écriture et structuration de la pensée.

Le protocole C.A.S. s’inscrit dans cette démarche. Il propose une réponse construite à des enjeux qui dépassent le cadre scolaire, en faisant de l’écriture un espace où l’on peut à la fois créer, apprendre et se transformer. Il se veut être un rempart au prêt-à-penser dû à la délégation à l’IA. Une intelligence augmentée : Oui ! mais un esprit diminué : Non !

FCPE Forum Des Metier

À propos de Fantasy-Éditions

La maison d’édition Fantasy-Éditions a été créée en 2013 par Olivier Lusetti et Teresa Ruiz. Elle publie des ouvrages de fantasy et de fantasy historique, des thrillers ésotériques et post-apocalyptiques, de la littérature blanche et des guides d’écriture. Elle propose également des services d’accompagnement à l’écriture et à l’édition, ainsi qu’une formation à la création littéraire.

En savoir plus

Site web : https://www.fantasy-editions-rcl.com/

Facebook : https://www.facebook.com/olivier.lusetti

LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/olivier-lusetti-5b3a2a87/

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