Quand le premier job n’arrive pas : Builders Factory prépare une génération à créer le sien

Faire de bonnes études. Décrocher son diplôme. Envoyer ses premières candidatures. Entrer dans la vie active.

Le scénario n’a pas disparu. Mais il fonctionne moins bien.

Au deuxième trimestre 2026, le chômage français atteint 8,3 %, son plus haut niveau depuis 2020, avec près de 2,7 millions de personnes sans emploi. Chez les moins de 25 ans, le chiffre est autrement plus sévère : 21,6 %, soit 2,5 points supplémentaires en un an. Parallèlement, les intentions d’embauche des entreprises ont reculé de 6,5 % cette année (source).

Dans les files d’attente du marché du travail se retrouvent donc aussi des jeunes diplômés, parfois issus de bonnes écoles, avec les compétences et les stages que leur cursus leur demandait d’accumuler.

Builders Factory commence précisément là où ce parcours se dérègle.

Sa proposition n’est pas de présenter l’entrepreneuriat comme le refuge de ceux qui n’auraient pas trouvé d’emploi. Elle consiste à poser une question plus intéressante : pourquoi faudrait-il nécessairement attendre qu’une entreprise vous recrute avant d’essayer d’en construire une ?

20260731074552-p2-document-ucha

Un mois sans salle de classe, mais avec un marché à trouver

Pas de campus dématérialisé ni de programme suivi seul derrière son écran.

Builders Factory a installé son terrain de jeu dans 600 m² au cœur du 17e arrondissement de Paris. La maison est accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Plus de 30 entrepreneurs y entrent à chaque saison pour 28 jours.

Ils n’en ressortent pas avec un diplôme supplémentaire.

Pendant quatre semaines, ils travaillent sur ce qui décide réellement du devenir de leur projet : qui est leur client, quel problème ils résolvent, ce qu’ils peuvent vendre, comment le vendre et comment raconter clairement ce qu’ils construisent.

SEO, growth hacking, prospection, branding, user research, IA appliquée au product building, go-to-market : les workshops sont conduits par des spécialistes du passage du 0 à 1, parmi lesquels Pierre Gaubil, intervenant régulier du programme.

La différence tient surtout au rythme. Une notion abordée le matin peut être mise à l’épreuve quelques heures plus tard. Une hypothèse peut ne pas survivre à la journée. Une proposition de valeur peut être réécrite plusieurs fois.

Ici, se tromper vite vaut davantage que théoriser longtemps.

wSFfxfPqgagpXNkqjEHfAN4Ws

28 jours, et quelques raccourcis précieux

Builders Factory cherche surtout à éviter aux entrepreneurs certaines années d’apprentissage solitaire.

Pour cela, le programme concentre dans un même lieu ce qu’un jeune fondateur met habituellement du temps à réunir :

  • Des pairs, avec plus de 30 entrepreneurs confrontés simultanément aux premières difficultés de leur projet ;
  • Des spécialistes opérationnels, pour travailler acquisition, produit, marque, vente ou positionnement ;
  • Des entrepreneurs qui ont déjà traversé ces étapes, y compris leurs échecs ;
  • Des investisseurs et business angels, rencontrés notamment lors du Demo Day ;
  • Un réseau qui reste après les 28 jours, constitué aujourd’hui de plus de 250 alumni.

Chaque soir change ainsi le registre de la journée. Un entrepreneur vient raconter ce que les biographies professionnelles résument souvent en quelques lignes : les erreurs, les recrutements, les moments de doute, les projets ratés et les redémarrages.

Thibaud Elzière (Hexa), Clément Alteresco (Morning), Damien Morin (Mobile Club), Louis Marty (Merci Handy), Victor Habchy, Dorian Ciavarella ou Marie Taquet sont notamment venus partager leur expérience.

Puis vient le Demo Day. Les projets sont présentés devant des investisseurs et business angels ; Partech, Serena, Daphni, Kima et Newfund participent régulièrement aux jurys.

Neuf saisons après sa création, Builders Factory revendique plus de 250 entrepreneurs accompagnés et une note de 4,8/5 sur Trustpilot.

ZsRKYmDCIpHo5m6e6bZMrRVqW4-1

Il n’y a pas que des SaaS dans la maison

C’est une distinction importante.

Builders Factory ne demande pas à chaque participant de fabriquer la prochaine startup technologique parisienne, et la levée de fonds n’y constitue pas l’horizon obligatoire.

Un artisan, un entrepreneur dans les services ou l’économie sociale, un créateur de contenu et le fondateur d’une startup tech peuvent partager la même promotion.

Ce qui les rassemble n’est donc pas leur secteur ni leur modèle de financement. C’est le moment qu’ils traversent : celui où une intuition doit devenir une offre, puis rencontrer des clients.

D’où ce format difficile à ranger dans une seule case. Builders Factory emprunte l’intensité au bootcamp, le quotidien partagé à la résidence et le temps long à la communauté entrepreneuriale.

Au terme du mois, chacun doit avoir avancé sur sa proposition de valeur, son go-to-market, sa marque et son pitch deck. Surtout, il rejoint une communauté appelée à rester accessible bien après la fin de sa saison.

De 17 000 participants à des événements à une maison de 600 m² : le parcours de Martin Cregut

Derrière Builders Factory se trouve Martin Cregut, 29 ans, entrepreneur depuis ses 20 ans.

Après avoir terminé ses études à UC Berkeley, à San Francisco, il fonde trois startups dans différents secteurs et travaille avec des startup studios en Europe et en Afrique.

De retour à Paris, il crée Founders Night, une série d’événements entrepreneuriaux qui réunira 17 000 personnes dans sept villes : Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Marseille, Montréal et Barcelone.

Builders Factory naît dans le prolongement de cette expérience, avec une différence fondamentale : passer de la rencontre ponctuelle à l’immersion.

Un événement peut provoquer une rencontre ou une idée. Un lieu ouvert en permanence permet de créer des habitudes de travail, de faire circuler les expériences et surtout de réunir au quotidien ceux qui construisent.

20260731074552-p1-document-jhnz

Le 17e arrondissement n’est qu’un début

Après neuf saisons, Builders Factory veut désormais répliquer cette maison ailleurs.

Son objectif affiché est conséquent : accompagner 100 000 entrepreneurs en France dans les dix prochaines années, avec l’ouverture de plusieurs Builders Houses sur le territoire.

Reste une question plus large que le programme lui-même.

Que se passe-t-il lorsqu’une génération très formée arrive sur un marché qui recrute moins ?

Une partie continuera naturellement de choisir le salariat. Une autre n’attendra peut-être plus plusieurs années avant de tenter l’entrepreneuriat.

Certains participants de Builders Factory sont d’ailleurs arrivés après des mois de candidatures infructueuses. D’autres sont venus avant même d’envoyer leur premier CV.

C’est peut-être ce déplacement qui raconte le mieux ce qui change : entreprendre n’intervient plus forcément après une première vie professionnelle. Pour certains, c’est désormais par là qu’elle commence.

En savoir plus

Site web : https://www.buildersfactory.fr

Instagram : https://www.instagram.com/buildersfactory.fr/

LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/martin-cregut/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>