On connaît la lumière de la Tour Eiffel. Beaucoup moins les hommes qui ont contribué à la penser. Et encore moins le chemin qui les y a conduits.
Celui de Michel Tesconi commence loin des monuments et des conseils d’administration : mis à la rue à 16 ans, sans diplôme, sans réseau ni héritage, il entre dans la vie active par les chantiers avant de gravir tous les échelons jusqu’à devenir PDG de Citelum, spécialiste international de l’éclairage urbain.
Le 9 septembre, il met cette histoire en librairie.
Publié par La Sirène aux Yeux Verts éditions, Éclaireur du monde – De l’ombre à la lumière : l’ascension d’un autodidacte raconte moins les attributs de la réussite que ce qu’il a fallu traverser pour y parvenir. Une autobiographie de dirigeant sans parcours modèle ni leçon toute faite, où se croisent travail, instinct, audace, solitude, amitié et confiance dans les autres.
Un livre qui déplace finalement la question : plutôt que demander comment réussir, Michel Tesconi raconte comment se construire quand, au départ, rien n’est écrit.
Un livre pour raconter ce que le CV ne dit pas
Éclaireur du monde part d’un paradoxe : Michel Tesconi a consacré une partie de sa carrière à mettre des villes et des monuments en lumière ; son livre raconte précisément les années restées dans l’ombre.
Son enfance cabossée. La rupture brutale à 16 ans. Les premiers chantiers. L’apprentissage sans parcours académique balisé. Puis les responsabilités qui s’enchaînent jusqu’à la création de Citelum et à la direction de l’entreprise.
Le livre ne juxtapose pas simplement les grandes étapes d’une carrière. Michel Tesconi revient sur ce qui les relie : la façon dont un homme apprend lorsqu’il doit largement se construire seul, dont il transforme l’absence de cadre en autonomie et dont les relations humaines peuvent devenir un moteur professionnel.
L’autodidacte est donc au cœur du récit. Non comme une figure romancée de l’entrepreneur parti de rien, mais comme quelqu’un qui a dû apprendre autrement.
Et c’est précisément ce qui donne au livre sa portée au-delà de l’autobiographie.
Devenir dirigeant sans avoir suivi la route des dirigeants
En racontant sa propre histoire, Michel Tesconi touche à plusieurs sujets familiers du monde de l’entreprise : la légitimité, l’apprentissage, le leadership, la mobilité sociale ou encore la place accordée au diplôme dans les trajectoires professionnelles.
Son livre met notamment en lumière :
- Une ascension construite sur le terrain, depuis les chantiers jusqu’aux plus hautes responsabilités ;
- Un rapport particulier à l’apprentissage, forgé hors des parcours académiques traditionnels ;
- La place de l’instinct et de l’audace dans les choix qui jalonnent une carrière ;
- Le rôle déterminant des relations humaines, de l’amitié et de la confiance accordée au potentiel des autres ;
- Les envers d’une réussite, loin d’une trajectoire parfaitement linéaire ou d’une success story reconstruite après coup.
Éclaireur du monde ne cherche ainsi pas à transformer l’expérience de Michel Tesconi en méthode universelle de management ou en recette entrepreneuriale.
Il fait du parcours lui-même la matière du livre.
Avec une question en filigrane : jusqu’où peut-on aller lorsque le point de départ ne fournit ni les codes, ni les contacts, ni le chemin ?
Mettre sur papier les histoires d’entrepreneurs que l’on entend trop peu
Si La Sirène aux Yeux Verts éditions publie aujourd’hui le témoignage de Michel Tesconi, ce choix s’inscrit dans une orientation éditoriale plus large.
Pour Nathalie Philippe, qui porte cette maison indépendante développée à 100 % en propre et sans financements extérieurs, les dirigeants et entrepreneurs constituent aussi une matière éditoriale.
Pas uniquement les quelques figures médiatiques déjà largement racontées. Mais ceux qui dirigent, créent des emplois et de la valeur, développent des entreprises ou deviennent des références dans leur secteur sans transformer nécessairement leur parcours en objet de communication.
L’ambition est de faire entrer davantage de ces histoires en librairie, avec leurs aspérités et leurs réalités, loin d’une représentation de l’entrepreneuriat réduite à une succession de réussites spectaculaires.
Car derrière un entrepreneur se trouve également une pensée du travail, de l’entreprise et de la société.
Publier un dirigeant, pour la maison, ce n’est donc pas seulement raconter ce qu’il a fait. C’est donner accès à ce que son expérience lui a appris.
Pas besoin d’attendre les mémoires de fin de carrière
Cette démarche ne doit d’ailleurs pas se limiter aux récits rétrospectifs de dirigeants ayant achevé leur parcours professionnel.
La Sirène aux Yeux Verts éditions veut également publier des entrepreneurs en activité et faire entendre des visions encore en train de se construire. Deux ouvrages portés par de jeunes entrepreneurs sont ainsi prévus à l’automne 2026, autour de leur rapport au travail, à la société et au monde qui vient.
Une façon de constituer, livre après livre, une galerie de parcours entrepreneuriaux de générations différentes : certains permettent de regarder le chemin parcouru ; d’autres saisissent une pensée économique et sociale en mouvement.
Cette orientation accompagne une forte accélération de la maison, qui compte déjà plus d’une trentaine de titres publiés. Une vingtaine de nouveaux ouvrages sont annoncés d’ici décembre 2026, pour deux tiers d’essais et un tiers de fiction.
À compter du 1er septembre, un partenariat avec Ellipses permettra également aux nouveaux livres de bénéficier d’une diffusion en librairie.
La maison développe parallèlement deux rendez-vous annuels sous la forme d’« apéro-dédicaces ». Le premier s’est tenu le 25 juin dernier à l’Hôtel La Louisiane, à Paris : un format convivial dans lequel les auteurs viennent avec leurs ouvrages, les présentent, les dédicacent et rencontrent directement leurs lecteurs au cœur de Saint-Germain-des-Prés.
Un homme de lumière raconte enfin ses zones d’ombre
Avec Éclaireur du monde, le titre et le parcours finissent ainsi par se répondre.
Michel Tesconi a participé à éclairer des lieux connus dans le monde entier. Son livre choisit pourtant de commencer là où la lumière n’était pas encore braquée : à 16 ans, sans diplôme, sans réseau et sans trajectoire écrite.
Entre ce premier chapitre et la présidence de Citelum se trouve précisément ce que l’ouvrage veut raconter.
Non pas seulement une réussite.
Tout le chemin qu’il a fallu parcourir pour qu’elle devienne possible.

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