Animation en maison de retraite : le SAMVA dénonce la précarisation des artistes par la plateforme LiveArts

Depuis toujours, les musiciens, chanteurs et comédiens font vivre la culture et assurent un lien social auprès des personnes âgées. Depuis plusieurs mois, le groupe Emeis (ex-Orpea) impose à présent dans ses 229 maisons de retraite le recours à la plateforme LiveArts pour l’organisation d’animations. Derrière la promesse de « simplifier » l’animation et le recrutement des artistes, le SAMVA dénonce un système qui contourne le droit du travail et précarise les artistes.

La plateforme offre deux modes de rémunération, l’un et l’autre en violation des règles de droit.

  • Le paiement « au cachet » : LiveArts se prétend employeur sans en assumer les obligations (convention collective bafouée, contrats et bulletins de salaire non conformes, et absence de lien de subordination). LiveArts organise ainsi un portage salarial, strictement interdit pour engager des artistes du spectacle.
  • Le paiement « sur facture » : La plateforme pousse les artistes vers le statut d’« artiste-entrepreneur » et offre une solution de fortune à tous les organisateurs qui ne souhaitent pas assumer le rôle d’employeur. La pérennisation d’un tel système est source de grand danger pour la protection des artistes. En effet, le principe de la présomption de salariat permet de garantir aux artistes un accès à une protection sociale, un système de retraite et des indemnités de chômage adaptés à leur activité (l’intermittence du spectacle).

En tout état de cause, ces paiements sur facture ne sont pas correctement assumés par LiveArts, et le SAMVA dénonce de nombreux retards de paiement.

Dans les deux cas, LiveArts n’est ni producteur ni diffuseur de spectacle, mais un simple intermédiaire qui s’enrichit au détriment des artistes.

À cela s’ajoute une tarification dérisoire : LiveArts impose des prix particulièrement bas (par exemple, 200 € pour trois artistes et deux heures d’animation), sans rapport avec le travail fourni et incompatible avec une juste rémunération.

Cette ubérisation du métier est aussi inutile que dangereuse : le GUSO (Guichet Unique du Spectacle Occasionnel) devrait déjà permettre à toute maison de retraite d’employer un artiste et de lui verser un cachet, en toute légalité. En précarisant les artistes, c’est le lien social et culturel auprès de nos aînés que l’on sacrifie.

Les artistes n’ont jamais eu besoin d’une plateforme pour entrer dans les maisons de retraite. La loi est claire : celui qui se produit est présumé salarié. Nous ne laisserons pas une application transformer nos métiers en faux indépendants corvéables. 

Jean-Luc Icard, président du SAMVA CFE-CGC

Le SAMVA alerte les pouvoirs publics sur ces pratiques qui pénalisent les artistes et précarisent l’activité d’artiste et enjoint à LiveArts de procéder à la mise en conformité de son service.

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