Ameline Calendrier part d’une évidence rarement formulée : un calendrier devient obsolète au 31 décembre, mais son carton, lui, est intact. C’est de ce décalage qu’est née la démarche d’upcycling d’Ameline Calendrier : les dates se périment, pas le support.
Le carton gris de 2 mm, au format 66 × 43 cm, a été conçu pour tenir droit sur un mur pendant un an. Plutôt que de le broyer ou de l’expédier en filière matière, l’atelier vendéen le garde tel quel, le recouvre d’une impression neuve et le redécoupe en éventails et en dessous de verre.
Ces objets ne sont pas en vente. Ils sont offerts aux clients. L’entreprise ne cherche pas à monétiser ses rebuts : elle en fait des cadeaux qui servent.
Fin d’usage n’est pas fin d’utilité
L’idée tient en une phrase : un objet peut avoir fini son travail sans avoir fini sa vie.
Au 31 décembre, le calendrier est dépassé. Mais son carton n’a pas bougé — pas une marque, pas un pli. Pour Ameline, ça n’en fait pas un déchet, ça en fait une ressource qui dort.
D’où le réemploi plutôt que le recyclage. Recycler, c’est détruire la matière pour la refaire. Ici, on ne détruit pas : on recouvre, on découpe, on réoriente. La nuance peut sembler mince. Elle change tout.
La démarche est volontairement mesurée : Ameline Calendrier ne prétend pas résoudre une problématique environnementale globale avec un éventail ou un dessous de verre. Elle défend une action plus pragmatique : refuser de jeter un carton encore utile.

Commencer par ses propres rebuts
Avant même d’imaginer récupérer les calendriers des clients, l’entreprise a regardé ce qu’elle jetait déjà. À commencer par ses calages de production, ces exemplaires tirés en début de fabrication pour régler les machines, qui ne partent jamais chez personne mais dont le carton est impeccable.
C’est ce qui rend la démarche crédible. Ameline fabrique les calendriers, repère les supports encore sains, les transforme dans son atelier, les offre. Boucle courte, rien d’externalisé, tout vérifiable. On balaie devant sa porte avant d’aller voir ailleurs.
Matière réemployée, surface neuve : éviter l’effet « récup’ »
Ameline Calendrier ne cherche pas à laisser visible l’ancien calendrier. Le carton est réemployé, mais le visuel est entièrement repensé.
Une nouvelle feuille imprimée vient recouvrir le support. Exit le millésime périmé ; à la place, un motif net qui donne à l’objet une vraie identité. L’enjeu n’est pas anodin : un éventail bricolé finit au fond d’un tiroir, un bel objet, on le garde.
« Le carton est réemployé, la surface imprimée à neuf. C’est ce mélange qui transforme une récup en objet qu’on a envie de garder. » — Jérôme Boitel, dirigeant d’Ameline Calendrier
Deux objets ont été imaginés :
- L’éventail (30 × 15 cm), motif estival jaune « hello summer » : flamants roses, monstera, pastèques, lunettes de soleil et hibiscus. Quatre éventails par calendrier.;
- Le dessous de verre (10 cm de diamètre), motif cocktails, agrumes, pailles et touches de menthe, esprit apéritif d’été. Vingt par calendrier..
Un même calendrier donne donc, au choix, quatre éventails ou vingt dessous de verre. Jamais les deux.
Le format n’est pas un hasard. Un éventail doit tenir en main sans plier ; un dessous de verre doit rester plat et encaisser la condensation d’un verre frais. Le carton de 2 mm, pensé dès l’origine pour rester droit toute une année sur un mur, sait déjà faire tout ça. La seconde vie ne force rien. Elle prolonge ce que la matière savait faire.
La découpe ZÜND : la petite série rendue possible
La transformation est réalisée grâce à une table de découpe ZÜND équipée d’un couteau oscillant. Cet outil permet de découper proprement le carton épais sans l’écraser ni l’arracher.
Surtout, la ZÜND travaille à partir d’un simple fichier. Là où l’emporte-pièce classique impose de fabriquer un outil métallique pour chaque forme, il suffit ici de changer le tracé pour passer de l’éventail au dessous de verre. C’est tout ce qui rend le réemploi en petite série tenable : on teste, on ajuste, on produit, sans s’encombrer d’un outillage hors de proportion.
Quatre étapes, du calendrier à l’objet : on trie les cartons intacts, on les recouvre de l’impression neuve, on découpe en numérique, on finit. C’est prêt à offrir.
60 éventails, 140 dessous de verre : un lancement assumé
Ameline démarre petit. Première série : 60 éventails et 140 dessous de verre. Et l’entreprise le revendique — c’est un lancement, pas un bilan carbone.
Cette échelle volontairement mesurée évite les promesses trop larges. On part de ce qu’on a sous la main, on apprend, on regarde ce que les gens en font, on avise pour la suite.
« Pourquoi se donner la peine de découper de vieux calendriers ? Honnêtement, parce que je n’arrivais plus à les jeter. Chaque fin d’année, on voit passer des piles de cartons nickel : le calendrier ne sert plus, d’accord, mais le support, lui, est comme neuf. Le mettre à la poubelle, ça revient à jeter de la matière saine qui a juste perdu sa fonction d’origine », explique Jérôme Boitel.
Et après ?
L’éventail n’est qu’un point de départ. Dès qu’on regarde un carton de 2 mm comme une ressource, les pistes s’ouvrent : marque-pages, petits jeux, plateaux, décorations de Noël. Ce qui limite, ce n’est pas la machine, c’est la taille de la matière disponible. Plus tard, l’entreprise aimerait collecter les calendriers de ses clients en fin d’année pour les faire entrer dans la même boucle.
Reste une ligne que l’atelier se fixe : l’upcycling ne doit jamais servir d’excuse pour produire plus. Réemployer vaut mieux que recycler, recycler vaut mieux que jeter. Mais le plus sobre, ce sera toujours de fabriquer juste ce qu’il faut.
Un éventail ne sauvera pas le monde. Disons simplement qu’à l’atelier, on n’aime pas jeter ce qui peut encore servir.
L’idée née d’un réflexe
Le projet n’a pas commencé en réunion marketing. Il a commencé dans une salle de cours, un mois de juin.
Chaque année, Jérôme Boitel donne des cours de marketing direct à des étudiants en master de marketing digital. Pour montrer qu’un support physique se retient mieux qu’une publicité en ligne, il leur distribue de petits calendriers. Un jour de canicule, sans que personne ne le leur souffle, les voilà qui s’éventent avec. L’objet venait de trouver tout seul sa deuxième fonction.
Le reste a suivi. Si un calendrier devient éventail par simple réflexe, autant accompagner le geste proprement : découpe nette, motif estival, finition soignée. Un vrai objet, pas une récup’ approximative.

À propos d’Ameline Calendrier
Ameline Calendrier est un atelier français spécialisé dans la fabrication de calendriers depuis quarante ans. =
Son activité s’inscrit dans une démarche RSE associant choix des matériaux, réemploi, engagements environnementaux et actions en faveur de la reforestation.
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Site web : https://www.ameline-calendrier.fr
Linkedin : https://fr.linkedin.com/in/jeromeboitel




