Derrière les retards répétés, les conflits internes ou certaines formes d’hyperengagement professionnel se cache parfois une réalité plus complexe. Les conduites addictives, souvent associées aux seules substances, prennent aussi des formes discrètes : travail excessif, besoin de contrôle, perfectionnisme ou comportements d’évitement.
Ces mécanismes, encore peu identifiés en entreprise, ne relèvent pas d’un choix individuel, mais d’une tentative de réponse à une souffrance, parfois ancienne, parfois liée au contexte professionnel lui-même.
C’est dans ce cadre qu’Hervé Kercret, fondateur de Ker & Co, a développé une approche fondée sur l’analyse du besoin de soulagement au cœur des conduites addictives.
Ancien cadre international rétabli depuis dix ans, aujourd’hui formateur, coach professionnel et patient expert en addictologie, il intervient auprès d’entreprises, de collectivités et d’établissements de santé pour intégrer pleinement la dimension humaine dans les politiques de prévention.

L’addiction, une réponse à la souffrance plus qu’un comportement isolé
L’addiction est souvent perçue comme un problème individuel, lié à un manque de volonté ou à un comportement inadapté. Pourtant, cette lecture ne permet pas d’en comprendre les mécanismes profonds.
Selon l’approche développée par Hervé Kercret, au sein de la structure Ker & Co, l’addiction n’est pas un choix mais la conséquence d’une solution personnelle inadaptée. Elle constitue une tentative, souvent inconsciente, de réguler une douleur psychologique ou physique.
Dans un environnement stable, la recherche de performance peut apparaître comme un moteur naturel. Mais cette logique se heurte aujourd’hui à un contexte marqué par une succession de crises économiques, sociales et politiques qui fragilisent les repères individuels. Les inégalités se creusent, les tensions augmentent, et les individus font face à une incertitude croissante quant à la préservation de leurs acquis. En entreprise, cette situation se traduit par une montée de l’anxiété, qui devient progressivement un facteur structurant des comportements.
Anxiété, contrôle, dépendance, comment le travail devient un terrain addictogène
Du stress diffus aux stratégies de régulation : un glissement progressif
L’anxiété ne se manifeste pas toujours de manière explicite. Elle peut prendre la forme d’un stress diffus, d’une difficulté à se projeter ou d’une crainte constante de perdre sa place.
Cette anxiété agit comme un frein à la prise de risque et à l’engagement. Elle peut également devenir une source de tensions internes et de conflits, en particulier dans des environnements où les exigences de performance restent élevées.
Pour faire face à cette pression, les individus développent différentes stratégies de régulation. Certaines consistent à travailler davantage, parfois au-delà de ce qui est réellement nécessaire. D’autres stratégies passent par le besoin de contrôle, exercé sur soi-même ou sur les autres, dans une tentative de maintenir un équilibre perçu comme fragile.
Le piège du soulagement temporaire, quand le cerveau s’adapte et réclame davantage
Certaines personnes se tournent vers des comportements addictogènes ou des substances afin d’atténuer la sensation de malaise. Ces solutions, si elles apportent un soulagement temporaire, contribuent à installer progressivement une dépendance.
Le cerveau s’habitue à ces mécanismes, ce qui diminue leur efficacité initiale et pousse à leur répétition. Ce processus enferme progressivement l’individu dans une dynamique dont il devient difficile de sortir seul.
Des conséquences humaines et organisationnelles trop souvent ignorées
Pour les individus : santé, trajectoire professionnelle et risque d’exclusion
Sur le plan personnel, les conduites addictives affectent la santé physique et psychologique, les relations familiales et sociales, ainsi que la trajectoire professionnelle. Malgré des compétences parfois élevées, les personnes concernées peuvent se retrouver progressivement en difficulté, voire en situation d’exclusion.
Pour les entreprises : absentéisme, conflits, baisse d’engagement et un coût sous-évalué
Pour les entreprises, les conséquences sont également significatives. La baisse d’implication, les retards, les absences ou les conflits internes peuvent altérer le fonctionnement collectif et générer des coûts importants. Au-delà de ces effets visibles, les conduites addictives constituent un risque psychosocial majeur, traduisant souvent un déséquilibre plus profond qui peut affecter la dynamique globale de l’organisation. Dans ce contexte, la prévention ne peut se limiter à rappeler les interdits ou à diffuser des recommandations générales sur l’hygiène de vie. Elle nécessite une approche plus globale, intégrant les dimensions individuelles, collectives et organisationnelles.
Prévenir autrement en partant du besoin de soulagement plutôt que du comportement à risque
La prévention des conduites addictives en milieu professionnel suppose de changer de perspective. Il ne s’agit plus uniquement d’identifier des comportements à risque, mais de comprendre les mécanismes qui les sous-tendent.
L’approche développée par Ker & Co repose sur l’idée que toute conduite addictive est liée à une souffrance, présente ou passée. Cette souffrance peut être d’origine physique, psychique ou liée à des événements de vie.
La mémoire joue un rôle central dans ce processus. Elle enregistre les événements sans distinction entre ce qui est perçu comme positif ou négatif, mais en fonction du plaisir ou de la douleur ressentie. Lorsque cette mémoire accumule des expériences difficiles sans possibilité d’expression ou de régulation, elle peut devenir source de déséquilibre. Les comportements addictifs apparaissent alors comme une tentative de soulagement, un signal, une manière d’exprimer une difficulté ou de demander de l’aide.
Troubles du neurodéveloppement, traumatismes, bipolarité : des fragilités qui restent des angles morts
Cette souffrance peut également être associée à des troubles du neurodéveloppement, tels que le TDAH ou les troubles DYS, à des troubles psychiques comme la bipolarité ou certains troubles de la personnalité, ou encore à des expériences traumatiques. Ces dimensions, encore insuffisamment intégrées dans les politiques de prévention en entreprise, constituent pourtant des facteurs de vulnérabilité déterminants.
Ce que Ker & Co propose concrètement aux entreprises
Sensibilisation, formation, accompagnement individuel : plusieurs niveaux d’intervention
Dans le cadre professionnel, Ker & Co propose plusieurs types d’interventions :
- Des ateliers de sensibilisation destinés à l’ensemble des salariés, visant à expliquer les mécanismes des conduites addictives et leurs conséquences, en s’appuyant sur le fonctionnement du cerveau.
- Des formations à destination des managers, des collègues et des services de santé, pour repérer les signaux faibles et aborder ces situations de manière adaptée.
- Des accompagnements individualisés construits à la demande des entreprises, pour aider les personnes concernées à sortir du déni et à s’orienter vers le soin, et des accompagnement lors de la reprise du travail, période charnière pendant laquelle l’activité professionnelle peut être un élément de construction ou favoriser un retour aux comportements antérieurs.
- Des conférences permettant d’ouvrir le dialogue sur ces sujets au sein des organisations. En parallèle, des actions de prévention sont menées dans des établissements scolaires, ainsi que dans le cadre d’initiatives associatives.
À partir de septembre 2026 : une ouverture vers la santé mentale au sens large
À partir de septembre 2026, Ker & Co prévoit également de proposer des interventions autour de la santé mentale, notamment via la fresque de la santé mentale, dans le prolongement de sa formation et de son engagement dans ce domaine.
Une expertise construite de l’intérieur
D’une carrière internationale à l’expérience de la dépendance
La spécificité de Ker & Co réside dans le parcours de son fondateur. Après une carrière internationale dans le transport, le luxe et l’horlogerie, Hervé Kercret traverse une période marquée par l’isolement, l’anxiété et l’addiction, qui affectent sa vie personnelle et professionnelle. Aujourd’hui rétabli depuis dix ans, il a traversé ce que ses interlocuteurs en entreprise vivent parfois dans l’ombre, ce qui fonde la singularité et la crédibilité de son approche.
De la reconstruction personnelle à l’expertise professionnelle
À la suite d’une remise en question profonde, il entame un travail de reconstruction accompagné par des professionnels et s’appuie sur des outils issus de la philosophie stoïcienne pour opérer un changement durable. Ce parcours le conduit à se former et à devenir formateur, coach professionnel, puis patient expert en addictologie. Il complète ce cheminement par un diplôme universitaire en addictologie à la faculté de médecine Paris-Saclay.
Depuis la création de Ker & Co en novembre 2022, il développe une activité exclusivement orientée vers le monde professionnel. Il intervient auprès d’entreprises, de collectivités, d’un ministère, ainsi que d’associations, dont une communauté thérapeutique.
Parallèlement, il intervient en milieu hospitalier, notamment au sein du service d’addictologie de l’Hôpital Paul Brousse, où il participe à des entretiens individuels et à l’animation de groupes de parole, ainsi qu’en CSAPA, en binôme avec le psychologue clinicien dans l’animation d’un groupe de parole dédié à la motivation au changement.
En savoir plus
Site internet : https://www.ker-co.fr/
https://www.ker-co.fr/prevention-des-conduites-addictives-a-propos/
Linkedin : https://www.linkedin.com/in/hervekercret/


