Avec Nous l’appelions Mina, Véronique Piaser-Moyen explore les blessures de l’adoption internationale dans un roman poignant publié chez Bougainvillier éditions

Certaines histoires familiales traversent les continents, les générations et les silences de l’Histoire.

Derrière l’image souvent lumineuse de l’adoption internationale se cachent parfois des trajectoires plus complexes, faites d’attachements puissants, de zones d’ombre et de questions restées sans réponse.

Au Sri Lanka notamment, plusieurs révélations ont progressivement mis en lumière les dérives d’un système d’adoption qui, durant des années, a parfois séparé des enfants de leur famille biologique dans des conditions aujourd’hui contestées.

Ces situations ont laissé derrière elles des identités fragmentées, des familles dispersées et des récits intimes encore marqués par la quête de vérité.

C’est dans cet espace sensible, où l’intime rejoint les grandes interrogations contemporaines sur la filiation et la mémoire, que s’inscrit Nous l’appelions Mina, le nouveau roman de Véronique Piaser-Moyen, publié le 16 mars 2026 aux éditions Bougainvillier.

À travers l’histoire de Suzanne et Arno, parents adoptifs confrontés à la disparition de leur fille adoptive, le livre explore des thèmes puissants tels que le deuil, la mémoire et la possibilité d’une reconstruction.

À la croisée du récit de vie, du roman engagé et du témoignage, l’ouvrage pose une question vertigineuse : faut-il retrouver la mère biologique d’un enfant pour lui annoncer que sa fille est morte ?

Avec ce livre profondément humain, Véronique Piaser-Moyen poursuit une démarche artistique et personnelle qui interroge les liens familiaux, les fractures de l’histoire et la manière dont les êtres tentent de réparer ce qui a été brisé.

20260312072600-p3-document-juiv

Nous l’appelions Mina, un roman au croisement de l’intime et de l’Histoire

Une histoire familiale bouleversée par une question restée sans réponse

Dans Nous l’appelions Mina, l’histoire commence longtemps après le drame.

Suzanne et Arno retournent au Sri Lanka, le pays où est née leur fille adoptive. Vingt ans se sont écoulés depuis l’événement tragique qui a bouleversé leur existence : la mort de Mina alors qu’elle était adolescente.

Ce voyage n’est pas touristique. Il s’apparente davantage à une confrontation avec la mémoire et le besoin de se reconstruire.

Sur une plage, le couple rencontre Anura, une jeune femme elle aussi adoptée. Contrairement à Mina, Anura vient tout juste de retrouver sa famille biologique. Sa démarche agit comme un révélateur pour le couple endeuillé.

Cette rencontre réveille également une interrogation restée longtemps enfouie : la mère biologique de Mina est-elle toujours en vie ? Ignore-t-elle que sa fille est morte ? Continue-t-elle d’espérer la retrouver un jour ?

Dès lors, un dilemme s’impose aux parents adoptifs : faut-il se lancer dans la recherche de cette femme pour lui annoncer la terrible nouvelle ?

Quand la filiation devient une interrogation universelle

À travers cette quête, le roman explore une question qui dépasse largement l’histoire de Mina :

À partir de quel moment les liens du cœur deviennent-ils plus forts que les liens du sang ?

L’enfant “appartient-elle” uniquement à ceux qui l’ont mise au monde ? Ou à ceux qui l’ont élevée et aimée ?

Le livre interroge ainsi plusieurs dimensions de la filiation :

  • La filiation biologique ;
  • La filiation affective ;
  • La construction de l’identité ;
  • La mémoire familiale ;

Mina appartient à deux histoires.

D’un côté, celle de Suzanne et Arno, qui l’ont accueillie, élevée et accompagnée.
De l’autre, celle d’une mère sri-lankaise qui l’a mise au monde et dont on ignore tout.

Le roman donne à voir ce fragile entrelacement d’histoires humaines où chaque vérité est partielle et où chaque lien possède sa légitimité.

Le Sri Lanka, paysage de mémoire et de vérité

Le retour de Suzanne et Arno au Sri Lanka ne constitue pas seulement un déplacement géographique.

Peu à peu, il devient un voyage intérieur.

Revenir là où Mina est née, c’est revenir au point de départ de leur histoire familiale. C’est aussi revisiter les circonstances de son adoption, les choix qui ont été faits et les questions qui, avec le temps, ont pris une importance nouvelle.

Dans le roman, le Sri Lanka devient un territoire de mémoire. Les paysages, les rencontres et les lieux traversés réveillent des souvenirs enfouis et obligent les personnages à regarder autrement leur propre histoire.

Ce voyage agit comme un processus cathartique. Il ouvre la possibilité d’affronter ce qui n’a jamais été véritablement formulé.

javier-saint-jean-r4pIcB2reug-unsplash

L’ombre des dérives de l’adoption internationale

En arrière-plan du roman se dessine également une réalité bien documentée : les controverses qui entourent certaines adoptions internationales.

Au Sri Lanka, plusieurs scandales ont mis en lumière des situations dans lesquelles des enfants ont été séparés de leur famille biologique dans des conditions contestées. Ces révélations ont profondément marqué de nombreuses familles, qu’elles soient biologiques ou adoptives.

Sans se transformer en plaidoyer militant, Nous l’appelions Mina évoque ces réalités à travers le regard des personnages.

Le livre rappelle que derrière les procédures administratives se trouvent des histoires humaines complexes, où se mêlent amour, espoir, perte et quête de vérité.

Le deuil d’un enfant et la lente reconstruction d’une famille

Au cœur du roman se trouve une expérience universelle et profondément bouleversante : la perte d’un enfant.

Suzanne et Arno affrontent ce deuil chacun à leur manière. Le roman donne à voir deux sensibilités différentes face à la même absence. La douleur de la mère, traversée par les souvenirs et la nécessité de comprendre, répond à celle du père, tout aussi profonde mais exprimée différemment.

Le temps n’efface pas la perte. Il transforme simplement la manière dont elle habite les êtres.

Le retour au Sri Lanka apparaît alors comme une étape nécessaire pour tenter de donner un sens à cette histoire. Peu à peu, Suzanne et Arno comprennent que leur chemin vers une forme d’apaisement passe peut-être par un geste simple et pourtant essentiel : partager l’histoire de leur fille avec celle qui lui a donné naissance.

Véronique Piaser-Moyen, une écrivaine au croisement de l’art et de l’engagement

L’écriture de Nous l’appelions Mina ne peut être dissociée du parcours personnel et artistique de son auteure. Véronique Piaser-Moyen évolue depuis longtemps dans un univers de création où les différentes formes d’expression dialoguent entre elles. Photographe, peintre et écrivaine, elle développe une œuvre qui explore les liens invisibles entre les êtres, les bouleversements intimes et les chemins parfois fragiles de la réparation.

Son engagement trouve également une résonance particulière dans son expérience personnelle. Mère adoptive, elle s’est progressivement imposée comme une voix engagée sur la question des dérives de l’adoption internationale, notamment au Sri Lanka. En tant que lanceuse d’alerte, elle contribue à mettre en lumière des réalités complexes et souvent méconnues, marquées par des trajectoires familiales profondément bouleversées.

Cette expérience nourrit directement son travail d’écriture. Dans Nous l’appelions Mina, Véronique Piaser-Moyen aborde des thèmes particulièrement sensibles — l’adoption, le deuil d’un enfant, la mémoire des origines — avec une écriture qui privilégie la lucidité et la sensibilité plutôt que l’emphase. Son récit s’attache moins à démontrer qu’à comprendre, en laissant toute sa place à l’ambiguïté des sentiments et à la complexité des liens familiaux.

Ce nouveau roman constitue ainsi une étape importante dans son parcours d’auteure. Il prolonge une démarche artistique et humaine centrée sur l’exploration de ce qui relie les individus, même lorsque les événements les ont profondément séparés.

20260312072600-p1-document-iyit

Bougainvillier éditions, une maison d’auteurs engagée pour la lecture

La publication de Nous l’appelions Mina s’inscrit dans la ligne éditoriale de Bougainvillier éditions, une maison associative indépendante qui se définit comme une « maison d’auteurs et d’actions ». À travers ses collections, elle défend des écritures sensibles et humanistes qui donnent une place centrale aux récits de vie et aux témoignages.

Son statut associatif traduit une vision particulière du métier d’éditeur : considérer l’auteur comme un véritable partenaire et construire avec lui un travail commun pour défendre un livre.

Au-delà de l’édition, la maison développe également des actions de médiation littéraire destinées à redonner le goût de la lecture et de l’écriture, notamment auprès des jeunes publics et de personnes éloignées de la culture.

20260312072600-p2-document-nllu

Une publication importante pour une maison indépendante

Comme de nombreuses structures éditoriales indépendantes, Bougainvillier éditions fonctionne aujourd’hui en grande partie grâce à l’engagement bénévole de ses membres.

Dans ce contexte, la publication de Nous l’appelions Mina représente une étape importante pour la maison. Ses responsables espèrent que le roman pourra rencontrer un public suffisamment large pour atteindre plusieurs milliers d’exemplaires vendus.

Un tel succès permettrait de franchir une nouvelle étape dans son développement, notamment en envisageant l’embauche d’un premier salarié.

En savoir plus

Site web Maison d’éditions : https://www.bougainvilliereditions.com

Facebook : https://www.facebook.com/bougainvilliereditions/

Instagram : https://www.instagram.com/bougainvillier_editions/

LinkedIn :https://www.linkedin.com/company/bougainvillier-editions/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>