Par Maxime Claval, spécialiste en énergie, thermique et fondateur d’Enercool
L’illusion de la stabilité énergétique : un piège pour les entreprises
En 2026, une nouvelle crise énergétique revient sur le devant de la scène. Après une accalmie trompeuse en 2024-2025, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont provoqué une nouvelle flambée des prix du gaz, rappelant les turbulences de 2022.
Beaucoup d’entreprises, rassurées par cette stabilité éphémère, ont relâché leur vigilance. Malheureusement, les structures insuffisamment préparées pourraient subir de plein fouet un nouveau choc énergétique.
C’est dans ce contexte d’incertitude que Maxime Claval, expert en énergie et thermique du bâtiment tire la sonnette d’alarme : face à la volatilité structurelle des marchés de l’énergie, des solutions de sobriété dont la low-tech et le cool roofing ne relèvent plus d’un simple choix environnemental, mais d’un impératif de souveraineté économique et de résilience industrielle.
2024-2025 : l’accalmie qui a endormi la vigilance des décideurs
La guerre en Ukraine et l’explosion des prix de l’énergie en 2022 avaient déclenché une prise de conscience collective. Pourtant, la relative stabilisation des marchés entre 2024 et 2025 a produit un effet pervers : la baisse temporaire des prix a réduit l’urgence perçue.
L’année passée, cette baisse conjuguée à des rétropédalages environnementaux a accéléré le report – voire l’abandon – de nombreux projets d’efficacité énergétique.
Un paradoxe dangereux : moins la pression énergétique se fait sentir, moins les entreprises investissent dans leur résilience.
Le détroit d’Ormuz, symbole d’une vulnérabilité persistante
L’actualité géopolitique du moment rappelle pourtant l’instabilité structurelle du système énergétique mondial. Le blocage stratégique du détroit d’Ormuz, zone de transit majeure pour les hydrocarbures et le gaz, a ravivé les tensions et entraîné des hausses rapides des prix. Cette crise, comme les précédentes, renforce l’idée que les entreprises européennes restent otages de facteurs qu’elles ne maîtrisent pas.
Dans ce contexte, la question n’est plus de savoir si un nouveau choc énergétique surviendra, mais quand – et surtout, qui sera prêt.
Le lien étroit entre prix des énergies fossiles et prix de l’électricité.
Il faut comprendre que le prix du gaz et de l’électricité sont intimement liés au prix du baril de pétrole. Déjà car de nombreux contrats de fourniture internationaux de gaz sont historiquement indexés sur les cours du brut pour assurer une stabilité aux producteurs. Ensuite ces deux énergies sont interchangeables dans l’industrie, la cherté du pétrole déplace la demande vers le gaz, ce qui tire mécaniquement son prix vers le haut.
Enfin, le prix de l’électricité en France et en Europe est directement lié à celui du gaz. Pour bien comprendre cela, il faut saisir le principe de Merit order, ce principe utilisé par les réseaux d’électricité détermine l’ordre dans lequel les différentes sources d’énergie sont sollicitées pour répondre à la demande. Concrètement, la priorité est donnée aux sources d’énergies “fatales” (éolien, solaire), puis aux centrales nucléaires et enfin aux centrales thermiques.
Dans ce cadre, le prix est imposé par la dernière centrale appelée pour répondre à la demande – souvent une centrale à gaz, la plus chère. Résultat : quand le gaz flambe, toute l’électricité flambe avec lui, même celle produite par des énergies renouvelables ou nucléaires à bas coût.
Ce système, conçu pour garantir l’approvisionnement et financer la transition, devient un piège en période de crise. Les entreprises, même protégées par des contrats à prix fixe, subissent ce risque au moment du renouvellement de leurs contrats. Alors les prix du marché, dopés par la géopolitique, s’invitent dans leurs budgets.
La France a changé également depuis le 1er Janvier 2026 avec le mécanisme baptisé Versement Nucléaire Universel (VNU), qui consiste à taxer massivement les revenus d’EDF dès que le prix de l’électricité sur le marché dépasse certains seuils (environ 78 € et 110 €/MWh).
L’État récupère ainsi les “super-profits” générés par le parc nucléaire pour les redistribuer aux consommateurs sous forme de remise, ce qui permet de “débrancher” partiellement la facture finale des envolées du prix du gaz.
Mais ces mécanismes ne protègeront jamais une entreprise ou une industrie des hausses ni des variations de prix.
Réduire la dépendance aux marchés internationaux de l’énergie
Réduire sa consommation devient alors le seul levier 100 % maîtrisable pour échapper à cette spirale.
La facture d’électricité ou de gaz n’est que la partie immergée de l’iceberg. La vraie question qui se pose maintenant est la capacité des entreprises à maintenir leur activité dans un environnement énergétique international incertain. Les énergies fossiles exposent les industries aux tensions géopolitiques et aux fluctuations brutales des marchés.
Une hausse soudaine des prix peut fragiliser les marges, paralyser les investissements et menacer la compétitivité.
La sobriété des bâtiments : arme de souveraineté économique
Des solutions permettant de réduire ses consommations d’énergie et de s’adapter au changement climatique existent.
En entreprise, l’énergie se divise en deux enjeux distincts. La première partie incontournable dédiée à la production (machines, procédés, chaîne de froid…). La seconde, trop souvent négligée, est pourtant riche en potentiel d’économies, elle s’intéresse au fonctionnement des bâtiments (chauffage, climatisation, éclairage, ventilation..).
A ce niveau, les solutions sont l’isolation, l’optimisation et la régulation des systèmes de chauffage et de climatisation, la gestion intelligente de l’énergie, l’adaptation des comportements …
Des optimisations nécessaires, mais souvent coûteuses, complexes à déployer ou dépendantes de technologies actives.
C’est là que les approches low-tech, comme le cool roofing, se distinguent : simples, rapides à mettre en œuvre et aux bénéfices immédiats.
Dans le bâtiment, ce qu’on appelle le “cool roofing” en est un exemple parfait, en réduisant les besoins énergétiques structurels des bâtiments, il permet aux entreprises de limiter leur dépendance aux marchés internationaux.
La solution s’inscrit bien dans une logique de résilience industrielle. En effet, il ne s’agit plus seulement d’optimiser la performance énergétique, mais de renforcer la capacité des entreprises à absorber les chocs économiques, géopolitiques et même climatiques.
Conclusion : agir avant que la crise ne frappe
A quand la fin de cette crise énergétique? A quand la prochaine?
Les entreprises qui auront anticipé en intégrant et diversifiant les solutions de sobriété ne seront pas seulement plus vertes – elles seront plus fortes, plus autonomes et plus compétitives.
Face à l’instabilité chronique des marchés de l’énergie, la résilience n’est plus une option : c’est une nécessité stratégique.
Maxime Claval
PDG d’Enercool
Enercool :
Enercool, expert des revêtements réflectif et anti chaleur, a déjà équipé près de 500 000 mètres carrés de toitures en France, avec des résultats mesurés : baisse moyenne de -4°C des températures intérieures en été, et des économies d’énergie significatives pour les bâtiments industriels et tertiaires : -40% sur les besoins de climatisation.
Le cool roofing :
Le cool roofing repose sur un principe simple : limiter l’absorption de chaleur par les toitures grâce à des revêtements à forte réflectivité solaire, le plus souvent des peintures blanches. En renvoyant le rayonnement solaire vers l’extérieur, ces surfaces permettent de réduire l’échauffement des bâtiments et donc les besoins de climatisation.
En savoir plus
Site internet : https://www.enercool.fr/
LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/enercool/


