Vernissage : Jeudi 15 janvier – 19h – 21h
Exposition : 15 janvier – 7 février 2026
Galerie Diane de Polignac – 2bis rue de Gribeauval - 75007 Paris

Maria Papa Rostkowska dans l’atelier de Tullio Mazzotti, Albisola, Italie, 1960 – Archives de la famille Rostkowski
La Galerie Diane de Polignac est honorée de présenter la première exposition personnelle dans une galerie française de Maria Papa Rostkowska depuis son décès en 2008. Cet événement exceptionnel a été rendu possible grâce à la collaboration de Nicolas Rostkowski, fils de l’artiste, et de son épouse Joëlle Rostkowski.
Cette exposition, accompagnée d’un catalogue, invite à une redécouverte de l’âge d’or d’Albisola, une période foisonnante s’étendant du milieu des années 1950 au milieu des années 1960. Albisola était alors un lieu de rencontre privilégié pour de nombreux artistes qui y expérimentaient la terre cuite, notamment autour de la figure du futuriste Tullio Mazzotti. Nous avons choisi de mettre en lumière les liens artistiques et l’amitié entre Maria Papa Rostkowska et Wifredo Lam, qui y ont collaboré durant leur séjour.
Si le bronze et la terre cuite marquèrent l’introduction de Maria Papa Rostkowska au monde de la sculpture, elle se tourna définitivement vers le marbre en 1965. Sculptrice virtuose de la taille directe, Maria Papa Rostkowska est reconnue pour la douceur de ses œuvres en marbre. Quinze de ces sculptures, pour la plupart jamais exposées, composent une sélection inédite.
Cette exposition célèbre le talent extraordinaire d’une artiste remarquable. La sensibilité et la douceur de ses sculptures en marbre contrastent avec la dureté de son parcours personnel. Maria Papa Rostkowska, à travers les conflits de la seconde moitié du XXe siècle, a travaillé sans relâche pour léguer une œuvre sensible et profondément personnelle.
Biographie Maria Papa Rostkowska (1923-2008)
Maria Papa Rostkowska (née Baranowska) naît le 4 juillet 1923 à Brwinow en Pologne. Elle étudie le dessin technique et l’architecture dans des cours clandestins pendant l’occupation allemande. En 1943, elle épouse Ludwik Rostkowski Jr. Ensemble, ils s’engagent dans la résistance armée et participent au sauvetage des Juifs du ghetto de Varsovie. Active dans l’insurrection de Varsovie (1944), Maria Rostkowska est arrêtée, déportée vers Auschwitz et parvient à s’échapper. Après la libération, elle est décorée de la Croix d’Argent Virtuti Militari et Ludwik Rostkowski Jr. est honoré de la Médaille des Justes.
En 1947, Maria Rostkowska intègre l’Académie des beaux- arts de Varsovie. Grâce à une bourse du gouvernement polonais, elle séjourne à Paris de 1947 à 1950, pour se consacrer au dessin et à la peinture. Cette bourse sera renouvelée par le gouvernement français et l’UNESCO.
De retour en Pologne en 1950, Maria Rostkowska enseigne à Sopot, Gdansk puis Varsovie. À la suite de la répression stalinienne qui emporte son mari militant, elle quitte la capitale polonaise. En 1955, elle rencontre le peintre français Édouard Pignon et, en 1957, s’installe à Paris grâce à son invitation. Paris devient sa résidence permanente. Un an plus tard, elle épouse Gualtieri Papa di San Lazzaro, critique d’art et fondateur de la revue et galerie XXe Siècle.
Durant l’été 1958, Maria Papa découvre la céramique à Albisola, collaborant avec des artistes de renom (Fontana, César, Jorn, Gilioli, Lam etc.). Ses créations sont exposées à la Galleria del Naviglio à Milan et à la Galerie XXe Siècle à Paris. Au milieu des années 1960, sur les conseils d’Arp et Marini, elle se tourne vers la taille directe du marbre. En 1966, elle installe son atelier dans la marbrerie Henraux à Querceta, près de Pietrasanta. Elle y côtoie Henry Moore, Jean Arp, Marino Marini, Joan Miró, César et Alina Szapocznikow. Maria Papa reçoit le prix de la Fondation Nelson William and Noma Copley pour la sculpture. C’est le début d’une période prolifique d’œuvres monumentales et intimes en marbre.
Maria Papa expose en Pologne en 1991. Elle y retourne, après trente-quatre ans d’absence, en 1994, pour la dernière fois. En 1995, un film documentaire lui est consacré, montrant notamment la sculpture La Promesse de bonheur, aujourd’hui à l’Assemblée nationale.
Maria Papa Rostkowska a participé à plus d’une centaine d’expositions, ses œuvres enrichissant des collections privées et publiques en Europe, aux États-Unis et au Japon. Elle continue de créer des œuvres en marbre, odes à la vie et à la joie, jusqu’à son décès en 2008 à Lido di Camaiore, en Italie. Aujourd’hui, 45 sculptures sont visibles dans les collections publiques en France, en Italie, en Pologne et aux États Unis.
Nicolas et Joëlle Rostkowski sont à l’origine de nombreuses donations de sculptures : en Pologne au Musée national de Varsovie, de Lublin et de Sopot, au Palais royal de Lazienki, au Château royal de Cracovie et d’Oronsko ; en Italie à l’Università degli Studi de Milan ; et en France au Musée de l’Hospice Saint Roch, au Musée d’Art et d’Histoire de Meudon, au Musée de Dijon et au Musée de Grenoble. En 2011, la version monumentale de La Promesse de bonheur est dévoilée à l’Assemblée Nationale, son don étant salué parle Président Bernard Accoyer, qui qualifie Maria Papa Rostkowska de «Française de cœur».
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Site web : https://dianedepolignac.com/

