Certaines images survivent parce qu’elles concentrent en une seule scène tout un imaginaire. Une silhouette, une attitude, une machine, une époque. Brigitte Bardot sur une Harley-Davidson WL des années 40, dans le scopitone de Serge Gainsbourg en 1967, appartient à cette catégorie d’images qui ne relèvent plus seulement de l’archive, mais de la culture populaire. Elle raconte à la fois le cinéma, la musique, Saint-Tropez, la liberté, l’esthétique biker et cette France des sixties où les icônes se fabriquaient autant sur les plateaux que dans les chansons et les images courtes.
En 2026, cette image reprend corps. SANTIAG, artiste tropézien installé à Saint-Tropez depuis un quart de siècle, a réalisé une réplique à l’identique de cette Harley-Davidson WL, customisée à l’origine par Maurice Combalbert et chevauchée par Brigitte Bardot dans le clip scopitone de Serge Gainsbourg.
La machine a été dévoilée le 15 avril 2026 lors du vernissage de l’exposition consacrée au film Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim, avec Brigitte Bardot, au Musée de la Gendarmerie et du Cinéma de Saint-Tropez, grâce notamment à Laurence Durieux, directrice du musée.
L’enjeu est clair : permettre à un objet devenu image culte de retrouver une présence physique. Cette Harley ressuscitée n’a pas vocation à rester dans un atelier.
Elle est pensée pour circuler dans le monde du cinéma et de la culture, mais aussi dans l’événementiel privé ou public, à travers des hommages, des films, des expositions ou des événements liés à Brigitte Bardot.
La moto de BB, un fragment de culture populaire sur deux roues
La Harley-Davidson WL au cœur du projet n’est pas seulement une moto ancienne. Produite dans les années 40, elle entre dans un autre registre lorsqu’elle est customisée en 1967 par Maurice Combalbert pour le scopitone de Serge Gainsbourg, puis associée à Brigitte Bardot. Dès lors, elle ne relève plus uniquement de la mécanique : elle devient un signe visuel.
Cette association explique l’intérêt culturel de sa résurrection. La machine relie plusieurs patrimoines rarement réunis dans un seul objet : l’histoire du cinéma, la chanson française, la culture biker, l’univers tropézien et l’image de Brigitte Bardot. Elle permet de raconter autrement une icône dont la puissance visuelle ne passe pas seulement par les films ou les photographies, mais aussi par les objets qui ont accompagné sa légende.
En reconstruisant cette Harley, SANTIAG ne cherche donc pas à produire une simple évocation. Il redonne une forme matérielle à une image que beaucoup connaissent sans forcément pouvoir l’approcher. La moto devient un support de récit, un point d’entrée concret vers une époque, un style, une attitude et un territoire.
L’aigle de guidon, l’autocollant, la ligne : la fidélité jusque dans les détails
L’un des atouts majeurs de cette Harley-Davidson WL réside dans son niveau de précision. SANTIAG revendique une restitution à l’identique, jusque dans les éléments les moins visibles au premier regard. L’autocollant figurant sur le bac à batterie a été reproduit. L’aigle de guidon a été resculpté “à la plume près”. La ligne générale, les détails graphiques, les signes distinctifs : tout participe à recréer l’image d’origine.
Cette précision n’est pas une coquetterie d’atelier. Elle conditionne la valeur culturelle de la moto. Pour une exposition, un hommage ou un tournage, la crédibilité d’un objet tient à sa capacité à ne pas trahir ce qu’il représente. Dans ce cas précis, chaque détail permet de rapprocher la réplique de la machine associée à Brigitte Bardot et au scopitone de Serge Gainsbourg.
Le travail de SANTIAG repose ainsi sur une forme d’archéologie visuelle. Il ne s’agit pas de restaurer une moto retrouvée, mais de reconstruire une image à partir de ses traces. Cette méthode demande à la fois une culture artistique, une connaissance de la customisation, une maîtrise manuelle et une patience d’exécution.
Films, expositions, hommages : une Harley appelée à vivre hors de l’atelier
La Harley-Davidson WL ressuscitée par SANTIAG a désormais vocation à être montrée. Son ambition est clairement orientée vers l’exposition, les hommages, les films et l’événementiel liés à Brigitte Bardot. Elle s’adresse au monde du cinéma et de la culture, mais aussi aux organisateurs d’événements privés ou publics souhaitant intégrer une pièce forte, identifiable et porteuse d’histoire.
Son intérêt tient à sa capacité à fonctionner sur plusieurs plans. Elle peut attirer le regard par son esthétique. Elle peut ouvrir un récit sur Brigitte Bardot, Serge Gainsbourg, Saint-Tropez et les années 60. Elle peut servir d’élément scénographique pour un hommage ou une exposition. Elle peut aussi devenir une pièce de référence pour des projets audiovisuels nécessitant une réplique fidèle.
Cette polyvalence lui donne une place particulière. Là où une photographie reste une image fixe, la moto permet une expérience plus directe. Le public peut en observer les volumes, les détails, les proportions, la présence. Elle rend tangible une mémoire qui, jusque-là, appartenait surtout aux archives visuelles.
SANTIAG ne fabrique pas un décor, il reconstruit une présence
La différence entre une moto d’inspiration et une réplique fidèle tient parfois à quelques centimètres, à une ligne, à un symbole, à un détail que seul un regard formé sait repérer. C’est précisément là que se situe le geste de SANTIAG. Pour l’artiste, cette Harley ne devait pas ressembler vaguement à celle de Brigitte Bardot : elle devait retrouver sa silhouette exacte, son esprit, ses signes distinctifs.
SANTIAG affirme qu’il n’existe à ce jour aucune autre réplique fidèle de la Harley-Davidson de BB. Une moto avait fait une apparition en 2010 à Saint-Tropez lors d’une exposition consacrée à Brigitte Bardot, mais elle comportait selon lui de nombreuses erreurs par rapport à l’originale. Ce constat a renforcé son exigence : produire une machine suffisamment précise pour être regardée, exposée et utilisée comme une pièce crédible dans des environnements culturels ou cinématographiques.
Cette démarche donne au projet une portée particulière. La Harley WL ressuscitée n’est pas un objet décoratif posé au milieu d’une scénographie. Elle est conçue comme une présence : celle d’un fragment d’image ramené dans le réel, avec la rigueur d’un artiste qui connaît les codes graphiques, la matière et l’univers Harley.
L’artiste tropézien qui travaille les icônes à la main
La cohérence du projet tient aussi au parcours de SANTIAG. Né au milieu des années 60, diplômé en arts graphiques, il est maître tatoueur depuis 1985 et a notamment tatoué Johnny Hallyday.
Son univers traverse plusieurs disciplines : peinture, gravure, sculpture, sellerie, mosaïque. Autant de pratiques qui engagent le dessin, la main, la matière et le détail.
Son lien avec l’univers Harley est ancien et concret. SANTIAG a réalisé deux des Harley-Davidson de Johnny Hallyday. Il est également propriétaire de plusieurs visuels, parmi lesquels AMERICAN BIKERS, DESPERADOS, THUNDER EAGLE, lié à Johnny Hallyday. Il est aussi à l’origine de nombreuses marques liées aux visuels qu’il a créés, notamment consultables via ICIMARQUES.
Cette biographie artistique éclaire la nature de la réplique. SANTIAG n’aborde pas la Harley de Brigitte Bardot uniquement comme une machine. Il la traite comme une image à recomposer, une œuvre à réactiver, un objet dont chaque signe doit être compris avant d’être refait. Sa pratique du tatouage, de la sculpture, de la peinture ou de la sellerie nourrit cette capacité à passer d’un univers à l’autre sans perdre le fil : celui de l’icône travaillée à la main.
Une résurrection mécanique pour raconter Bardot autrement
Avec cette réplique à l’identique, SANTIAG propose une autre manière de faire vivre la mémoire de Brigitte Bardot. Non pas par un discours nostalgique, mais par un objet. Une moto. Une silhouette. Une présence mécanique associée à une image culte.
La Harley-Davidson WL ressuscitée ne remplace pas l’originale. Elle prolonge ce qu’elle représente : une rencontre entre BB, Gainsbourg, Maurice Combalbert, Saint-Tropez et l’imaginaire des sixties. Elle rappelle aussi que certaines images ne survivent pas seules. Elles ont besoin d’artistes, d’artisans, de passeurs capables de les regarder assez longtemps pour leur redonner une forme.
En dévoilant cette machine en 2026, SANTIAG signe un projet à la fois culturel, mémoriel et artistique. Une pièce appelée à quitter l’atelier pour rejoindre les lieux où se racontent les légendes : musées, plateaux, événements, hommages. Une Harley pour faire revenir Bardot dans le regard, autrement.
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