Un matin, à 63 ans, une idée s’impose : écrire un roman, un seul, y aller à fond et que ce soit un succès. Cette pensée lui donne “la patate”. Non pas l’ambition tapageuse, mais cette énergie intérieure, discrète et persistante, qui rappelle que le désir n’a pas d’âge.
Alors que le vieillissement est souvent abordé sous l’angle de la perte, de la prudence ou du retrait, Claudine Jounier choisit d’ouvrir un autre récit.
Avec Un peu comme vous, publié aux Éditions Baudelaire, elle propose un texte intime et lucide qui trace le chemin d’une femme arrivée à l’âge senior, décidée à s’offrir enfin le “100 % soi-même” qu’elle a longtemps proposé aux autres.
À travers souvenirs, contradictions, élans et prises de conscience, le livre explore le rapport au corps, à l’amour, à la maternité, au vieillissement, à la spiritualité et aux normes sociales.
Un récit court par son format, dense par son intention, qui interroge une question universelle : que s’autorise-t-on encore lorsque l’on a dépassé soixante ans ?
Un livre comme un seuil : entrer dans l’âge senior sans s’effacer
Un peu comme vous ne cherche ni à théoriser le vieillissement ni à l’enjoliver. Il s’ancre dans l’expérience vécue. Soixante-trois ans. L’âge n’est pas un décor, il est un point de départ.
Le texte naît d’une prise de conscience simple : le désir d’entreprendre est toujours là. Il ne s’est pas éteint avec les années. Il circule encore, vibrant, parfois impatient. Tous les matins, des phrases, des pensées, des idées surgissent. Cette animation intérieure met l’autrice en joie.
Dans le même mouvement, une autre réalité s’impose : le temps semble “divisé par deux”. Tout est plus long à entreprendre. L’énergie se répartit autrement. Chaque projet demande plus d’effort. Cette lenteur nouvelle n’est pas vécue comme une défaite, mais comme une donnée à intégrer. Elle oblige à aller à l’essentiel.
Écrire devient alors une urgence douce. Non pas pour prouver, mais pour dire.
Le “100 % soi-même” : se choisir après avoir longtemps choisi les autres
Claudine Jounier s’est longtemps définie à travers les autres. Mère, grand-mère, présence rassurante, elle se décrit comme une figure aux multiples bras, prête à consoler, accompagner, soutenir et parfois laisser partir.
L’écriture vient déplacer le centre de gravité. Pour la première fois, il ne s’agit plus seulement d’encourager les autres à être eux-mêmes, mais de s’offrir cette possibilité à soi.
Le livre pose une question essentielle : avant de partir, qu’a-t-on envie de laisser ? Quelle trace, quelle parole, quelle chaleur ?
La conscience d’une mort prochaine, inévitable, accompagne l’autrice. Elle ne sait pas quand. Elle n’est pas malade. Mais cette pensée change tout. Elle rend chaque initiative plus intense. Elle ne ternit pas la vie, au contraire. Elle évite de reporter. Elle empêche de laisser traîner ce qui mérite d’être dit.
Ce rapport lucide au temps donne au texte sa densité émotionnelle.
Corps, regard, société : vieillir sous observation
Un peu comme vous ne contourne pas les zones sensibles. Le livre explore le rapport au corps, à l’amour, à la maternité, au vieillissement, à l’apparence et à la spiritualité, mais aussi l’influence de la société et de la famille.
Vieillir, ce n’est pas seulement changer physiquement. C’est ressentir le regard des autres se modifier. C’est se demander quelle place l’on occupe encore. Quelle place l’on ose prendre.
Le récit évoque cette amertume que certains éprouvent face au vieillissement du corps. Il questionne cette difficulté à accepter la transformation physique, cette tentation de juger ce qui change.
Il s’arrête aussi sur des scènes du quotidien : la timidité, le fait de rougir, la gêne mise en évidence par le regard d’autrui. Ces moments apparemment anodins révèlent des mécanismes plus profonds : la supériorité implicite, le besoin de souligner la fragilité de l’autre.
À travers ces observations fines, le livre interroge un point central : qu’est-ce que l’on s’autorise lorsque l’on cesse de vouloir correspondre ?
Une énergie intérieure intacte : entreprendre malgré l’âge
À 63 ans, le désir ne se réduit pas à la nostalgie. Il s’incarne dans des envies très concrètes : faire un voyage en montgolfière, dîner en haut de la tour Eiffel, se baigner dans une mer chaude. Des rêves simples, mais chargés d’intensité.
Le mot “mécène” l’inspire. Accompagner le projet de quelqu’un, soutenir une rencontre, encourager un coup de cœur. Il ne s’agit pas uniquement de réaliser ses propres rêves, mais aussi de participer à ceux des autres.
Cette dynamique s’enracine dans son parcours. Elle a accompagné des personnes trisomiques et des enfants. Leur naturel, leur spontanéité, leur manière d’être au monde sont devenus des repères. Elle les considère comme des guides.
Elle affirme ne pas croire en la religion, mais avoir une foi immense. Une foi dans le sens des choses, même lorsque l’on ne comprend pas. Une ouverture d’esprit nourrie par la conviction que l’être humain ne maîtrise pas tout, même s’il croit décider.
Cette posture irrigue le livre : empathie, lucidité, énergie.
Une écriture libre, sans injonction
Le texte ne cherche pas à donner des leçons. Il ne propose pas de méthode pour “bien vieillir”. Il témoigne.
L’écriture se veut libre, sensible, bienveillante. Elle ne se pare pas d’intellectualisme. Elle n’impose rien. Elle invite à dire, partager, oser, et à voir la vie de façon plus ludique.
L’ambition est claire : se surprendre soi-même. Oser le “et pourquoi pas” quand on n’est pas une célébrité. Porter l’idée que “tout est possible” jusqu’au bout de la vie. Donner envie de tenter son aventure, même si tout n’aboutit pas. Oser pour ne pas avoir de regret.
Le titre Un peu comme vous traduit cette volonté de proximité. Ce récit, profondément personnel, cherche des résonances. Il s’adresse à sa fille, à ses petits-enfants, mais aussi aux personnes vieillissantes qui perdent confiance, à ceux sur qui on ne se retourne pas, à ceux qui ne sont pas conscients de qui ils sont.
Quatrième de couverture
Claudine Jounier, 63 ans, livre un récit intime et lucide sur sa vie, ses fragilités, ses rêves et ses engagements.
En quête d’authenticité, elle explore ses souvenirs, ses élans, ses contradictions et ses prises de conscience, souvent nourries par ses rencontres humaines. Elle évoque son rapport au corps, à l’amour, à la maternité, au vieillissement, à l’apparence, à la spiritualité, mais aussi à la société et ses normes.
Infos pratiques
- Titre : Un peu comme vous ;
- Autrice : Claudine Jounier ;
- Genre : Récit ;
- Format : 15 x 21 cm ;
- Pagination : 40 pages ;
- ISBN : 979-10-203-8402-7 ;
- Prix public : 10,50 € ;
- Éditeur : Éditions Baudelaire.
En savoir plus
Site web : https://www.editions-baudelaire.com/auteur/jounier-claudine/un-peu-comme-vous/
