Capsule Stéphanie Césaire x Alain Joséphine : six fragments de l’exposition « Musiques intérieures » transposés en cuir, de Rivière-Pilote à la rue Saint-Florentin

Une exposition peut-elle déborder de ses murs sans perdre sa force plastique ? À Paris, la galerie Olivier Castaing présente du 15 janvier au 28 février « Musiques intérieures », première exposition personnelle d’Alain Joséphine dans la capitale.

Né à Fort-de-France en 1968 et ayant grandi à Rivière-Pilote, le peintre y déploie une œuvre structurée par les sensations du corps dans la nature martiniquaise, où les mornes, les hauteurs et les fonds deviennent tensions colorées, masses vibrantes et respirations visuelles.

Cette étape parisienne marque un moment charnière dans son parcours, accompagné depuis plusieurs années par La Maison Gaston, qui œuvre à la mise en lumière des artistes issus des territoires créoles.

Plutôt que de limiter cette première à l’espace de la galerie, Alain Joséphine a choisi d’en prolonger le geste.

Sous l’impulsion et la coordination de La Maison Gaston, il engage un dialogue formel avec Stéphanie Césaire, créatrice de maroquinerie installée au 6 rue Saint Florentin et fondatrice de la Maison Césaire en 2007 après un parcours auprès de grandes maisons françaises.

De cette rencontre naît la Capsule Stéphanie Césaire x Alain Joséphine, une collection de six pièces uniques intégrant des fragments précis des toiles exposées, imprimés sur cuir de veau.

L’exposition ne se contente plus d’être regardée, elle circule désormais entre la rue Saint Martin et la rue Saint Florentin, entre surface picturale et volume porté, prolongeant « Musiques intérieures » dans le champ du design et de la mode.

La capsule Stéphanie Césaire x Alain Joséphine, prolongement direct de « Musiques intérieures »

La collection capsule repose sur un principe simple, mais strict : faire de la peinture une matière de maroquinerie, sans la réduire à un motif.

Les six créations sont produites chacune en un seul exemplaire. Le cuir de veau est imprimé numériquement à partir de fragments de toiles d’Alain Joséphine. Chaque pièce devient ainsi un morceau d’œuvre, unique, identifiable, inséparable du geste pictural initial. Le transfert ne vise pas l’illustration ; il organise une circulation de l’œuvre dans un autre registre, celui du volume et de l’usage.

La capsule comprend :

  • Quatre exemplaires différents de « Carambole » ;
  • Deux exemplaires différents de « Nô »

Le dévoilement de la collection a eu lieu le 12 février à la School Gallery / Galerie Olivier Castaing, 322 rue Saint-Martin, 75003 Paris.

La série est désormais répartie entre la boutique de la Maison Césaire et la galerie Olivier Castaing. La collection est également disponible à la boutique Césaire, 6 rue Saint-Florentin, Paris, ainsi que sur le site www.stephaniecesaire.fr.

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Une amitié ancienne, un dialogue jamais interrompu

L’histoire commence en Martinique. Stéphanie Césaire et Alain Joséphine partagent très tôt un intérêt commun pour les esthétiques orientales. Le dessin occupe une place centrale dans leurs échanges. Une complicité s’installe, fondée sur une même confiance dans l’art comme espace de transformation intérieure.

Leurs trajectoires professionnelles s’orientent ensuite vers des pratiques distinctes. Alain Joséphine le résume ainsi :

Les années passant, nos chemins ont pris des directions différentes. Le sien fut davantage celui de la ligne, moi celui de la couleur.

Elle s’engage dans la couture puis la maroquinerie. Il approfondit la peinture. À chaque rencontre, ils poursuivent leurs conversations sur leurs recherches respectives. La capsule naît de cette continuité, sans rupture ni effet d’opportunité.

Alain Joséphine : la topographie martiniquaise comme écriture picturale

Né à Fort-de-France (Martinique) en 1968, Alain Joséphine grandit dans la campagne de Rivière-Pilote, dans une zone marquée par la présence de mornes. Ce paysage, fait de crêtes, de fonds, de lignes naturelles qui se font face, devient le cadre originel de sa sensibilité.

Il évoque d’abord un lien par la poésie. Puis vient la peinture, et avec elle un rapport direct, physique, à l’espace. Sur ces terres accidentées, le rapport au paysage se vit. De la même manière, le rapport qu’il entretient avec ses peintures se joue dans la confrontation : c’est dans le face-à-face avec la matière qu’il construit sa propre réalité picturale.

Dans ses œuvres, il transmet les sensations accumulées durant l’enfance. Ses toiles expriment « les palpitations de la couleur » et ce basculement du regard entre les hauts et les fonds des paysages de Rivière-Pilote. Il en résulte une grammaire visuelle personnelle, où la couleur structure l’espace et impose une respiration.

Cette démarche est présentée à Paris dans « Musiques intérieures », sa première exposition personnelle, du 15 janvier au 28 février.

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La School Gallery / Galerie Olivier Castaing, cadre d’une première à Paris

L’exposition et le dévoilement de la capsule se tiennent à la School Gallery / Galerie Olivier Castaing. La galerie revendique depuis 18 ans une défense d’artistes confirmés et de jeunes talents venus de tous horizons.

Son esprit est décrit comme radical, percutant, transculturel et bouillonnant. Le parti-pris d’Olivier Castaing propose une approche singulière des œuvres. Dans son « antre », le visiteur découvre une multiplicité d’objets et de pratiques : un intérêt particulier pour la photographie, la céramique et les productions de ses artistes fétiches.

Dans ce cadre, la capsule apparaît non comme un produit dérivé de l’exposition, mais comme un prolongement inscrit dans une approche de l’œuvre par le déplacement, le dialogue, la circulation.

Stéphanie Césaire : le sac comme espace de forme et de mémoire

Stéphanie Césaire s’est construit une expérience solide dans l’univers de la mode et des accessoires en collaborant auprès des plus grandes maisons de couture françaises. Elle fonde en 2007 sa marque éponyme de maroquinerie.

Ses créations s’inscrivent dans une ligne artisanale revendiquée. En dehors des sentiers battus, elle met en avant « les vraies valeurs de la maroquinerie artisanale » et une mode portée par des sacs réalisés sans concessions, dans des cuirs français et italiens, avec un minimum d’impact environnemental, par des artisans français.

Dans son approche, le sac à main dépasse sa fonction. Il se rapproche de l’objet. Les lignes épurées, les volumes, les matières et les couleurs construisent une signature esthétique. Son travail distille des souvenirs inspirés par la Martinique, sans recours au récit illustratif : la mémoire se loge dans la sensation, la matière, le choix des formes.

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Carambole, un volume-bijou devenu morceau d’œuvre

La capsule comprend quatre exemplaires différents de « Carambole ».

Carambole se définit comme un étui de cuir souple à la forme oblongue, porté en travers du corps. Sa cloche de cuir, son anneau sculpté et ses plis maintenus en corolle composent un volume nomade. L’objet est pensé comme un compagnon du quotidien, mais il tient aussi du bijou, par sa construction et sa présence.

Le cuir de veau est imprimé numériquement à partir de fragments des toiles d’Alain Joséphine. Chaque Carambole devient un morceau d’œuvre, unique, comparable à un tableau à porter. Dans cette pièce, la surface picturale ne recouvre pas seulement : elle s’insère dans une architecture, suit une courbe, accompagne un pli, se met en tension avec le volume.

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Nô, une forme cinétique qui fait dialoguer cuir et soie

La capsule comprend deux exemplaires différents de « Nô ».

Nô est une création cinétique née d’une simple découpe de cuir qui se déploie en volume avec légèreté. Le modèle est minimal et évolutif. Il met en avant la beauté du geste artisanal dans sa plus grande simplicité.

Pour cette édition, Nô adopte un format plus généreux et accueille un pochon en soie édité par l’artiste et La Maison Gaston, doublé d’agneau. L’intérieur devient alors une autre scène : cuir, soie, couleur, se répondent sans effet de surcharge.

Stéphanie Césaire formule l’intention de la capsule :

Alain a le don de la couleur et transforme la toile en une partition aux rythmes indomptés. Cette exposition à Paris était le prétexte tant attendu pour lier notre travail créatif. Nous l’avons concrétisé dans des pièces de maroquinerie uniques, tantôt fruits peints, tantôt sculptures fluides et informelles où volumes et couleurs se lient au rythme de la nature qui nous a bercé.

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La Maison Gaston, impulsion et coordination d’un projet à plusieurs voix

À l’origine de la collaboration, Christelle Clairville, fondatrice en 2021 de La Maison Gaston. La structure met en lumière artistes et designers des territoires créoles. Son objectif est formulé clairement : faire connaître des récits venus des périphéries, transcender les préjugés, lancer des ponts entre les cœurs.

Chaque pièce proposée raconte l’histoire de son territoire, qu’il s’agisse des îles françaises des Caraïbes ou de La Réunion, comme fragments d’un récit universel façonné par des héritages amérindien, européen, africain, indien et asiatique.

Christelle Clairville suit Alain Joséphine depuis des années. Elle l’a emmené en exposition à Londres avec la galerie TAFETA, à Paris avec la Foire AKAA, à New York avec le soutien de Business France, puis à la galerie Olivier Castaing. Elle convainc les deux artistes de se lancer dans la collaboration et assure le lien entre les parties prenantes, en veillant au respect des visions artistiques.

Elle y voit également l’occasion de mettre en avant la Maison Césaire, maison française fondée par une Martiniquaise, existant depuis près de vingt ans au cœur de Paris, et portée par une création française singulière.

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Une série qui circule entre galerie, boutique et site

Après son dévoilement à la School Gallery, la série est désormais répartie entre la galerie Olivier Castaing et la boutique de la Maison Césaire, 6 rue Saint-Florentin à Paris. La collection est aussi accessible via le site www.stephaniecesaire.fr.

La capsule s’adresse aux univers de la mode, du design, de l’art de vivre et des arts visuels. Elle pose une question simple, sans effet de manche : que devient une peinture lorsqu’elle change de support, lorsqu’elle s’inscrit dans un volume, lorsqu’elle entre dans l’usage ?

Peut-être ce geste marque-t-il le début d’une collaboration appelée à se poursuivre. Dans l’immédiat, ces six pièces donnent une forme concrète à trente ans de dialogue entre ligne et couleur, entre Martinique et Paris, entre toile et cuir.

En savoir plus

La Capsule Césaire x Joséphine : https://www.stephaniecesaire.com/categorie-produit/sacs/capsule-cesaire-josephine/

Site web : https://www.lamaisongaston.com

Instagram : https://www.instagram.com/lamaisongaston_/

LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/christelle-clairville-pierrejoseph/

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