Et que tombent les masques : de Taha’a à Montpellier, Isabel Lavarec explore l’exil, l’inceste et la danse comme chemins d’émancipation

Un départ à dix ans, un océan traversé, un secret d’inceste qui fissure l’enfance, un corps qui cherche à dire ce que la parole ne peut formuler.

Entre la Polynésie française et Montpellier, entre le lagon de Taha’a et l’architecture minérale du quartier Antigone, se joue une question centrale de notre époque littéraire et sociétale : comment grandir lorsque l’identité se construit dans l’arrachement, le silence familial et la tension entre traditions puissantes et désir d’émancipation ?

Les récits d’exil intérieur, les trajectoires marquées par les violences tues, les interrogations sur le genre et les appartenances culturelles trouvent aujourd’hui un écho particulier auprès d’un lectorat adulte et young adult en quête de textes incarnés, capables de conjuguer mémoire intime et enjeux contemporains.

C’est dans cette ligne de fracture qu’Isabel Lavarec inscrit Et que tombent les masques.

À travers Tiaré, héroïne tahitienne confrontée à la révélation d’un secret incestueux, à la migration vers la France métropolitaine et à la nécessité de se réinventer, le roman propose une traversée dense où la danse tahitienne devient langue du corps, outil de résilience et moteur narratif.

Entre huis clos de colocation, retours d’enfance et montée dramatique jusqu’au mariage final, l’autrice tisse un récit d’émancipation féminine et générationnelle qui interroge la tradition sans la figer, explore les identités plurielles sans les simplifier, et fait de la chute des masques non une rupture, mais l’acte fondateur d’une liberté reconquise.

20250220133854-p2-document-iqzh

Taha’a dans l’enfance, Antigone dans la mémoire : l’arrachement comme point de départ

Tiaré a dix ans lorsqu’elle quitte son île de Taha’a pour Montpellier. Elle laisse derrière elle le lagon, les légendes, les liens familiaux puissants et un territoire façonné par la tradition. Son installation dans le quartier Antigone marque un déplacement radical. Le changement de paysage accompagne une transformation plus profonde : celle d’une enfant confrontée à la révélation d’un secret incestueux.

Le roman aborde l’inceste, la loi du silence et la difficulté de se faire entendre lorsqu’on est une enfant avec retenue et gravité. La violence ne se manifeste pas par l’excès, mais par l’étouffement. Cette révélation fracture l’histoire personnelle de Tiaré et constitue une première mort symbolique.

Treize ans plus tard, son retour dans ce même quartier ouvre une seconde traversée. La colocation inattendue, les souvenirs d’enfance qui affleurent, la présence de figures du passé bouleversent l’équilibre fragile qu’elle pensait avoir construit.

La structure du roman, huis clos, retours en arrière, montée dramatique jusqu’au mariage final, installe une tension progressive et permet d’explorer la superposition des temporalités. L’enfance blessée et l’âge adulte dialoguent sans jamais se dissoudre l’un dans l’autre.

Capture d'écran 2026-02-12 101803

Noémie, Tané : quand l’identité refuse les contours figés

La rencontre avec Noémie, danseuse tahitienne, agit comme un révélateur. Les retrouvailles avec Tané, ami d’enfance devenu adulte, déplacent encore les repères. À travers ces figures, le roman interroge les frontières du masculin et du féminin, de l’amitié et du désir, de la norme et de l’écart.

Le personnage de Noémie, ou Tané, incarne une frontière mouvante entre identité culturelle et identité personnelle, entre passé et présent. Le trouble qui traverse Tiaré ouvre un espace de réflexion sur le genre et les identités LGBTQIA+, sans discours explicatif ni démonstration. Le texte privilégie l’expérience intérieure, les tensions, les hésitations.

Faire tomber les masques, ici, signifie abandonner les rôles assignés par la famille, la tradition ou le regard social. L’identité apparaît comme un mouvement, une construction progressive, traversée de contradictions.

Le Ori Tahiti : le corps comme archive et comme promesse

La danse occupe une place centrale dans le roman. Le Ori Tahiti n’est ni un décor ni un simple élément culturel. Il constitue un véritable langage émotionnel et un moteur narratif.

C’est par la danse que Tiaré se reconnecte à son île, à son premier amour, à son histoire. Le corps devient mémoire. Le mouvement permet d’exprimer ce que les mots ont longtemps retenu. La danse relie les générations, les blessures et les renaissances. Elle offre un espace où la vérité peut se formuler autrement.

Isabel Lavarec l’écrit clairement : « Car la danse est ici plus qu’un art : elle est un passage, un souffle, une manière de dire ce que les mots ne peuvent pas porter. Elle relie les corps, les mémoires, les lignées. Elle permet à Tiaré de retrouver sa voix, son territoire intérieur, et la possibilité d’un amour qui ne nie pas son histoire. »

La dimension corporelle du récit confère au texte une intensité particulière. La reconstruction ne se limite pas à une prise de conscience intellectuelle ; elle passe par le geste, le rythme, l’ancrage.

Tradition en tension : aimer ses origines sans les figer

Le roman propose une réflexion nuancée sur la culture polynésienne. La Polynésie n’est pas traitée comme un décor exotique. Elle apparaît comme un territoire vivant, traversé par des traditions fortes, des liens familiaux puissants et des injonctions parfois difficiles à porter.

Isabel Lavarec précise : « Je voulais interroger ce que signifie porter une identité entre deux mondes, avec tout ce que cela comporte de beauté, mais aussi de contradictions. La Polynésie n’est pas un décor : c’est un territoire vivant, complexe, fait de traditions fortes, de liens familiaux puissants… et parfois d’injonctions difficiles à porter. »

L’amour des origines coexiste avec la nécessité de questionner. La transmission n’exclut pas la remise en cause. L’exil devient intérieur : comment se tenir entre plusieurs héritages sans s’effacer ?

Un roman pensé comme espace de dialogue

Et que tombent les masques s’adresse à un lectorat adulte et young adult sensible aux récits initiatiques, aux histoires interculturelles et aux questionnements identitaires. Il peut également intéresser les médiateurs du livre — libraires, bibliothécaires, enseignants, animateurs culturels — à la recherche d’œuvres ouvrant le dialogue autour de la transmission, de la résilience et de la diversité culturelle.

Le projet s’inscrit dans une démarche artistique et culturelle élargie : rencontres en librairie, salons du livre, lectures publiques et échanges autour de l’identité, de la danse et de la mémoire du corps. Des contenus visuels et formats courts, lectures filmées et extraits mis en voix, sont envisagés. Des pistes d’adaptation artistique, notamment dans le domaine de la danse ou de la scène, sont également à l’étude. Une diffusion à l’international est envisagée, en particulier dans les espaces francophones et anglophones sensibles aux récits interculturels et aux thématiques LGBTQIA+.

En suivant Tiaré de Taha’a à Montpellier, du silence à la danse, Isabel Lavarec compose un roman d’émancipation féminine et générationnelle. Faire tomber les masques n’y signifie pas rompre avec son histoire, mais accepter de la regarder en face pour mieux la transformer.

Quatrième de couverture

À dix ans, Tiaré quitte son île de Taha’a pour Montpellier, arrachée au lagon et aux légendes polynésiennes. Dans le quartier Antigone, elle traverse une première mort initiatique : rejetée par ses parents après la révélation d’un secret incestueux, elle renaît ailleurs, recueillie par Ato et son amie psychologue. De l’enfance à l’adolescence, Antigone devient pour elle un seuil, une épreuve, une initiatrice. Treize ans plus tard, alors qu’elle croit son passé refermé — études de biologie, projets solides — un retour dans ce même quartier marque une seconde traversée. En quittant la maison d’Ato pour une colocation, Tiaré affronte une nouvelle rupture. Sa colocataire, Noémie, danseuse tahitienne magnétique, ravive les souvenirs enfouis et les liens perdus. Dans le huis clos d’un appartement transformé en salle de danse, elle retrouve Tané, ami d’enfance devenu adulte, et s’engage dans une renaissance décisive. Entre mémoire, danse et amour, ce roman explore l’exil intérieur, la reconstruction et le passage à l’âge adulte, là où tombent enfin les masques.

Infos Pratiques

Et que tombent les masques, d’Isabelle Lavarec

  • Éditeur ‏: ‎EX AEQUO ( 18 février 2026) ;
  • ISBN-13 ‏: ‎ 979-10-388-1103-4 ;
  • Format : Broché ;
  • Prix : 17 €.

Isabel Lavarec : une voix d’autrice entre science, pédagogie et imaginaire

Ancienne professeure agrégée de sciences de la vie et de la Terre, Isabel Lavarec a enseigné en France et en Polynésie française, notamment en École normale, au centre de formation des PEGC puis à l’IUFM. Elle a participé à la création de documents scientifiques destinés aux enseignants du primaire, développant une approche sensible du vivant, de l’éducation et de l’environnement.

Romancière et autrice jeunesse, elle explore les liens entre nature, mémoire et résilience. Ses années en Polynésie ont nourri l’écriture de ce roman, conçu comme un hommage sans idéalisation.

Elle explique : « J’ai écrit ce roman pour rendre hommage à une terre qui m’a profondément marquée : la Polynésie française. (…) Le personnage de Noémie — ou Tané — incarne justement la frontière mouvante entre passé et présent, entre identité culturelle et identité personnelle, entre amour ancien et renaissance. »

Son ambition est de proposer un roman capable de toucher un large lectorat par son universalité, tout en donnant une voix singulière aux identités métissées et aux parcours de reconstruction.

Capture d'écran 2026-02-12 102214En savoir plus

Site web : https://www.mollisa.fr

Facebook : https://www.facebook.com/isabellavarec44

Instagram : https://www.instagram.com/isabel.lavarec.livres/ 

LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/isabel-lavarec-molina-a4822647/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>