“Victoire – Le Film” – Une adolescente, une légende oubliée, un territoire réel : la trajectoire inattendue d’un film d’aventure né en Meuse et porté par son public

Un film tourné loin des grands centres de production, sans acteurs connus, sans campagne nationale, n’est pas censé créer l’événement. Et pourtant, en Meuse, un long métrage indépendant parvient depuis plusieurs semaines à déplacer des spectateurs bien au-delà de son périmètre naturel. Certains parcourent plus d’une heure de route pour le découvrir, d’autres reviennent accompagnés. En neuf semaines, 4 000 entrées ont été enregistrées dans seulement deux salles, déclenchant une série de nouvelles demandes de programmation, d’abord dans le département, puis au Luxembourg et en Belgique. Cette circulation progressive, presque organique, interroge autant la place du cinéma indépendant aujourd’hui que la capacité d’un récit populaire à recréer du lien entre un territoire et son public.

Cette trajectoire inattendue est celle de Victoire et le Secret des Terres de Meuse, premier long métrage de Baptiste Kasprowicz.

Tourné en 21 jours avec un budget de 60 000 euros, financé en partie par un dispositif participatif du département de la Meuse et porté par une équipe majoritairement issue du Grand Est, le film propose une aventure familiale de chasse au trésor s’appuyant sur une légende médiévale liée au roi Lothaire.

À travers le parcours d’une jeune adulte en rupture avec son père, revenue sur les terres de son enfance, le film mêle patrimoine, transmission et mystère, tout en faisant du territoire meusien un moteur narratif à part entière.

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Victoire, ou l’histoire d’un retour aux sources qui refuse la nostalgie

Victoire est une jeune adulte parisienne en conflit avec son père. Lorsqu’elle revient passer ses vacances en Meuse, ce n’est pas par choix mais par nécessité, avec l’idée de renouer, sans réelle conviction, avec des racines qu’elle a mises à distance. Ce retour familial agit comme un révélateur. Loin d’un simple séjour estival, il devient un moment de confrontation avec une histoire familiale inachevée.

Très vite, l’intime rencontre l’urgence. Pour sauver la maison de sa grand-mère, Victoire se voit contrainte d’engager une quête inattendue : découvrir le Secret des Terres de Meuse. Ce point de bascule fait glisser le récit d’un conflit familial contemporain vers une aventure structurée par l’énigme, les indices et la mémoire des lieux. Ce qu’elle trouvera ne se résume pas à un trésor matériel, mais à une transformation durable de son rapport à son héritage, à sa famille et à elle-même.

Découvrir la bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=G0z6P6QfXtY&authuser=0

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Le Secret des Terres de Meuse : quand une légende médiévale irrigue un récit contemporain

L’intrigue du film s’appuie sur une légende associée au roi Lothaire, souverain dont le territoire englobait la partie centrale de l’Europe actuelle. Cette référence historique constitue l’ossature du récit. Elle relie les indices, les lieux et les personnages, tout en inscrivant l’histoire dans une temporalité plus large que celle du simple récit familial.

En convoquant cette figure, le film donne à sa quête une profondeur singulière. Le secret à découvrir devient un trait d’union entre passé et présent, entre mémoire collective et trajectoire individuelle. La Meuse s’affirme ainsi comme un territoire chargé de traces et de récits, dont le spectateur est invité à explorer les strates.

Une chasse au trésor comme terrain de jeu intergénérationnel

Pour toucher un public large, à la fois familial et scolaire, avec une cible prioritaire de spectateurs de plus de 35 ans, Victoire et le Secret des Terres de Meuse fait le choix assumé d’un genre immédiatement identifiable : la chasse au trésor. Un genre profondément ancré dans l’imaginaire collectif, qui permet de mobiliser des clés de lecture déjà présentes chez le spectateur.

Les références convoquées s’inscrivent dans cette culture partagée :

  • Les Goonies pour l’aventure initiatique ;
  • Da Vinci Code pour l’enquête historique ;
  • Indiana Jones et Benjamin Gates pour la mise en récit du patrimoine et du mystère.

Ce cadre narratif familier permet d’aborder, sans didactisme, des thématiques plus profondes : la transmission, la filiation, la valeur symbolique des lieux et la manière dont un héritage peut se transmettre autrement que par les mots.

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La Meuse, personnage invisible mais moteur de l’intrigue

Financée par le département de la Meuse, cette fiction pédagogique a été pensée dès l’origine comme un outil de valorisation territoriale. Le film traverse la Meuse en passant par cinq de ses plus grandes villes et met en lumière huit communes, intégrées directement à la narration.

Monuments, paysages et architectures ne sont pas de simples décors. Ils deviennent des éléments actifs du récit, porteurs d’indices et de sens. Cette approche permet au spectateur de découvrir les richesses historiques et architecturales du département, tout en donnant à voir les valeurs de ses habitants à travers les situations et les relations entre les personnages.

L’ambition initiale était de donner envie de découvrir la Meuse. Désormais, porté par son succès, le film vise un rayonnement national, voire international, en réveillant chez les spectateurs les souvenirs d’enfance des chasses au trésor entre amis les après-midis d’été.

21 jours, 8 villes, 300 visages : l’envers du décor d’une aventure collective

Derrière l’apparente simplicité du récit, Victoire et le Secret des Terres de Meuse repose sur une mécanique de production dense, révélatrice de l’ampleur humaine et logistique du projet.

Pensé comme une aventure collective, le film mobilise des ressources importantes, à l’échelle d’un territoire, tout en s’inscrivant dans un cadre de production indépendant.

Quelques chiffres permettent de mesurer concrètement cette réalité :

  • 12 acteurs composent la distribution du film, donnant corps à une galerie de personnages ancrés dans le territoire et dans la fiction ;
  • 300 figurants ont participé au tournage, impliquant directement les habitants et renforçant le lien entre le film et la population locale ;
  • 66 techniciens ont été mobilisés, réunissant des professionnels expérimentés, des passionnés issus en partie du Grand Est, ainsi que des profils débutants, dans une logique assumée de transmission des savoir-faire.

Le tournage s’est déployé sur une échelle géographique significative :

  • 8 villes traversées ;
  • 20 lieux de tournage, intégrés au récit comme éléments narratifs à part entière ;
  • 21 jours de tournage, concentrés majoritairement entre le 10 et le 25 août 2024.

Le rythme de production témoigne également de l’exigence du projet :

  • entre 15 et 20 plans tournés par jour ;
  • pour aboutir à un film d’une durée finale de 1 heure et 32 minutes.

De l’émergence de l’idée initiale à la projection en salle, 34 mois se sont écoulés. Un temps long, révélateur d’un travail de maturation, d’écriture, de préparation et de coordination, rarement perceptible à l’écran mais essentiel à la cohérence de l’ensemble.

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D’un budget participatif à l’écran : la naissance d’un film citoyen

La genèse de Victoire et le Secret des Terres de Meuse s’inscrit dans une dynamique collective. En décembre 2022, l’association Placieux Production a été lauréate du budget participatif « Ma Fameuse Idée » et a reçu une subvention de 28 400 euros du département de la Meuse.

Le scénario, coécrit par Baptiste Kasprowicz et Yann Calesse, tous deux originaires de Verdun, a été tourné majoritairement du 10 au 25 août 2024. L’équipe de tournage réunit des professionnels expérimentés, des passionnés issus en partie de la région Grand Est, ainsi que des débutants, dans une logique assumée de transmission et de partage des compétences.

Une soirée d’avant-première est prévue au cinéma Caroussel à Verdun, marquant une étape symbolique dans le parcours du film.

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Un film hors-cadre porté par le public, pas par le système

Avec plus de 3 800 entrées en huit semaines dans deux salles meusiennes, Victoire et le Secret des Terres de Meuse a dépassé les attentes initiales. Le succès rencontré a suscité de nouvelles demandes de programmation : trois autres cinémas en Meuse, des salles au Luxembourg, ainsi qu’en Belgique.

Une avant-première test est prévue au Luxembourg le 26 février, suivie de projections en Belgique à partir du mois de mars. Chaque nouvelle diffusion s’accompagne, dans la mesure du possible, de la présence du réalisateur et des acteurs, prolongeant l’expérience par des échanges directs avec le public.

Les ambitions du projet s’inscrivent dans une progression assumée :

  • Succès dans la ville d’origine ;
  • Diffusion départementale ;
  • Ouverture vers le Luxembourg et la Belgique ;
  • Déploiement en Lorraine ;
  • Extension au Grand Est ;
  • Diffusion nationale.

En savoir plus

Site web : https://victoire-lefilm.fr/

Le Biosite https://bio.site/victoireetlesecretdesterres

Facebook : https://www.facebook.com/baptistefaitson1erfilm

Instagram : https://www.instagram.com/baptistefaitson1erfilm/

Linkedin : https://www.linkedin.com/in/baptiste-kasprowicz-b3374885/

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