Il y a l’Italie que l’on mange toute l’année. Et puis il y a celle qui n’arrive vraiment à table qu’à Noël. Celle des tortellini plongés dans un bouillon fumant, des charcuteries sorties pour les grandes occasions, des recettes familiales dont chacun défend la « vraie » version et de l’éternel débat entre panettone et pandoro. Du Nord au Sud, les menus changent, les spécialités aussi. Mais une chose demeure : en Italie, les fêtes se vivent autour de la table. Longuement. Généreusement. Ensemble.
Pour Noël 2026, AMARSI, spécialiste de l’événementiel italien à Paris, prend la direction de l’Émilie-Romagne. Région d’origine de son cofondateur Stefano Negrini, elle est aussi l’un des territoires gastronomiques les plus riches d’Italie. Tortellini, Culatello di Zibello DOP, Mortadella di Bologna IGP, Parmigiano Reggiano DOP, Lasagna al ragù… cet hiver, ses produits et ses traditions familiales deviennent le fil rouge des événements de fin d’année du traiteur parisien.

Buon Natale : quand l’Italie sort les grands plats
Réduire Noël en Italie au panettone serait un peu comme résumer la gastronomie française à la bûche. Car derrière ce dessert désormais familier des tables françaises se cache une véritable géographie des fêtes. D’une région à l’autre, les habitudes changent. Le réveillon n’est pas le déjeuner du 25 décembre. Le Nord n’est pas le Sud. Les recettes se transmettent, se discutent et se défendent parfois jusque dans les familles.
En Émilie-Romagne, Noël commence autour de la table
À Bologne, les fêtes de Noël ont leurs rituels, et beaucoup se jouent à table. On commence volontiers par les crescentine, servies encore chaudes et garnies de Mortadella di Bologna et de squacquerone, parfois relevées de quelques gouttes de vinaigre balsamique.
Puis vient le primo, souvent au cœur du repas. Tortellini in brodo, lasagne, tagliatelle al ragù, cappelletti ou anolini : les recettes varient d’une ville à l’autre et, surtout, d’une famille à l’autre. À Bologne, les tortellini servis dans un bouillon fumant restent l’un des grands marqueurs des fêtes.
Le repas se poursuit avec les plats réservés aux grandes tablées d’hiver : Stefano se souvient du bollito misto accompagné de différentes sauces et condiments comme le friggione, cette préparation typiquement bolognaise à base d’oignons et de tomates.
Et lorsque que le repas touche à sa fin, arrivent encore les desserts : torta di riso, zuppa inglese, panettone et autres douceurs que l’on découpe et partage au milieu de la table.
Plus qu’un menu, c’est un rituel, une manière d’aller au-delà des références italiennes les plus connues en France pour raconter ce que l’on mange réellement en Italie lorsque Noël arrive.
Le Culatello di Zibello : le roi des charcuteries parfait pour les grandes occasions
Surnommé le « roi des charcuteries italiennes », le Culatello di Zibello doit sa réputation à son équilibre entre gras et maigre, à la longueur de son affinage et à un procédé de fabrication qui laisse le temps et l’air façonner ses arômes.
Pour ses tables de fêtes, AMARSI a choisi CroceDelizia, une petite production familiale d’Émilie-Romagne qui ne produit qu’environ 1 500 Culatelli par an. Les plus belles pièces sont sélectionnées parmi les plus gros porcs, puis chaque étape est réalisée à la main : la viande est salée, mise au repos, enveloppée dans un boyau naturel et ficelée avant de reposer dans des chambres froides puis de rejoindre la cave.
C’est là que le temps fait son œuvre. Pendant près de deux ans, le Culatello perd progressivement son eau et concentre ses saveurs dans une cave naturelle où température et humidité sont régulées manuellement. Chaque semaine, les pièces sont brossées à la main pour maîtriser les moisissures nobles qui se développent naturellement au cours de l’affinage. Au contact de l’air, la viande évolue lentement et développe des arômes complexes, plus intenses et un goût particulièrement marqué.
Un produit qui demande beaucoup de temps, de gestes et de patience, et qui trouve naturellement sa place au centre des grandes tables de fête.
A tavola ! Stefano nous partage la recette de ragù de sa nonna Marisa
À Bologne, le ragù n’est pas simplement un plat hivernal. Pour de nombreuses familles, il fait partie du déjeuner de Noël, associé aux tagliatelle ou incorporé dans les lasagnes.
Tout commence la veille, chez le charcutier de confiance, pour choisir il macinato. Chaque famille a sa recette : choix et proportion des viandes, pancetta, quantité de tomate… C’est ce qui rend chaque ragù unique. Pour 4 personnes, nonna Marisa préconise 100 g de pancetta et 200 à 300 g de magro di manzo, une pièce de bœuf plutôt maigre, à demander au charcutier de hacher.
Trois gestes font la différence :
- Faire doucement revenir oignon, carotte et céleri avant d’ajouter la pancetta
- Bien faire rissoler la viande, puis ajouter sel, poivre et un peu de lait. Attendre qu’elle ait absorbé tout son jus
- Incorporer ensuite, un peu de conserve de tomate et laisser mijoter pendant 3 à 4 heures. Ajouter si nécessaire un peu de bouillon ou d’eau chaude, et mélanger le tout régulièrement pour qu’il n’attache pas et que les saveurs se fondent progressivement.
Dans un vrai ragù bolognais, la tomate donne de la couleur, elle ne doit pas prendre le dessus sur la viande. Un ragù très rouge raconte souvent une autre histoire : celle d’une sauce tomate enrichie de viande. Ici, c’est la viande qui reste au centre.
Puis vient le meilleur moment : le dimanche, lorsque toute la maison sent le doux parfum du ragù. Avec des tagliatelle, de la polenta ou entre les couches d’une lasagna, c’est autant un plat qu’un souvenir qui revient à table : un repas de dimanche ou un plat de fête, en famille, à la bolognaise.
Place à une fête qui raconte quelque chose
Cette approche prend tout son sens pour les événements professionnels de décembre. Startups, maisons de luxe et de design, institutions italiennes, grands cabinets d’avocats ou sociétés de conseil : derrière des univers très différents se retrouve une même problématique de fin d’année. Comment réunir collaborateurs, clients ou partenaires sans reproduire une réception interchangeable ?
AMARSI répond par un parti pris culturel autant que gastronomique. L’Italie devient le fil rouge de la soirée. Non comme un décor plaqué, mais comme une expérience cohérente, de l’assiette à la scénographie, du produit à la manière de recevoir. Et avec une idée toute simple en toile de fond : faire de la table un lieu où il se passe quelque chose.

Une Française, un Italien, Naples… et quelques taralli
AMARSI est justement né d’une histoire de rencontres. D’abord celle d’Annaëlle et Stefano, au Canada. Formée au marketing et au management de la mode, Annaëlle a travaillé comme cheffe de produit, assistante marketing et acheteuse dans le design. Passionnée par le lifestyle et la gastronomie, elle n’imagine pourtant pas encore construire un projet professionnel autour de la food.
Puis viennent Stefano. Les voyages. Et l’Italie. Pas uniquement celle des grandes villes ou des recettes mondialement connues : celle des produits locaux, des traditions et des richesses régionales.
En parallèle, Annaëlle débute un master en Entrepreneuriat à l’IAE Gustave Eiffel. Une idée commence alors à s’imposer : faire découvrir l’Italie authentique à Paris. Le déclic se produit au retour d’un voyage à Naples. Après avoir goûté quantité de spécialités, de la liqueur au fameux tarallo napoletano, Annaëlle et Stefano veulent retrouver à Paris les produits découverts sur place. De cette envie gourmande naît AMARSI.
Le Made in Italy, avec l’accent
Cette histoire reste aujourd’hui la colonne vertébrale du projet. AMARSI ne souhaite pas simplement emprunter les couleurs de l’Italie. L’italianité constitue son expertise. Son équipe, italienne, jeune et agile, s’appuie sur la complémentarité des associés et de leurs compétences en image, commercial et opérationnel.
L’expérience d’Annaëlle dans la mode et le design nourrit également l’importance accordée au produit, à la beauté et à la qualité des prestations. Mais un autre ingrédient compte tout autant : le rapport humain. AMARSI revendique une relation chaleureuse, attentive et directe avec ses clients. Pas d’approche industrielle ni de prestation déshumanisée : la gentillesse, la proximité et l’écoute font partie intégrante de sa conception du service.
Pour Noël, l’Italie ne tient décidément pas dans une assiette
L’ambition d’AMARSI est aujourd’hui de devenir une référence de l’événementiel italien et un ambassadeur du Made in Italy, en participant au rayonnement de la richesse de la Botte. Sa mission tient en quelques mots : « Sublimer le meilleur de l’Italie dans un moment de plaisir partagé. »
Noël réunit justement tout ce que le projet cherche à raconter depuis ses débuts : des produits, des régions, des traditions, le goût des belles choses et, surtout, des personnes réunies autour d’une même table. Cet hiver, AMARSI ne propose donc pas simplement d’ajouter quelques spécialités italiennes aux événements de fin d’année. Il invite à faire ce que l’Italie sait si bien faire à Noël : sortir les beaux produits, dresser une grande table, rapprocher les chaises… et ne surtout pas regarder l’heure.
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