Les projets ne dérapent pas toujours parce qu’ils sont mal conduits. Ils dérapent aussi parce que les outils censés les sécuriser regardent le travail depuis le mauvais endroit.
Pensés pour alimenter les tableaux de bord des directions, ils demandent aux équipes de rendre compte sans réellement les aider à agir. Le planning se périme, la charge se réfugie dans un tableur, l’avancement se reconstruit en réunion et la décision finit par s’appuyer sur une réalité déjà dépassée.
L’éditeur français PM side lance Henry pour rompre avec cette mécanique.
Sa proposition : équiper d’abord ceux qui réalisent les projets afin de faire émerger, depuis le terrain, une information fiable, consolidable et utile à ceux qui les pilotent.
Le grand malentendu du pilotage de projet
Tout commence par une demande légitime : savoir où en sont les projets.
Pour y répondre, une direction déploie un système de pilotage, définit des indicateurs et organise la remontée d’information. Mais l’outil est généralement conçu depuis le sommet, selon les besoins de ceux qui consultent les données, beaucoup moins selon les réalités de ceux qui doivent les produire.
Les équipes se retrouvent alors face à un système qui leur demande de raconter leur travail sans les aider à le faire. L’activité réelle continue de circuler dans les courriels, les réunions, les listes personnelles et les fichiers parallèles. L’information officielle, elle, s’éloigne progressivement du terrain.
Henry résume cette mécanique par une formule : « On pense top-down, on espère bottom-up, et on récolte du bullshit-up. »
Le résultat est connu :
- Des plannings rapidement dépassés ;
- Des plans de charge maintenus dans des tableurs parallèles ;
- Des états d’avancement qu’il faut réclamer puis reconstituer ;
- Des comités de pilotage consacrés à commenter des chiffres déjà périmés ;
- Des arbitrages retardés, faute d’une vision suffisamment fiable.
Personne n’est de mauvaise foi. C’est le montage lui-même qui produit ce décalage.
Non, ce n’est pas toujours la conduite du changement
Face à l’échec d’un outil, le diagnostic tombe vite : résistance des équipes, usages insuffisamment maîtrisés ou accompagnement trop léger.
Pour PM side, le problème se situe plus en amont. Lorsqu’un système ne tient pas compte des contraintes de ceux qui doivent l’utiliser, la difficulté naît dès sa conception. Aucune formation ne peut durablement transformer un outil de reporting en outil de travail.
L’enjeu dépasse d’ailleurs le confort d’utilisation. La méthode projet ne crée de valeur que lorsqu’elle aide à maîtriser un enchaînement, sécuriser une échéance, répartir une charge ou détecter un problème assez tôt pour agir. Réduite au compte rendu, elle coûte à l’organisation sans produire tous ses bénéfices.
Et si l’avancement n’avait plus besoin d’être réclamé ?
Henry prend le problème par l’autre bout. L’application équipe d’abord ceux qui font avancer les projets. La vision consolidée destinée aux directions devient alors la conséquence d’un travail correctement structuré.
Au cœur du dispositif, le planning retrouve sa fonction première : raconter ce qu’il faut accomplir, dans quel ordre, avec quelles ressources et quelles dépendances.
Les collaborateurs peuvent ouvrir une tâche, la décomposer en actions, s’affecter ces actions, en créer de nouvelles et échanger dans un fil de discussion structuré. Le travail ne se déroule plus à côté du planning : il prend place à l’intérieur. L’avancement n’est plus une donnée déclarée après coup ; il devient le résultat visible de l’activité réalisée.
Une seule réalité, cinq manières de la regarder
Henry ne juxtapose pas plusieurs outils racontant chacun une version différente du projet. L’application organise une matière commune, adaptée à chaque fonction :
- Le membre d’équipe structure son activité ;
- Le chef de projet maîtrise les délais et les enchaînements ;
- Le responsable d’équipe arbitre la charge de ses collaborateurs ;
- Le responsable de portefeuille repère les tensions entre projets ;
- Le dirigeant accède à une vision consolidée issue du terrain.
La planification et le plan de charge cessent ainsi d’évoluer dans deux mondes séparés. Lorsqu’un calendrier bouge, ses conséquences deviennent visibles sur la capacité à faire.
Henry intègre également les règles nécessaires à la construction d’un planning tenable et signale les incohérences lorsqu’elles apparaissent. La justesse ne dépend plus uniquement de l’expertise de celui qui planifie.
Sa promesse tient en une ligne : « Des plannings justes et robustes, sans souffrir. » Sans usine à gaz, et sans que maintenir une information fiable coûte davantage que ce qu’elle rapporte.
Vingt-six ans à combler l’écart entre le haut et le terrain
Henry est l’aboutissement des parcours de Xavier Hovasse et Mathieu Chateau, cofondateurs de PM side. Son nom rend hommage à Henry Laurence Gantt, l’ingénieur à l’origine du célèbre diagramme qui, depuis plus d’un siècle, permet de représenter le travail dans le temps.
Mais l’hommage va au-delà du nom. Le diagramme de Gantt avait réussi à réunir deux qualités que les outils de gestion de projet ont progressivement séparées : l’exigence et la lisibilité. Celui qui décidait et celui qui réalisait pouvaient regarder la même représentation du travail.
C’est cet héritage que Henry entend remettre en mouvement : un planning suffisamment robuste pour piloter le projet, mais suffisamment simple pour être utilisé par ceux qui le réalisent. Pas une copie du passé, mais une manière d’en retrouver l’intention avec les possibilités d’aujourd’hui.
Depuis 2009, Xavier Hovasse et Mathieu Chateau conçoivent et déploient des solutions de gestion de projet. Ils ont notamment figuré parmi les premiers à proposer Microsoft Project Server en mode SaaS, avant le lancement de Project Online par Microsoft. Cette activité, à l’origine de PM side en 2011, a porté plusieurs milliers de plannings et plusieurs millions d’heures de travail.
Les deux associés ont ensuite développé More with Project, un add-on destiné à simplifier Microsoft Project et à améliorer la qualité des plannings grâce à une méthodologie éprouvée et à un coach virtuel détectant les anomalies.
Mathieu Chateau porte l’exigence technique, nourrie par des environnements dans lesquels la sécurité, la disponibilité et la montée en charge sont déterminantes. Xavier Hovasse porte l’exigence métier, après vingt-six ans passés entre les directions, préoccupées par le pilotage, et les équipes confrontées à la réalité des systèmes déployés.
Après les rustines, la page blanche
Pendant des années, PM side a cherché à adapter les outils existants aux réalités opérationnelles. Mais leurs limites ne relevaient pas seulement de défauts de finition. Elles découlaient d’un choix initial : équiper la remontée d’information plutôt que le travail.
Fin 2025, les deux associés décident donc de repartir de zéro, avec une règle : chaque fonctionnalité doit d’abord être utile à celui qui l’utilise au quotidien. La consolidation vient ensuite.
Henry couvre aujourd’hui toute la chaîne : planification, collaboration, plan de charge, capacité à faire, suivi des temps, gestion de portefeuille et liaisons entre projets. Il fait moins de la gestion de projet que de la réalisation de projet.
Reconquérir les projets abandonnés aux tableurs
L’ambition de Henry se mesure en terrain reconquis : les projets que les entreprises ont renoncé à piloter finement, les charges qu’elles ne tiennent plus et les arbitrages devenus trop coûteux en temps.
L’application cible notamment les organisations à forte intensité de projets (industrie, technologie, énergie et secteur public) ainsi que les PMO, directions de projets, responsables de portefeuille, chefs de projet et managers de ressources. Elle s’adresse aussi aux structures intermédiaires, déjà équipées mais déçues, ou pilotant encore sous tableur.
Henry est diffusé sous licence. La formation et l’accompagnement sont conçus comme des tremplins vers l’autonomie, non comme une rente. Son développement se concentre d’abord sur le marché français, par la vente directe et par un réseau d’intégrateurs : PM side fournit le logiciel, la méthodologie et les référentiels ; ses partenaires assurent la capacité de déploiement.
Fruit d’une quarantaine de missions de grande ampleur, Henry défend une conviction simple : pour obtenir une information fiable en haut, il faut commencer par mieux équiper le travail en bas.
En savoir plus
Site web : https://www.henryrocks.com
Linkedin : https://www.linkedin.com/


