44 723 troubles musculo-squelettiques reconnus comme maladies professionnelles en 2024. Des affections psychiques reconnues multipliées par 5,6 depuis 2015.
Derrière ces chiffres, une réalité économique reste difficile à saisir : que représentent concrètement ces risques pour une entreprise donnée ? Combien de cas peut-elle statistiquement attendre ? Quel est le poids des arrêts et de la désorganisation qu’ils entraînent ?
Pour faire le lien entre statistiques nationales et réalité de terrain, ScanUp, développé au sein de 360SkillVue, met en ligne un simulateur du coût des TMS et des RPS.
Un outil fondé sur les données de l’Assurance Maladie et le barème officiel AT/MP, qui transforme un risque collectif en estimation adaptée à chaque organisation.
Moins d’accidents du travail, mais une autre forme d’usure qui progresse
En vingt ans, le paysage des risques professionnels a évolué. Entre 2005 et 2024, la fréquence des accidents du travail a reculé de 31 %, passant de 38,3 à 26,4 accidents pour 1 000 salariés.
Dans le même temps, les maladies professionnelles repartent à la hausse. Les TMS restent massifs, avec 44 723 cas reconnus en 2024, tandis que les affections psychiques enregistrent la progression la plus rapide : 320 cas reconnus en 2015 contre 1 805 en 2024, soit 5,6 fois plus.
Ces données objectivent une tendance nationale. Elles répondent moins facilement à la question d’une direction : qu’est-ce que cette réalité représente à l’échelle de son entreprise ?
Un simulateur pour passer des statistiques nationales au coût réel pour l’entreprise
C’est précisément la vocation du nouvel outil proposé par ScanUp.
Plutôt que d’appliquer une moyenne générale à toutes les organisations, le Simulateur du coût des TMS et des RPS part du profil de l’entreprise et de la sinistralité réellement constatée dans son secteur.
Il permet notamment d’estimer :
- Le nombre de TMS et d’affections psychiques reconnues statistiquement attendus au regard de l’effectif ;
- Le coût direct correspondant aux arrêts ;
- Le coût potentiel de leur désorganisation pour l’entreprise ;
- La part des RPS qui n’apparaît pas dans les maladies professionnelles reconnues, à partir d’hypothèses ajustables ;
- Et le coût de différentes démarches de prévention, afin de disposer d’un point de comparaison.
L’ambition n’est pas de prédire ce que coûtera exactement l’absentéisme à une entreprise. Elle est de donner un ordre de grandeur documenté là où le risque reste souvent exprimé en nombre de cas, en jours d’absence ou en taux de sinistralité.
Secteur, effectif, durée des arrêts : le calcul part de données observées
Les taux de sinistralité proviennent notamment du jeu de données « Risques professionnels : sinistralité par secteur d’activité (NAF 1 et NAF 5) » publié par l’Assurance Maladie. Il rassemble 60 480 enregistrements de 2005 à 2024, portant sur 20,8 millions de salariés du régime général.
Pour les TMS, l’effectif est rapproché du nombre de troubles reconnus pour 10 000 salariés dans le secteur en 2024. Le même principe s’applique aux affections psychiques reconnues.
Le coût direct repose ensuite sur le barème des coûts moyens 2026 de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie, utilisé pour imputer les sinistres au compte employeur et calculer le taux de cotisation AT/MP. La tranche retenue découle de la durée d’arrêt observée dans le secteur concerné.
Derrière chaque arrêt, une désorganisation que les coûts directs ne racontent pas
Une absence peut entraîner remplacement, intérim, heures supplémentaires, redistribution de la charge de travail ou perte de production.
Cette réalité est intégrée au calcul à travers un coût de désorganisation, établi à partir des jours ouvrés d’absence, du coût journalier du salarié et d’un pourcentage ajustable par l’entreprise. Les journées issues des données sur les arrêts de travail sont converties en jours ouvrés selon un coefficient de cinq septièmes.
L’outil permet ainsi de regarder au-delà du seul coût direct : un arrêt pèse aussi par ce que l’entreprise doit réorganiser autour de lui.
RPS : chiffrer sans prétendre mesurer ce que personne ne mesure
Les statistiques recensent les affections psychiques reconnues comme maladies professionnelles, et non l’ensemble des situations liées aux RPS susceptibles d’entraîner des absences.
Le calcul distingue donc explicitement cette zone moins documentée. Pour la part non reconnue des RPS, l’entreprise renseigne sa propre hypothèse de jours d’absence par salarié, ensuite rapprochée du coût journalier.
Ce paramètre ne repose sur aucune donnée publique et il est présenté comme tel : les données observées restent des données observées ; les hypothèses restent des hypothèses.
Un résultat utile à condition de savoir exactement ce qu’il mesure
Cette transparence vaut également pour les limites de l’estimation.
Le périmètre concerne le régime général et exclut notamment le régime agricole, les fonctionnaires titulaires et les indépendants non affiliés à l’assurance volontaire. Les données comptabilisent des sinistres reconnus, pas une prévalence sanitaire : la hausse des affections psychiques peut donc aussi refléter une évolution de leur reconnaissance.
Les 317 journées indemnisées rapportées à chaque maladie professionnelle reconnue constituent par ailleurs un ratio annuel, et non la durée exacte d’un dossier.
Enfin, les coûts d’incapacité permanente sont exclus. L’estimation est donc prudente, mais non exhaustive.
Quand le coût du risque permet de remettre celui de la prévention en perspective
Chiffrer les conséquences potentielles des TMS et des RPS ouvre enfin une autre lecture : celle de l’investissement nécessaire pour agir en amont.
Audit RPS collectif, entretiens individuels, études de poste par un ergonome ou démarche de dépistage ciblée : différentes approches peuvent être mises en regard, avec des hypothèses de coût ajustables.
Dans l’approche ScanUp, le dépistage porte sur l’ensemble de l’effectif, puis l’analyse approfondie se concentre sur les personnes identifiées comme présentant un risque.
La question n’est alors plus seulement « combien coûte la prévention ? », mais « que représente cet investissement face au coût du risque auquel l’entreprise est exposée ? »
De la biologie médicale à la santé au travail : dépister avant que les signaux faibles ne deviennent des problèmes installés
Cette logique trouve son origine dans le parcours de Laure Dellamonica, biologiste médicale de formation et de métier, spécialisée dans le dépistage et la prévention.
Depuis plus de dix ans, elle dirige un organisme de formation et accompagne des professionnels de santé dans le développement de leurs compétences. Au fil de ces collaborations, un constat s’impose : dans certaines organisations, l’absentéisme progresse, les tensions s’installent et les troubles physiques deviennent chroniques sans que les directions disposent toujours d’éléments objectivés pour en comprendre les causes.
Les outils traditionnels peuvent également peiner à capter certains signaux faibles, notamment chez les collaborateurs qui s’expriment peu.
Laure Dellamonica transpose alors à la santé au travail une logique directement issue de son métier : le dépistage précoce permet d’identifier un risque avant qu’il ne devienne un problème installé.
C’est ainsi qu’est né ScanUp, développé au sein de 360SkillVue.
Son nouveau simulateur intervient encore en amont de cette démarche : avant de chercher où agir, il donne aux entreprises des éléments pour comprendre ce que l’usure professionnelle peut déjà représenter pour elles.
Un accident se voit. Une usure se dépiste.
En savoir plus
Le simulateur : https://360skillvue.com/simulateur-cout-tms-rps
Site internet : https://www.360skillvue.com/
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