Top départ pour la troisième année du concept C.A.S. (Créer, Apprendre, Soigner) et des Rencontres de la création littéraire jeunesse

Quand l’écriture donne à 300 jeunes une voix qui leur appartient.

Avant d’être une faute à corriger, une note à obtenir ou une consigne à respecter, écrire peut être une manière de dire « je ».

De mettre à distance ce qui pèse, de donner une forme à une idée, d’affirmer un point de vue ou simplement de découvrir que l’on a quelque chose à raconter. Cette dimension de l’écriture prend un relief particulier chez des adolescents confrontés au mal-être, au harcèlement, mais aussi à une époque où l’intelligence artificielle peut produire en quelques secondes le texte qu’on leur demandait hier encore de construire eux-mêmes.

C’est précisément sur ce terrain que se positionne cette initiative, développée depuis 2024 par l’écrivain, éditeur et formateur Olivier Lusetti, dans le cadre des Rencontres de la création littéraire jeunesse, portées par la maison d’édition Fantasy-Éditions.RCL, avec pour finalité la remise de son Prix littéraire populaire de la jeunesse.

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Derrière la remise du prix se dessine une ambition plus large : donner à la création littéraire une véritable place dans le parcours scolaire et favoriser, par la culture créative, l’insertion des jeunes. Et c’est peut-être là l’un des enjeux les plus intéressants du Prix : faire changer ces textes de statut. Ce qui était exercice, atelier, récit personnel, devient une œuvre lue, partagée, discutée et reconnue devant un public. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de faire écrire les jeunes. Il s’agit aussi de les faire lire.

En 2027, dès le mois de novembre, ce n’est pas moins de 300 lycéens et lycéennes (9 classes et 7 professeurs) du lycée Notre-Dame de Bon Secours qui participeront pendant 5 mois au dispositif d’écriture conduisant aux Rencontres de la création littéraire jeunesse, organisées en mai à Perpignan, à l’Hôtel Pams.

Mais la journée des Rencontres de la création littéraire, troisième édition, ne se limitera donc pas à annoncer un palmarès. Elle fera vivre la création littéraire sous différentes formes, avec :

  • Des rencontres avec des écrivains ;
  • Des causeries ;
  • Une lecture publique ;
  • Des cartes blanches confiées à des écrivains ;
  • Des tables rondes consacrées à l’éducation et à l’écriture ;
  • La remise du Prix littéraire populaire de la jeunesse ;
  • Et, nouveauté de l’édition 2027, des joutes oratoires entre jeunes sur des thèmes liés à la citoyenneté, à la liberté d’expression et à l’esprit critique.

C.A.S. : quand écrire ne sert plus seulement à savoir écrire

Créer. Apprendre. Soigner.

Le protocole C.A.S. (alliance de l’écriture expressive, de la création littéraire et d’outils issus des thérapies cognitives et comportementales – TCC) utilise la création littéraire comme levier d’apprentissage, de développement personnel et d’émancipation.

Déjà expérimenté auprès de plus de 430 jeunes, avec plusieurs professeurs de lettres et documentalistes du lycée Notre-Dame de Bon Secours des Pyrénées-Orientales, il a donné naissance à des recueils collectifs, des jurys de lecture (écrivains professionnels, métiers du livre) et des remises de prix publiques (Hôtel Pams, avec le soutien du Centre méditerranéen de littérature – CML – et de la Ville de Perpignan).

L’expérience de terrain révèle également un changement dans le rapport des jeunes à l’écriture. Alors qu’au départ, un seul élève par classe pratiquait généralement l’écriture personnelle, près de 60 % prenaient ensuite plaisir à écrire leur propre histoire. Certains ont pu mettre des mots sur des expériences difficiles ; d’autres ont découvert le plaisir d’ordonner leurs pensées, de mieux comprendre leurs réactions ou de reprendre confiance en eux.

Il s’appuie notamment sur l’écriture expressive, le récit de soi, les compétences psychosociales, la psychologie positive et les recherches sur la créativité.

Le processus associe deux démarches complémentaires : l’écriture expressive, pour permettre aux jeunes de mettre des mots sur leurs émotions et leurs expériences, puis la création littéraire, pour transformer cette matière personnelle, réelle ou imaginaire, en une œuvre. Le dispositif peut également être proposé sous forme de modules, sans obligation de poursuivre jusqu’à la publication.

À travers l’écriture, C.A.S. cherche notamment à développer :

  • La maîtrise de la langue, en renforçant la maîtrise du français par la pratique ;
  • La pensée, en apprenant à organiser une idée et à argumenter ;
  • La créativité, en laissant une place à l’imagination et à l’expérimentation ;
  • L’esprit critique, en encourageant une réflexion personnelle ;
  • Les compétences psychosociales, grâce notamment au récit de soi et à l’autoréflexion ;
  • L’expression du mal-être, en permettant de verbaliser certaines expériences, dont le harcèlement ;
  • La critique sociale, l’écriture pouvant devenir un moyen d’interroger ce qui entoure les jeunes et, dans l’ambition du dispositif, de participer à la prévention des comportements violents en favorisant l’expression, la réflexion et l’empathie.

Le dispositif est par ailleurs conçu pour être reproductible et évaluable.

Au-delà des Rencontres, C.A.S. peut être déployé de manière autonome dans les établissements scolaires, les Missions Locales et les structures d’accompagnement de la jeunesse. Son objectif demeure le même : donner aux jeunes des outils pour mieux se comprendre, reprendre confiance et se projeter vers l’avenir.

Créer, apprendre, se soigner par l’écriture

Face à l’IA, une question : qui pense avant que la machine écrive ?

Le projet rencontre aussi un enjeu éducatif particulièrement actuel.

Avec l’intelligence artificielle générative, un jeune peut désormais obtenir presque instantanément un récit, une synthèse ou une argumentation structurée. Pour Olivier Lusetti, apprendre à utiliser ces technologies doit donc aller de pair avec le développement d’une capacité fondamentale : construire sa propre pensée avant de la confronter à celle produite par un outil.

Chercher un mot, organiser ses idées, argumenter, imaginer, réécrire : toutes ces étapes obligent à penser.

Le C.A.S. replace ainsi l’expérience personnelle au cœur de l’écriture afin de favoriser une voix singulière. Plus les machines savent produire des textes convaincants, plus la capacité à savoir ce que l’on veut dire et pourquoi on veut le dire devient déterminante.

Dans cette perspective, l’enjeu n’est pas d’interdire l’intelligence artificielle, mais d’éviter qu’elle ne se substitue à l’effort intellectuel nécessaire à l’apprentissage. L’outil peut accompagner la pensée ; il ne doit pas dispenser le jeune de la construire.

À l’heure où les machines peuvent écrire à notre place, les Rencontres de la création littéraire jeunesse défendent une conviction : la jeunesse doit conserver le pouvoir de penser, d’imaginer et d’écrire le monde qui sera le sien.

affiche test 2 cmj 22 mai RCL jeunesse 2027

Informations pratiques

  • Date : début du CAS travail en classe à partir du 5 novembre 2026 jusqu’en mars 2027.
  • Lieu : Lycée Notre-Dame de Bon Secours Perpignan, dans le cadre de son Pari de l’écriture ;
  • Partenariat institutionnel : Mairie de Perpignan, Centre méditerranée de littérature, Lycée Notre-Dame de Bon Secours, Maison d’édition Fantasy-editions.Rcl, Mission locale jeune du 66.
  • Date des 3ième Rencontres de la création littéraire : 22 mai 2027. Hôtel Pams.
  • À l’initiative de : Olivier Lusetti, écrivain, éditeur, directeur littéraire et créateur du concept C.A.S. – Créer, Apprendre, Soigner

En savoir plus

Site web : https://www.olivier-lusetti-concept-c-a-s.fr/ateliers.

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