Près de huit jeunes Français sur dix ont déjà envisagé de construire leur vie ailleurs qu’en France. Alors que le chômage atteint son plus haut niveau depuis 2020, le débat sur la « fuite des talents » se concentre sur les ingénieurs et les diplômés des grandes écoles. Une autre voie, moins connue, s’ouvre pourtant sans diplôme spécialisé : devenir hôtesse de l’air ou steward dans une compagnie étrangère. Chez SkySuccess, organisme de formation qui a accompagné plus de 1 800 élèves jusqu’à leur embauche, près d’un recrutement sur trois réalisé en 2026 l’a été par une compagnie étrangère. L’organisme vient de mener son troisième recrutement en partenariat avec la compagnie suisse Chair Airlines, avant de nouvelles sessions avec Etihad en novembre et Emirates dans les prochaines semaines.
L’essentiel en chiffres
- 79 % des 18-29 ans ont déjà envisagé de construire leur vie ailleurs qu’en France, dont 34 % sérieusement (Ipsos bva pour Aix-Marseille Université, octobre 2026).
- 8,3 % : le taux de chômage au deuxième trimestre 2026, son plus haut niveau depuis 2020 (Insee).
- 13 % seulement des candidats au départ disent ne plus vouloir vivre en France (Fédération Syntec et Ipsos bva, 2026).
- 120 élèves SkySuccess recrutés depuis janvier par des compagnies étrangères, soit 31 % des recrutements de l’année : 58 chez Ryanair, 30 chez easyJet, 11 chez Emirates, 11 chez Etihad, 3 chez Chair Airlines, 3 chez Smartwings, 2 chez Freebird Airlines Europe et 2 chez Luxair (données internes).
Une jeunesse qui regarde ailleurs
Le sondage réalisé par Ipsos bva pour Aix-Marseille Université, dans le cadre de la démarche Jeunesse 2027, a marqué les esprits : 79 % des 18-29 ans ont déjà envisagé de construire leur avenir hors de France, et 34 % y réfléchissent sérieusement. L’envie atteint 85 % dans l’agglomération parisienne. Elle s’inscrit dans un marché de l’emploi plus tendu : selon l’Insee, le taux de chômage a atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026, son plus haut niveau depuis 2020.
Partir n’est pas pour autant rompre. D’après le baromètre 2026 de la Fédération Syntec et d’Ipsos bva, seuls 13 % des talents candidats au départ disent ne plus vouloir vivre en France. Ce baromètre, comme l’essentiel du débat, porte toutefois sur les ingénieurs et les diplômés des grandes écoles. Pour les autres jeunes, les portes de l’international paraissent plus étroites.
Dubaï, Zurich, Bratislava : où partent-ils ?
Le transport aérien fait exception : ce sont les compagnies étrangères qui viennent chercher les candidats français. Les Français y ont bonne réputation, à condition de parler anglais, ce qui n’est pas le point fort du pays : selon une étude de Cambridge English avec Cadremploi et le groupe Figaro (2020), le niveau moyen des salariés français se situe autour du B1, quand les compagnies attendent un B2, voire un C1. Plusieurs d’entre elles font appel à SkySuccess, qui a noué des partenariats avec plus de dix compagnies aériennes. Ryanair recrute pour ses bases européennes, notamment en Irlande, en Espagne, en Pologne, en République tchèque et en Hongrie : 58 élèves y sont entrés depuis janvier, en France comme à l’étranger. La compagnie se développe fortement en Europe de l’Est, où, selon SkySuccess, les contrats proposés sont devenus nettement plus intéressants qu’auparavant. Emirates à Dubaï et Etihad à Abu Dhabi ont chacune recruté 11 élèves cette année. Freebird Airlines Europe en a intégré deux sur sa base de Leipzig.
En Suisse, Chair Airlines, basée à Zurich, vient de mener en octobre son troisième recrutement en partenariat avec SkySuccess en un an : trois élèves ont été retenus, d’autres attendent une réponse. D’autres élèves ont rejoint easyJet (30 élèves, en France, en Suisse et aux Pays-Bas), la compagnie tchèque Smartwings (3 élèves, dont Yann à Bratislava) et Luxair au Luxembourg (2 élèves).
Dans le Golfe, les conditions affichées attirent. Emirates indique une rémunération moyenne d’environ 11 200 dirhams par mois pour un membre d’équipage débutant, soit près de 3 100 dollars, non imposables. Etihad annonce jusqu’à 10 000 dirhams par mois en début de carrière selon le planning, avec un logement meublé partagé et le transport fournis à Abu Dhabi. Malgré les tensions au Moyen-Orient cette année, Etihad a poursuivi ses recrutements et a reçu plus de 100 000 candidatures pour ses seuls postes de navigants de cabine.
Des compagnies qui recrutent autrement
Ce qui distingue ces compagnies, c’est aussi leur façon de recruter. En France, les compagnies demandent le plus souvent un dossier complet dès la candidature : certificat d’anglais, aptitude médicale, certificat de natation et, pour certains recrutements, le certificat de membre d’équipage de cabine (CCA), dont certaines campagnes en alternance se dispensent.
À l’étranger, la sélection se déroule directement en anglais, en entretien. Le CCA, obligatoire pour voler, est obtenu via la compagnie après l’embauche. Les contrats sont aussi plus longs : CDI chez Luxair, chez Ryanair ou chez la compagnie suisse Chair Airlines, contrat d’un an chez easyJet en Suisse, quand certaines compagnies françaises proposent des CDD plus courts.
Une expérience qui compte au retour
Yann, 27 ans, a suivi des études de cuisine et d’hôtellerie, puis enchaîné les petits boulots. Il a d’abord travaillé son anglais avec SkySuccess avant d’être recruté par Smartwings, sur la base de Bratislava. Aujourd’hui en contrat long, il multiplie les découchés dans plusieurs pays, au sein d’un équipage international.
Cette expérience ne se perd pas au retour. Melissa a commencé chez Ryanair en Pologne avant de réussir la sélection de Transavia. Marion et Tom ont débuté chez Emirates à Dubaï : tous deux volent aujourd’hui pour French bee.
« Une première expérience à l’étranger montre aux recruteurs qu’on est sorti de sa zone de confort, explique Rémi Duchange, cofondateur de SkySuccess, ancien chef de cabine et instructeur. Ces candidats reviennent avec plus de maturité, l’habitude de travailler dans un environnement international et une vraie capacité à fidéliser une clientèle venue du monde entier. Les compagnies françaises le savent. »
L’anglais d’abord
Pour ces compagnies, l’anglais n’est pas un plus : c’est la langue de la sélection, puis celle du travail à bord. Leurs recruteurs le disent aux équipes de SkySuccess : ils privilégient les candidats de niveau C1. Les compagnies françaises vont désormais dans le même sens : parmi les 48 élèves SkySuccess devenus hôtesses et stewards chez Air France et HOP! en 2026, deux sur trois avaient le niveau C1. C’est ce qui guide la méthode de SkySuccess, à rebours de l’approche traditionnelle qui commence par le CCA. L’organisme fait d’abord progresser ses élèves en anglais, jusqu’au niveau B2 ou C1 certifié, pour leur ouvrir le plus grand nombre de compagnies. Il les prépare ensuite aux attentes de chaque recruteur, avec des formateurs qui ont eux-mêmes volé en compagnie, et les accompagne jusqu’à l’embauche. Ces parcours d’anglais et de préparation au recrutement sont finançables par le CPF et France Travail. Le CCA ne vient qu’en second temps, si la compagnie visée l’exige : SkySuccess le propose en option, en dix jours, dans l’un de ses 20 centres partenaires en France et en Europe.
« Beaucoup de jeunes rêvent de partir, mais ne savent pas par où commencer, souligne Lyse Poncety, cofondatrice de SkySuccess. Notre conseil est toujours le même : commencer par l’anglais. C’est lui qui ouvre les portes, en France comme à l’étranger. »
Angles et formats proposés aux rédactions
- Portraits d’anciens élèves ayant intégré une compagnie aérienne étrangère avec SkySuccess, disponible sur demande.
- Interview d’expert : Rémi Duchange, une quinzaine d’années d’expérience comme steward, chef de cabine et instructeur dans une compagnie internationale, chroniqueur aérien pour TourMag et cofondateur de SkySuccess, et Lyse Poncety, cofondatrice et experte en formation d’anglais.
- Reportage : assister à une simulation d’entretien de sélection en anglais, menée en visio par un instructeur.
- Calendrier : recrutement en collaboration avec Ryanair et Emirates en septembre 2026, Chair Airlines en octobre 2026, Etihad en novembre 2026 ; prochains recrutements Emirates à venir.
À propos de SkySuccess
Cofondé par Lyse Poncety et Rémi Duchange, SkySuccess est un organisme de formation certifié Qualiopi, basé à Villeurbanne (Rhône) et 100 % en ligne. Il prépare les futurs hôtesses de l’air et stewards au recrutement des compagnies aériennes : anglais B2/C1 avec certification LILATE ou Linguaskill, préparation aux entretiens de sélection et accompagnement individuel bilingue jusqu’à l’embauche. Ces formations sont finançables par le CPF et France Travail. Le CCA est proposé en option, en dix jours, après l’obtention du niveau B2 ou C1, dans 20 centres partenaires en France et en Europe. SkySuccess revendique plus de 1 800 élèves recrutés en compagnie, dont plus de 500 en 2025, et 87 % de réussite aux certifications B2/C1. L’organisme mène des recrutements en collaboration avec plus de dix compagnies aériennes, parmi lesquelles Emirates, Etihad, Ryanair, Chair Airlines et Volotea.
Site web : www.skysuccess.fr
Sources
- Ipsos bva pour Aix-Marseille Université, démarche Jeunesse 2027, enquête du 23 juillet au 5 août 2026 auprès de 3 030 jeunes de 18 à 29 ans : Public Sénat et Thotis Media
- Insee, chômage au sens du BIT, deuxième trimestre 2026 : insee.fr
- Fédération Syntec et Ipsos bva, « L’expatriation et la fuite des cerveaux », enquête 2026 : infographie
- Cambridge English avec Cadremploi et le groupe Figaro, niveau d’anglais des salariés français, 2020 : communiqué
- Emirates, rémunération des équipages de cabine (offre publiée en octobre 2026) : duunitori.fi et Business Today, 3 juin 2026
- Etihad, offre d’emploi d’équipage de cabine (rémunération, logement, transport) : careers.etihad.com
- Etihad, recrutements pendant le conflit régional : Khaleej Times, 15 septembre 2026