Une panne d’ascenseur peut tenir à une seule pièce. Mais lorsque cette pièce n’est plus fabriquée, c’est parfois tout un immeuble qui reste immobilisé et, avec lui, des habitants dont l’autonomie dépend directement de cet équipement.
Le sujet est loin d’être marginal : sur les 661 000 ascenseurs que compte la France, 40 % ont plus de 25 ans et 25 % dépassent les 40 ans (source).
Face au vieillissement du parc et à l’obsolescence de certains composants, une question devient centrale : comment continuer à réparer lorsque le neuf ne fournit plus la réponse ?
TrackLift défend une piste encore peu structurée dans la filière : retrouver les pièces qui existent déjà, les contrôler, les reconditionner et les remettre en circulation.
Une approche qui fait du réemploi non seulement un enjeu d’économie circulaire, mais aussi une réponse possible à un problème très concret d’accessibilité.
Quand une pièce manquante devient un problème d’accessibilité
Une carte électronique, un bouton, un afficheur, un élément de commande ou une pièce mécanique : il suffit parfois d’un seul composant défaillant pour immobiliser un ascenseur.
Sur un équipement récent, le remplacement peut être relativement simple. Sur un appareil ancien, l’équation se complique lorsqu’une référence disparaît des catalogues ou que sa fabrication s’arrête.
Le problème n’est alors plus seulement de réparer. Il faut encore trouver la pièce qui permettra de réparer.
Et l’enchaînement peut être rapide :
- Une pièce casse ;
- Sa référence n’est plus disponible en neuf ;
- La réparation est retardée ;
- L’ascenseur reste immobilisé ;
- L’accessibilité du bâtiment est directement affectée.
Pour une personne âgée ou en situation de handicap vivant dans les étages, cette situation ne relève pas du simple désagrément. Une panne d’ascenseur peut devenir une véritable rupture d’autonomie.
Une panne d’ascenseur peut ainsi devenir une rupture d’accessibilité.
Un parc qui vieillit, des pièces qui disparaissent
Cette question est d’autant plus importante que le renouvellement intégral du parc français n’est ni immédiat ni réaliste.
La France compte environ 661 000 ascenseurs. Parmi eux, 40 % ont plus de 25 ans et 25 % ont plus de 40 ans.
Environ 10 000 à 12 000 nouveaux ascenseurs sont installés chaque année, tandis qu’environ 6 000 appareils sont remplacés ou modernisés chaque année, selon les données communiquées par la Fédération des Ascenseurs.
Une grande partie du parc existant va donc continuer à transporter quotidiennement des millions d’usagers pendant encore de nombreuses années.
Avec une conséquence mécanique : plus les équipements vieillissent, plus la question de l’obsolescence et de la disponibilité de certaines références devient stratégique.
TrackLift est né précisément de ce constat et d’une intuition portée par Marc Hardy : une pièce qui n’est plus fabriquée n’est pas nécessairement une pièce qui n’existe plus.
Elle peut se trouver ailleurs. Sur un équipement déposé lors d’une modernisation. Dans un stock inutilisé. Sur un ascenseur qui va disparaître.
Ce qui constitue un déchet potentiel à un endroit peut devenir une ressource technique recherchée à un autre.
Identifier. Récupérer. Contrôler. Reconditionner. Tracer. Réemployer.
Tracklift veut organiser ce passage d’un statut à l’autre.
Le concept repose sur une chaîne structurée permettant de récupérer des composants existants, de contrôler leur état, de les reconditionner lorsque cela est nécessaire, d’assurer leur traçabilité puis de les remettre en circulation lorsqu’ils peuvent être réemployés.
La démarche concerne différentes familles de composants : cartes électroniques, systèmes de commande, boutons, afficheurs, câblages et différents composants mécaniques.
Le principe ne consiste pas à remettre en circulation une pièce simplement parce qu’elle est ancienne. Il s’agit de sélectionner les composants pertinents, de vérifier leur état, de les reconditionner lorsque cela est nécessaire et d’en assurer la traçabilité avant leur remise en circulation.
Préserver les pièces avant qu’elles ne deviennent des déchets
Cette démarche commence également lors des opérations de démolition, de réhabilitation ou de modernisation.
Des ascenseurs entiers sont alors déposés et leurs composants peuvent rejoindre les flux de déchets du chantier.
Tracklift accompagne les maîtres d’ouvrage grâce à un diagnostic spécifique aux ascenseurs permettant d’identifier ce qui peut être réemployé, reconditionné ou valorisé.
Les pièces susceptibles d’être réemployées sont récupérées, contrôlées et tracées. Les autres composants sont orientés vers des filières de valorisation adaptées.
Cette démarche permet au maître d’ouvrage de mieux tracer le devenir des composants issus de son chantier, tout en documentant les matières préservées et les émissions de CO₂ évitées grâce au réemploi et à la valorisation.
L’objectif est ainsi de ne plus considérer systématiquement la dépose d’un ascenseur comme la fin de vie de ses composants, mais comme une étape permettant d’identifier les ressources encore disponibles.
Entre la panne et la solution définitive
Le réemploi ne prétend pas se substituer à la modernisation lorsqu’elle est nécessaire.
Il peut en revanche, lorsque les conditions techniques et réglementaires le permettent, constituer une solution temporaire permettant de remettre un ascenseur en service dans l’attente de la solution définitive.
Cette réflexion prend une résonance particulière dans le contexte de l’accessibilité universelle.
La Conférence nationale du handicap du 4 septembre 2026 a placé l’accessibilité universelle au cœur des orientations nationales.
Dans les échanges engagés avec la Fédération des Ascenseurs, celle-ci a indiqué à Tracklift vouloir mettre en avant le réemploi comme piste de solution temporaire dans certaines situations liées au handicap, lorsque l’indisponibilité d’une pièce contribue à prolonger l’immobilisation d’un appareil.
Tracklift souhaite poursuivre cette réflexion avec les acteurs de la filière, les pouvoirs publics et les représentants des personnes concernées.
De la pièce réemployée à une filière industrielle française
Car Tracklift porte aussi une ambition industrielle.
Réemployer une pièce, c’est conserver dans le circuit une matière, une technologie et une valeur qui existent déjà. C’est aussi éviter qu’un composant potentiellement exploitable sorte définitivement de la chaîne alors qu’une pièce identique peut manquer ailleurs.
La filière que Tracklift souhaite faire émerger repose ainsi sur plusieurs objectifs :
- Reconditionner en France des pièces d’ascenseurs ;
- Préserver et remettre en circulation des références devenues difficiles à trouver ;
- Prolonger la durée de vie des équipements existants ;
- Assurer la traçabilité des composants réemployés ;
- Mesurer les économies de matières et de CO₂ réalisées pour les clients.
Les opérations de démolition et de modernisation constituent ainsi un gisement de pièces susceptibles d’être récupérées avant leur disparition.
Le sujet fait ainsi converger plusieurs enjeux : accessibilité, réemploi, industrie française et décarbonation.
Pour Tracklift, il s’agit de faire émerger une filière capable de transformer ce qui était destiné à devenir un déchet en une ressource technique, contrôlée et traçable.
La pièce qui n’est plus fabriquée existe encore. Il faut simplement la retrouver.
Le vieillissement du parc français pose finalement une question simple :
Que devient une pièce d’ascenseur lorsqu’elle n’est plus fabriquée, alors que des équipements qui en ont besoin continuent de fonctionner ?
La pièce existe déjà. Elle se trouve dans le parc existant : sur un ascenseur déposé, dans un stock dormant ou sur un équipement qui va disparaître.
L’enjeu est de la retrouver, de l’identifier, de vérifier son état, de la reconditionner lorsque cela est nécessaire et d’en assurer la traçabilité.
C’est cette boucle que Tracklift souhaite contribuer à structurer : donner une nouvelle vie à des pièces qui ne sont plus produites, pour prolonger celle des ascenseurs qui en ont encore besoin.
La pièce qui n’est plus fabriquée existe encore. Il faut simplement la retrouver.
À propos de Tracklift
Porté par Marc Hardy, Tracklift développe une filière consacrée à la récupération, au contrôle, au reconditionnement, à la traçabilité et au réemploi des pièces d’ascenseurs.
Tracklift accompagne également les maîtres d’ouvrage lors des opérations de démolition, de réhabilitation et de modernisation afin d’identifier les composants susceptibles d’être réemployés ou valorisés et d’en assurer la traçabilité.
Son ambition : contribuer à répondre aux problématiques d’obsolescence, prolonger la durée de vie des équipements existants et participer à la structuration d’une filière française du réemploi des composants d’ascenseurs.
En savoir plus
Site web : https://www.tracklift.fr/
LinkedIn : www.linkedin.com/in/marc-





