Docteur B et Claripharm, deux laboratoires français, s’associent pour que la mesure profite d’abord à celles qui en ont le plus besoin : les jeunes, les étudiantes, les foyers modestes, dans chaque territoire, des grandes villes aux communes rurales.
Près de 4 millions de personnes en France peinent aujourd’hui à se procurer des protections périodiques. Le chiffre a doublé en deux ans. Les plus touchées ont moins de 25 ans, et beaucoup sont étudiantes. Le 1er octobre, la Sécurité sociale commence à rembourser les culottes et coupes menstruelles réutilisables délivrées en pharmacie. Une bonne loi ne suffit pas. Pour qu’elle change quelque chose, il faut que la culotte ou la coupe soit là, sur le comptoir de la pharmacie de quartier comme de celle du bourg, et qu’elle coûte le même prix. C’est le travail que se sont donné deux laboratoires qui partagent la même idée de leur métier : Docteur B, qui veut rendre la santé du quotidien accessible à tous, et Claripharm, société à mission qui travaille depuis quatorze ans sur la santé des femmes.
Le constat : une jeunesse en première ligne
On parle de règles comme d’un sujet intime. C’est d’abord un sujet social. Depuis 2021, la précarité menstruelle a changé d’échelle en France. L’enquête OpinionWay menée pour l’association Règles Élémentaires en mars 2023 dénombre près de 4 millions de personnes en difficulté pour acheter des protections, contre 2 millions deux ans plus tôt. Chez les femmes de 18 à 24 ans, près d’une sur deux (44 %) déclare des difficultés, et 330 000 jeunes femmes manquent régulièrement des protections dont elles ont besoin.
Les étudiantes concentrent les fragilités. Dans l’enquête conduite en 2021 par la FAGE, l’ANESF et l’AFEP auprès de 6 500 étudiantes et étudiants, un tiers des répondantes (33 %) estimait avoir besoin d’une aide financière pour se procurer des protections, et 13 % avaient déjà dû choisir entre des protections et un autre produit de première nécessité. Derrière ces pourcentages, une réalité ordinaire : une étudiante de vingt ans, un loyer, un job à mi-temps, et chaque mois une dizaine d’euros de protections qui tombent au mauvais moment. Quand il faut arbitrer, c’est là qu’on rogne, et certaines restent chez elles : 130 000 élèves et étudiantes ont déjà manqué des cours faute de protections.
Une loi attendue. Un défi : la rendre réelle partout
Votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, précisée par le décret n° 2026-288 du 17 avril 2026 et l’arrêté du 6 août 2026, la mesure entre en vigueur le 1er octobre pour les moins de 26 ans et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, soit 6,7 millions de personnes selon le gouvernement. Sans ordonnance, en pharmacie uniquement (détail ci-dessous).
Sur le papier, tout est prêt. En pratique, une culotte remboursable qui n’est pas en rayon dans une officine de quartier, un bourg du Cantal ou une commune de Guadeloupe ne rembourse personne. La France compte près de 20 000 pharmacies ; dans des milliers de communes, c’est le dernier lieu de santé ouvert sans rendez-vous. C’est sur ce maillage que les deux laboratoires s’appuient.
Docteur B travaille déjà avec plus de 9 000 pharmacies. L’ambition est d’atteindre l’ensemble des officines du pays, en s’adossant aux trois relais qui font la force du réseau officinal français : ses agents commerciaux en région, qui connaissent leurs pharmaciens ; les groupements, nationaux et régionaux, qui référencent l’offre pour leurs adhérents ; les grossistes-répartiteurs, qui livrent chaque officine plusieurs fois par jour et permettent à la plus petite pharmacie de village de commander la même gamme, au même prix, que la grande officine de centre-ville. Aucune pharmacie ne doit avoir à choisir entre son indépendance et la meilleure offre pour ses patientes.
Pourquoi ce projet nous anime
Docteur B est né en 2022 d’un constat que les pharmaciens nous rapportent encore chaque jour : lorsque le budget d’un foyer se tend, les premiers produits que l’on renonce à acheter sont ceux de la santé du quotidien. Un sérum physiologique pour un nourrisson, un test, une protection périodique. Des dépenses modestes, non remboursées, que l’on croit pouvoir différer. Nous avons fondé le laboratoire pour que ce renoncement devienne l’exception : des produits simples et sûrs, au prix juste, disponibles dans la pharmacie la plus proche, qu’elle se trouve en centre-ville, dans un bourg rural ou outre-mer. Les protections menstruelles en sont l’illustration la plus évidente. On ne choisit pas d’avoir ses règles, ni le jour où elles surviennent. Elles ne devraient jamais imposer de choisir entre une protection et un repas.
Claripharm, société à mission implantée en Bretagne, travaille depuis quatorze ans sur la santé des femmes : coupes et culottes réutilisables, kits de premières règles, distributeurs en entreprise. Sa raison d’être est inscrite dans ses statuts ; la nôtre tient dans notre signature, « la santé accessible à tous ». Nous nous retrouvons sur trois convictions.
- La dignité d’abord. Personne ne devrait manquer un cours, un examen ou un entretien parce qu’elle a ses règles. Le remboursement est un progrès réel. Le rendre concret, dans chaque pharmacie, est notre part du travail.
- L’égalité des territoires. La pharmacie d’un village de 800 habitants doit pouvoir proposer la même protection, au même prix, que celle d’une grande avenue parisienne ; une jeune femme de Mayotte, où la vie coûte plus cher, doit la payer le même prix qu’à Paris. Nous nous y engageons, toute l’année, sans surcoût local.
- La santé sans compromis. Accessible ne veut pas dire au rabais : culottes certifiées Oeko-Tex Standard 100 classe I ou II, coupes en silicone médical, performances contrôlées après 52 lavages, 80 % de fournisseurs français. Ce que la Sécurité sociale rembourse doit être irréprochable.
Ce que les deux laboratoires s’engagent à faire
- Viser toutes les pharmacies de France. Plus de 9 000 officines travaillent déjà avec Docteur B. L’objectif est l’ensemble des quelque 20 000 pharmacies du pays, grâce aux groupements et aux grossistes-répartiteurs, qui donnent à chaque officine, où qu’elle soit, accès à la même offre.
- Un prix, un seul. 19 € TTC la culotte, 15,80 € TTC la coupe, identiques toute l’année et sur tout le territoire, conformément aux tarifs fixés par les pouvoirs publics.
- Une taille pour chaque corps. 16 références de culottes, flux réguliers et abondants, du XXS aux grandes tailles, avec des modèles pensés pour les adolescentes.
- S’ancrer dans les territoires. Produits développés par Claripharm et conditionnés en France, 80 % de fournisseurs français, principalement bretons ; des agents en région qui connaissent chaque pharmacien et chaque bassin de vie.
- Durer, pour moins jeter. Culottes testées sur au moins 52 cycles d’entretien, coupes réutilisables jusqu’à trois ans. Chaque produit remplace des centaines de protections jetables.
- Accompagner les pharmaciens. Guide des tailles, fiche remboursement et supports d’officine, pour un conseil au comptoir simple et sans gêne.
Les fondateurs
« On ne choisit pas d’avoir ses règles, ni le moment. Avoir de quoi se protéger sans y penser, ce n’est pas un luxe, c’est le minimum. Une étudiante de 22 ans à Aurillac ou à Mayotte doit trouver la même culotte, au même prix, que sa cousine à Paris. La loi l’a décidé ; notre travail, c’est de la rendre vraie sur le comptoir de chaque pharmacie de France, et pas seulement des 9 000 qui nous font déjà confiance. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est exactement pour ça que j’ai créé Docteur B : pour que la santé du quotidien ne dépende pas de ce qu’on a dans son porte-monnaie. »
Benoît de Montessus, fondateur et directeur général du Laboratoire Docteur B
« Nous avons conçu cette gamme pour des exigences élevées de sécurité, d’inclusivité et de durabilité. Proposer des tailles adaptées à toutes les morphologies et privilégier une chaîne d’approvisionnement française, ancrée en Bretagne, fait partie de notre mission. Avec Docteur B, cette expertise devient accessible dans toutes les pharmacies, y compris dans les territoires où l’on nous oublie trop souvent. »
Clarisse Le Court, fondatrice du Laboratoire Claripharm, société à mission
À propos de Docteur B
Laboratoire Docteur B
Fondé en 2022, Docteur B est un laboratoire français de produits de santé dont la raison d’être est de rendre la santé accessible à tous, partout. Plus de 120 références de santé du quotidien sont distribuées dans plus de 9 000 pharmacies sur l’ensemble du territoire, par ses agents en région, les groupements pharmaceutiques et les grossistes-répartiteurs. docteurb.fr
Laboratoire Claripharm
Société à mission implantée à Pléneuf-Val-André (Côtes-d’Armor), Claripharm conçoit depuis quatorze ans des solutions dédiées à la santé menstruelle : protections réutilisables, kits de premières règles, distributeurs en entreprise. Son savoir-faire a été mobilisé avec le CNES et le MEDES sur l’usage des coupes menstruelles en vol habité.
SOURCES
Règles Élémentaires / OpinionWay, « Précarité menstruelle en France », mars 2023.
FAGE, ANESF, AFEP, enquête « Précarité menstruelle chez les étudiant·e·s », février 2021 (6 500 répondants).
Ifop pour Règles Élémentaires, cité par la Banque des Territoires, 2026.
LFSS 2024 (art. L. 162-59 CSS), décret n° 2026-288 du 17 avril 2026, arrêté du 6 août 2026 (JO du 7 août). Informations pratiques : service-public.gouv.fr, ameli.fr.
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