Benjamin Locreille signe “Peut-être qu’il y aura une fête” : rencontrer Felix Gonzalez-Torres.

Trente ans après sa disparition, Benjamin Locreille prend le risque de faire entendre les voix plutôt que de figer l’œuvre.

Artiste majeur de l’art contemporain, Felix Gonzalez-Torres a transformé l’amour, la maladie, la perte et la disparition en gestes plastiques d’une radicalité douce. Son œuvre est partout, musées, collections, manuels et catalogues mais son histoire intime, affective et politique s’efface.

Des piles de feuilles à emporter, des guirlandes lumineuses suspendues comme des souffles, des bonbons que le public prélève jusqu’à disparition : chez Felix Gonzalez-Torres, les formes sont simples, minimales.

Pourtant, elles portent une charge bien plus engagée, celle d’une œuvre où l’expérience personnelle dialogue en permanence avec des prises de position discrètes mais profondes.

Derrière ces gestes épurés se déploie un langage complexe. L’artiste y inscrit son histoire, l’exil, le New York des années 1980, tout en s’inscrivant dans une dimension artistique nouvelle. Le minimalisme devient alors un espace critique : un lieu où les récits minoritaires, notamment liés à l’épidémie de sida, existent sans jamais se figer.

C’est dans cet entre-deux — entre création et militantisme — que s’inscrit le livre de Benjamin Locreille.

Avec Peut-être qu’il y aura une fête, publié le 3 mars 2026 chez AlterPublishing, il ne propose ni une biographie ni une analyse classique de l’œuvre. Il entreprend un voyage. Un parcours initiatique à la recherche de celles et ceux qui ont connu l’artiste, pour rencontrer Felix Gonzalez-Torres.

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Raconter un artiste au travers de fragments et souvenirs.

Pendant un an, Benjamin Locreille a échangé avec celles et ceux qui ont partagé la vie de Felix Gonzalez-Torres, qui l’ont aimé, accompagné, soutenu, parfois soigné. Il compose un récit choral, fragmenté, vibrant. Il ne cherche pas à reconstituer, ni à stabiliser un portrait. Il collecte des fragments, souvenirs, perceptions, des récits parfois divergents.

Felix Gonzalez-Torres apparaît non comme une icône figée par l’histoire de l’art, mais comme un point de convergence entre des histoires, des corps, des instants de vie.

Entre intime et politique : une œuvre à redécouvrir

Chez Felix Gonzalez-Torres, l’intime n’est jamais isolé. Il devient un outil, il sert à militer.

Là où le minimalisme cherchait souvent la radicalité, lui introduit la subjectivité, le désir, la perte, le militantisme, l’homosexualité, la maladie, et la disparition dans un contexte où la différence était largement marginalisées.

Le livre de Benjamin Locreille ne théorise pas cette dimension : il la fait émerger.

Il montre comment l’œuvre de Felix Gonzalez-Torres est inséparable d’un contexte historique et social. Écrire contre l’effacement. Peut-être qu’il y aura une fête naît d’une urgence : celle de préserver des récits fragiles.

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Écrire contre l’effacement

Dans un moment où les histoires peuvent être simplifiées, réécrites ou atténuées, la mémoire des minorités devient un enjeu essentiel. Le livre n’est pas une biographie, c’est une quête. Felix Gonzalez-Torres n’est jamais directement accessible. Il apparaît à travers les récits, les traces, les souvenirs.

Ses œuvres apparaissent autrement, souvent poétiques, parfois glaçantes.

Dans le livre, la tendresse devient un fil conducteur. Benjamin Locreille ne cherche pas à réparer l’absence, mais à faire circuler sa passion.

Un titre comme horizon

Peut-être qu’il y aura une fête porte en lui une tension :

  • “Peut-être” : l’incertitude
  • “Il y aura” : la projection
  • “Une fête” : le collectif, l’éphémère

Ce titre résonne avec l’œuvre de Felix Gonzalez-Torres, fondée sur la participation et la transformation. Il suggère qu’une présence peut encore advenir — non pas malgré la disparition, mais à partir d’elle.

Une proposition singulière dans l’édition d’art

Ce titre résonne avec l’œuvre de Felix Gonzalez-Torres, fondée sur la participation et la transformation.

Dans un paysage où les ouvrages sur Felix Gonzalez-Torres restent rares, le livre de Benjamin Locreille propose une approche différente.

Il explore une voie hybride, entre enquête et récit intime. Cette forme rend accessible une œuvre souvent perçue comme conceptuelle, tout en respectant sa complexité.

Elle ouvre aussi un espace de réflexion plus large : sur la mémoire, la transmission, et la manière dont les récits se construisent et/ou disparaissent.

Peut-être qu’il y aura une fête, peut-être que tout commence ici.

Benjamin Locreille, écrire en passeur entre les vies, les lieux et les récits

Benjamin Locreille est né à Charleville-Mézières. Il se forme au théâtre et au cinéma à Paris, avant de travailler à l’international dans les secteurs du luxe et de la haute gastronomie.

Ce parcours, qui traverse différents univers, se prolonge par un master en histoire de l’art contemporain. Cette double formation nourrit une approche singulière de l’écriture.

Il écrit en passeur, à la croisée de l’enquête et de l’intime. Son travail s’appuie sur une attention aux trajectoires, aux relations, aux récits.

Vivant entre la France et les États-Unis, il développe un regard inscrit dans des circulations géographiques et culturelles.

Peut-être qu’il y aura une fête est son premier livre.

Site de l’auteur : https://www.benjaminlocreille.com/

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Des regards extérieurs pour accompagner la lecture

L’ouvrage est précédé d’une préface de Jennifer Flay et d’un avant-propos de Carl George.

Ces contributions viennent apporter des éléments de contextualisation et d’ouverture, en situant le livre dans un dialogue plus large avec le champ artistique.

À propos d’AlterPublishing

La maison d’édition AlterPublishing est née en 2012, à une époque où l’édition numérique était en plein essor. Dès ses débuts, cet éditeur « nouvelle génération » adopte des engagements forts : éditer ebooks et livres papier et répartir les droits d’auteur à égalité entre l’éditeur et l’auteur, dès le premier volume vendu. AlterPublishing s’efforce par ailleurs de réduire son impact sur l’environnement, en privilégiant l’édition numérique et en éditant ses livres papier à la demande afin d’éviter le gaspillage.

Ce positionnement avant-gardiste et égalitaire a séduit de nombreux auteurs. Le catalogue d’AlterPublishing couvre ainsi de multiples domaines : littérature et fiction, culture et société, LGBT, scolaire et universitaire, BD et jeunesse, art de vivre, nature et loisirs, et savoirs.

Plusieurs de ses livres ont été primés :

Un Prix AlterPublishing est par ailleurs attribué chaque année depuis 2015.

Infos Pratiques

En savoir plus

Site de l’auteur : https://www.benjaminlocreille.com/

Site web : https://www.alterpublishing.com/

Le livre : https://www.alterpublishing.com/product-page/benjamin-locreille-peut-%C3%AAtre-qu-il-y-aura-une-f%C3%AAte

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