Élections municipales 2026 : pourquoi les collectivités ne peuvent plus gouverner sans comprendre ce que leurs habitants ressentent – L’analyse de Wassati

La crise démocratique locale ne se manifeste plus seulement par l’abstention ou la défiance affichée à l’égard des élus.

Elle s’installe plus discrètement, dans un sentiment diffus mais tenace, celui de ne plus être compris. Dans de nombreuses collectivités de taille moyenne, les habitants continuent de parler, de réagir, de commenter, de débattre, mais leur parole circule désormais à distance des institutions, sur les réseaux, dans les échanges informels, parfois dans la colère, souvent dans la résignation.

Ce qui se joue là n’est pas un simple déficit de participation, mais une rupture plus profonde entre l’action publique et le vécu émotionnel des territoires.

À l’approche des élections municipales de 2026, cette fracture prend une dimension particulière. Les campagnes se densifient, les discours se multiplient, les programmes s’alignent, mais une question demeure largement impensée dans le débat public local, que ressent réellement un territoire au moment où l’on prétend décider pour lui.

Derrière les opinions exprimées, derrière les revendications visibles, persistent des attentes non formulées, des frustrations accumulées, des fiertés silencieuses et des peurs diffuses qui orientent pourtant les comportements citoyens et conditionnent l’acceptabilité des projets publics.

C’est en partant de cette matière invisible que la startup Wassati a développé une approche fondée sur l’intelligence collective augmentée.

En proposant aux collectivités une lecture émotionnelle fine de leur territoire, Wassati entend combler un angle mort de l’action publique locale, celui qui sépare trop souvent la décision politique de l’expérience intime des habitants, et ouvrir la voie à une reconstruction durable du lien démocratique fondée sur l’écoute, la compréhension et la co construction.

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Une crise d’engagement qui fragilise l’action publique locale

Les collectivités territoriales font aujourd’hui face à une crise d’engagement profonde.

Selon le CEVIPOF, 84 % des Français estiment que le pays va dans la mauvaise direction, un indicateur révélateur d’un désalignement durable entre institutions et citoyens.

À l’échelle locale, ce malaise se traduit par plusieurs constats récurrents, observés par Wassati dans ses travaux de terrain :

  • Un déficit de participation citoyenne, malgré la multiplication des outils de consultation ;
  • Une fatigue démocratique, nourrie par des démarches perçues comme formelles ou peu suivies d’effets ;
  • Une difficulté croissante à mobiliser, tant les citoyens que les agents territoriaux, dans un contexte d’incertitude et de contraintes accrues.

Cette crise de l’engagement a également des conséquences organisationnelles et humaines. Le désengagement des agents, les tensions internes et les résistances au changement menacent directement l’efficacité et la légitimité de l’action publique locale.

Changer de point de départ : écouter avant de décider

Face à ces constats, Wassati propose un changement de focale.

Plutôt que de multiplier les dispositifs de consultation, l’approche consiste à écouter autrement : non pas seulement ce qui est exprimé, mais ce qui est ressenti.

Le cœur de la démarche repose sur la réalisation d’un bilan émotionnel territorial, conçu pour analyser finement les conversations en ligne et les interactions locales.

Cette analyse permet de révéler :

  • Les émotions dominantes qui traversent un territoire ;
  • Les aspirations collectives, souvent peu formulées mais largement partagées ;
  • Les points de friction qui alimentent incompréhensions et oppositions ;
  • Les leviers d’engagement susceptibles de favoriser une participation plus active.

En révélant ces dynamiques invisibles, l’approche développée par Wassati permet aux collectivités de sortir d’une lecture strictement technique ou idéologique de leur territoire, et de replacer l’humain au cœur de la décision publique.

Quand l’écoute émotionnelle éclaire l’action publique : l’exemple d’Arras

L’analyse menée sur la ville d’Arras illustre concrètement l’intérêt de cette démarche. Le bilan émotionnel territorial a mis en évidence des fiertés locales fortement ancrées, notamment autour du patrimoine, mais également des frustrations persistantes liées au manque d’animation et aux enjeux de transports.

Cette lecture émotionnelle a permis d’identifier des actions prioritaires concrètes, directement reliées au ressenti des habitants. Au-delà des orientations opérationnelles, la démarche a contribué à renforcer le lien entre la collectivité et les citoyens, en reconnaissant leur vécu comme un point d’appui légitime de l’action publique.

Pour Wassati, cette capacité à faire émerger les signaux faibles constitue une boussole stratégique pour des politiques publiques plus justes et mieux acceptées.

De l’écoute à la personnalisation pour engager différemment : les personas de Toulon

L’analyse peut être poussée plus loin pour segmenter les habitants en fonction de leurs aspirations profondes. L’exemple de Toulon a permis d’identifier quatre profils d’engagement résidentiel, ou personas.
Le profil dominant, le « Gardien du Silence », est particulièrement sensible aux incivilités notamment sonores. Cette compréhension fine permet de dépasser une approche uniforme et de proposer des actions ciblées qui résonnent avec les préoccupations spécifiques de chaque groupe.
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L’intelligence collective augmentée, socle de la démarche Wassati

La singularité de l’approche portée par Wassati repose sur le concept d’intelligence collective augmentée pour engager le citoyen autour des problématiques de chaque personne, qui combine des processus d’intelligence collective et l’usage de l’intelligence artificielle comme outil de soutien.

Contrairement aux plateformes de consultation traditionnelles, l’IA n’est pas utilisée pour automatiser la participation citoyenne, mais pour révéler les causes profondes derrière les opinions exprimées :

  • Peurs et inquiétudes latentes ;
  • Croyances et représentations collectives ;
  • Blessures invisibles ;
  • Intentions conscientes et non formulées.

Ces analyses nourrissent ensuite des démarches de facilitation, de co-création et d’intégration des points de vue parfois contradictoires : Gardien du silence vs l’animateur de nuit. (cf présentation Toulon).

Inspirée par les travaux de Mary Parker Follett et par la Théorie U, la méthodologie vise à dépasser le compromis, souvent générateur de frustrations, pour faire émerger des solutions intégrées, nouvelles et collectivement porteuses de sens.

Mesurer autrement l’engagement et la confiance

L’approche développée par Wassati s’appuie également sur de nouvelles métriques d’engagement, conçues pour dépasser les indicateurs traditionnels de satisfaction ou de participation. Elle permet notamment d’évaluer :

  • L’alignement entre intentions et actions ;
  • L’impact réel sur le collectif ;
  • La capacité d’anticipation plutôt que de réaction.

Ces indicateurs offrent aux collectivités une lecture plus fine de l’engagement citoyen et de la cohésion interne, en intégrant des dimensions qualitatives souvent absentes des tableaux de bord classiques.

2026 : une fenêtre d’expérimentation démocratique locale

À court terme, Wassati souhaite inscrire cette approche dans un programme pilote à l’occasion des élections municipales de 2026. L’objectif est d’identifier dix têtes de liste, issues de tous horizons politiques, prêtes à expérimenter une nouvelle manière de concevoir le débat public, fondée sur l’écoute réelle des aspirations citoyennes.

L’ambition n’est pas partisane. Il s’agit de démontrer, par l’exemple, qu’une autre façon de faire de la politique locale est possible : plus à l’écoute, plus authentique, et centrée sur la co-construction plutôt que sur la confrontation.

À propos de Wassati

Wassati est une startup pionnière dans le domaine de l’intelligence collective augmentée, spécialisée dans l’accompagnement des collectivités territoriales.

Fondée par des experts en sciences sociales, en data science et en participation citoyenne, elle est née d’un constat : la complexité des enjeux contemporains — démocratiques, organisationnels et sociétaux — ne peut être traitée par des approches descendantes ou des outils de consultation superficiels.

En partie financée par la région Hauts-de-France et par Bpifrance, Wassati a d’abord développé une écoute émotionnelle approfondie des pétitions et des cahiers de doléances, avant de structurer une méthodologie intégrée au service des territoires.

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CEO founder – Henry Peyret

En savoir plus

Site web : https://www.wassati.com

LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/wassati/?viewAsMember=true

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